8 ateliers participatifs regroupant 222 personnes ont fait émerger 400 idées d’actions dont 67 ont été retenues.

Ferons-nous bientôt la sieste sous les oliviers ?

On se souvient des orages et des rues inondées au printemps, des longs jours de chaleur cet été, de l’automne estival marqué par des vendanges encore plus précoces… Pour savoir si un réel changement s’amorce et mieux comprendre les phénomènes climatiques, nous avons rencontré Florian Pasiecznik, prévisionniste pour le bureau d’expertise météorologique Agate météo et bénévole chez Météo Lor’.

Florian Pasiecznik, pouvez-vous décrire à nos lecteurs les grandes tendances liées aux observations réalisées ces dernières décennies ?

Certes un réchauffement de 2°C à l’échelle globale est incontestable, mais cela n’engendre pas pour autant une évolution identique sur la planète. On peut très bien avoir une période froide dans une région du monde alors que la tendance est à la hausse. En France, ce sont les perturbations liées à la circulation des masses d’air dans l’atmosphère qui nous préoccupent car elles peuvent provoquer localement des événements climatiques, pas forcément plus nombreux, mais plus intenses et très localisés. Ce qui se profile dans le quart nord-est ce sont des conditions anticycloniques (synonymes de douceur et de beau temps) plus régulières qu’auparavant. Or selon le déplacement de l’anticyclone, des entrées d’air froid de Russie ou d’air chaud en provenance d’Afrique du Nord peuvent donner lieu à des épisodes de gel ou de chaleur contrastés et à des phénomènes climatiques intenses, très localisés et soudains. C’est sur ce point que nous, prévisionnistes, travaillons afin de prévoir et alerter le plus tôt et le plus précisément possible.

Quels seront les impacts pour l’économie et l’agriculture ?

Depuis 10 ans, nous assistons à un développement du vignoble en lorraine qui traduit une évolution du climat plus favorable à la culture de la vigne. Pour le maraîchage, les conditions climatiques pourraient permettre une période de production plus longue bénéficiant d’un ensoleillement plus important. Toutefois, un climat plus doux et plus sec pourrait aussi avoir des impacts négatifs sur les cultures et la forêt comme la remontée d’insectes depuis le sud vers nos régions par exemple. Pour les stations, l’enneigement pourrait être plus irrégulier, les périodes de gel liées à des précipitations devenant plus rares, surtout à faible altitude comme c’est le cas dans le massif vosgien.

Comment agir pour limiter le réchauffement et à quoi devenons-nous être attentifs en priorité ?

À mon sens, et au-delà de l’évolution du climat, chacun doit faire le maximum pour respecter l’environnement dans tous les aspects de la vie. Cela demande bien sûr de changer nos habitudes et d’avoir les bons réflexes pour participer à une gestion raisonnée des ressources naturelles. Il nous faut également être beaucoup plus attentifs à la gestion des sols, tant en milieu urbain qu’en milieu rural et agricole, pour être prêts à faire face aux inondations et aux coulées de boues comme ce fut le cas au printemps en Lorraine et cet automne dans le Sud.

Le plan vaste, ça a l’air grand, mais qu’est-ce que c’est ?

VASTE pour « Vosges Ambitions Spécial Transition Écologique ». Engagé depuis plus de 20 ans dans une démarche de développement durable, le Conseil départemental des Vosges a fait de la transition écologique un enjeu prioritaire. Ce plan concerne toutes les sphères de la société et implique de notre part des changements de comportement.

Le Plan VASTE est un programme construit autour de 67 actions prioritaires concrètes et réalisables d’ici 2021. En voici les grandes lignes.

  • L’alimentation et les circuits courts :

– www.agrilocal88.fr : mise en lien des producteurs, artisans, transformateurs, consommateurs et restaurateurs locaux.

– Lutter contre le gaspillage alimentaire dans les collèges.

– Favoriser l’entrée des produits locaux dans la restauration collective.

– Aider les agriculteurs à se lancer dans la vente directe et l’agriculture biologique.

  • Économie circulaire :

– Pôle ÉCO TER favorise la création d’activités innovantes, solidaires, non délocalisables.

– Soutenir les initiatives qui contribuent à la lutte contre le gaspillage et favorisent le recyclage et le réemploi.

  • La protection des ressources naturelles :

– Réalisation d’un inventaire donnant lieu à plus de 460 sites classés et protégés au titre des Espaces Naturels Sensibles.

– Ecoprescription : une opération unique en France qui vise à se « soigner sans polluer », en limitant l’impact des médicaments sur l’environnement et la qualité des eaux.

– Encourager la plantation de haies, les déprises agricoles, la mobilisation de la ressource bois ainsi que le développement des chantiers de nettoyage.

  • La mobilité durable :

– Créer des aires de covoiturage gratuites et aménagées.

– Encourager les modes de déplacement doux déjà utilisés par 18,5 % des Vosgiens.

– Programmer l’installation de bornes de recharge électriques.

  • Facture énergétique :

– Sensibiliser tous les Vosgiens aux économies d’énergie en leur donnant des conseils pratiques avec le bus Mon appart’ éco malin et l’ALEC, un service d’accompagnement gratuit pour aider particuliers, entreprises et collectivités à optimiser leurs travaux de rénovation énergétique.

– Encourager la création d’unités de méthanisation dans les exploitations agricoles.

– Développer la valorisation des déchets ménagers via les usines d’incinération pour produire de la chaleur (celle de Rambervillers traite déjà près de 90 000 tonnes de déchets ménagers par an).

  • Former et éduquer :

– TER’O, une plateforme qui forme les enseignants et aide les établissements scolaires dans leurs projets pédagogiques sur la thématique de la transition écologique.

– Valoriser et faire connaître les initiatives remarquables au grand public avec l’organisation des Trophées de la transition écologique.

  • Innover pour financer :

– Convaincre les Vosgiens d’investir dans l’économie locale pour développer la croissance verte via le financement participatif, le mécénat, les Certificats d’Énergie « précarité », etc.