Les frères Claude seront adversaires en Coupe du monde, cet hiver.
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Depuis quelques années maintenant, le biathlon Français truste les podiums, prend de la lumière dans les médias et parvient même à sortir du milieu sportif, pour rejoindre une popularité universelle…mais sans les avantages du sport-business !

Merci Raphaël Poirée, bravo Martin Fourcade… La piste est belle et bien damée pour celui qui sera votre successeur ! Discipline combinée, ultra-technique, cet enchainement de ski de fond à très haute vitesse saccadé de tirs en plein essoufflement est un enfer de compromission, un jeu vicieux entre l’effort et le calme, entre la force et le relâchement. Dans les Vosges la discipline est complètement incarnée par la famille Claude. Les trois fils de Christine Claude, une pionnière, cherchent à creuser leur sillon, à marquer de leur emprunte le biathlon international. Cela passera entre autres par une qualification aux JO, en février 2018 en Corèe-du-Sud !

Florent, l’aîné, bloqué à l’entrée de l’équipe de France A, va courir l’hiver prochain sous les couleurs de la Belgique. Il va retrouver l’adrénaline des courses de haut-niveau et devrait décrocher son billet pour les JO de Peyongchang. Fabien, 55e de la Coupe du Monde passée, vient sonner à la porte de cette Equipe de France A, celle des frères Fourcade, ultra-performante (nombreux titres et accessits au plan mondial) mais il doit batailler encore avec d’autres prétendants.

Les deux frangins devraient cependant se retrouver en terrain connu, sans doute seront-ils face à face sur les manches de Coupe du Monde en décembre prochain. Pour les JO, il n’y aura que 4 dossards pour les Français et Fabien va devoir s’employer pour être dans le carré d’as. Enfin, Emilien est encore pour trois ans chez les jeunes. Il a démontré des qualités physiques hors normes qui ont fait, déjà, de lui le numéro un mondial de cette catégorie. Bénéficiant de l’expérience de ses aînés, il montre une réelle avance sur le tableau de marche. Mais pour les JO, il va falloir encore patienter.

Pour être qualifié pour les JO d’hiver, le chemin est long, le travail est rude, les étés fastidieux. Nos trois jeunes athlètes musculeux ne passent que très peu de temps chez leurs parents à Basse-sur-le-Rupt. Fabien Claude explique :
« avec l’équipe de France on est en stage 10 à 15 jours par mois. Le travail y est soutenu.  » Justement, les activités sont nombreuses, varièes et complèmentaires.

Après une toute petite coupure en avril, avec quelques semaines d’activités sportives sans calcul, ni chrono, ils redémarrent leur programme d’entrainement. Ils enchainent, tout d’abord, avec des sports de reprise comme le vélo, puis des sports plus rudes comme la musculation, la course à pied. Un travail qui part du plus diffus pour aller vers le plus technique, le plus pointu. Fabien ajoute : « on démarre avec pas mal de vélo puis, petit à petit, on intégre du ski à roulettes, de la course à pied et au fur et à mesure de l’inter-saison, on passe plus de temps sur les skis et moins sur le vélo ! ».

La logique est la même pour l’entrainement de tir. Ils travaillent le tir en statique, sur des gestes et des attitudes à revoir, à partir des débriefings de la saison écoulée. Puis, petit à petit, ils progressent sur des séances de tirs essoufflés, des tirs en situation, voir des simulations de course, avec boucles de ski à roulettes et tirs en condition. Mais la reprise ne sera plus très loin, ainsi les premières réponses aux questions qu’ils se seront posées tout l’été.

Jean-Charles Noël