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(AFP) – Près de six ans après l’arrivée de Free sur le mobile, le secteur des télécoms semble retrouver une certaine quiétude en France, avec des résultats globalement positifs pour l’ensemble des opérateurs et une tendance qui invite à un relatif optimisme.

A l’issue des publications trimestrielles, l’impression du calme après la tempête prévaut, avec trois opérateurs en croissance sur le marché français et un quatrième qui n’est plus très loin d’un retour à l’équilibre.

« Il a été intégré que le marché restera à quatre et que la bataille sera féroce. Mais le marché continue à se développer: l’ARPU (revenu moyen par abonné, NDLR) baisse légèrement mais le volume est en hausse », rappelle ainsi Omar Bouhali, analyste principal chez Analysys Mason.

Une tendance confirmée par le récent observatoire publié par l’Autorité de régulation des télécoms (Arcep) début mai, qui estimait à 700.000 le nombre de cartes SIM supplémentaires sur le marché des abonnements.

Conséquence, tous les opérateurs ont pu annoncer des recrutements nets de clients sur le mobile: 78.000 chez Orange, 130.000 chez Free, 132.000 chez Bouygues Telecom et même 239.000 chez SFR, qui signe son meilleur trimestre depuis son rachat par Altice en 2014.

« La dynamique en termes de volume est plutôt bonne », confirme Sylvain Chevallier, spécialiste télécoms chez BearingPoint, « on remarque au passage que les consommateurs restent d’abord attentifs au prix et à la qualité de service pour se déterminer ».

Une autre tendance est rassurante pour le secteur: celle d’une baisse du « churn », le taux de départ des abonnés, sauf chez Free qui assure toutefois que ce taux était en repli sur le début du deuxième trimestre.

Cela s’explique par la convergence entre le fixe et le mobile, désormais recherchée par l’ensemble des opérateurs, qui leur permet de fidéliser un peu plus leurs clients.

« Tous les opérateurs sont en train de devenir convergents, les parts de marché dans le fixe vont avoir un rôle de plus en plus important dans le mobile. La partie de la clientèle sensible aux promotions sera de moins en moins intéressante pour les opérateurs, ce qui pourrait les pousser à être moins agressifs sur les prix », détaille M. Bouhali.

– Bouygues comme aiguillon dans le fixe –
Dans l’immédiat, la guerre des prix reste cependant très forte, malgré des niveaux d’investissements élevés pour les opérateurs qui mènent de front le déploiement de la fibre et l’amélioration de la couverture mobile 4G du territoire.

Mais c’est désormais sur le fixe qu’elle se fait le plus sentir, avec Bouygues Telecom, dernier arrivé sur ce secteur et qui cherche à développer sa base clients, dans le rôle d’aiguillon.

« Bouygues Telecom est un peu le +Free+ du fixe, avec des offres moins chères, car il était le seul à ne pas être convergent mais présent quasiment exclusivement sur le mobile. C’était leur seule manière de s’en sortir, maintenir la valeur sur le mobile et conquérir des abonnés sur le fixe pour avoir des clients convergents », explique Sylvain Chevallier.

Parmi les victimes de cette stratégie, Iliad, premier opérateur fixe sur un certain nombre de territoires et qui, pour la première fois de son histoire, a perdu des abonnés sur le fixe durant le trimestre. Pas de péril en la demeure pourtant pour la maison mère de Free, qui prépare activement son entrée sur le marché italien, mais la démonstration que, dans un marché qui reste ultra-concurrentiel, aucun des acteurs n’est finalement à l’abri.

« Free a tout focalisé sur le mobile il y a 4 ans, et c’est bien naturel, en remontant les prix sur le fixe de manière assez significative. C’était un pari, qui a été tenu puisqu’ils y sont arrivés sur le mobile » avec cependant désormais un impact sur le fixe, note M. Chevallier.

Plus largement, le marché semble se stabiliser, avec un positionnement plus marqué de chaque opérateur sur des segments différenciés de consommateurs, ce qui pourrait permettre à chacun d’y trouver son compte.

« La tendance globale du marché devrait a priori suivre ce que l’on a pu observer sur ce trimestre. Une remontée modérée des tarifs pourrait également intervenir, une segmentation du marché peut peut-être aider en la matière », anticipe Omar Bouhali.

source AFP-Relaxnews