Anne Mauffrey, présidente des Wildcats d’Épinal : « Le but, c’est d’accéder à la Ligue Magnus pendant ma présidence »

Depuis août 2020, Anne Mauffrey dirige les Wildcats d’Épinal. Six années durant lesquelles le club a retrouvé une stabilité financière, remporté deux titres de champion de France de Division 1 et deux titres nationaux chez les jeunes. Après avoir connu le Covid, les difficultés financières et les choix qui ont façonné le club, la présidente regarde désormais vers la Ligue Magnus, avec une ambition assumée.

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Hockey

Rédacteur 100 % Vosges

Rédigé par Adel Saoud

Le 30 octobre 2026

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Grâce à une gestion budgétaire rigoureuse, la présidente Anne Mauffrey a permis au club de solder sa dette avec deux ans d'avance. | © Wildcats Épinal

La saison vient de démarrer. Avec six années de présidence derrière vous, quel regard portez-vous aujourd’hui sur les Wildcats ?

Il y a eu un très gros travail effectué depuis six ans. Notre cheval de bataille a été la formation et, avec les deux titres U18 et U20 obtenus, c’est une belle récompense et une vraie fierté. C’est une première dans l’histoire du club. En parallèle, nous avons remporté deux titres de champion de France de D1 et une médaille de bronze. Sportivement, c’est une fierté car tout notre travail a porté ses fruits. Et, au niveau de la stabilité financière, nous avons réussi à reconstruire des fondations solides pour aborder l’avenir plus sereinement.

Quand vous êtes arrivée à la présidence, en août 2020, imaginiez-vous être encore là six ans plus tard ?

Oui et non. Je travaille saison par saison. Quand je suis arrivée, nous avons vécu l’année Covid, sans spectateurs, avec une problématique anxiogène au quotidien. Petit à petit, ça a été, puis le titre de 2023 nous a tous motivés pour continuer. C’est certainement ce qui fait que je suis toujours à la tête du club aujourd’hui.

Vous connaissiez déjà bien les Wildcats lorsque vous avez pris la présidence. Comment êtes-vous arrivée à cette fonction ?

Je suis au club depuis plus de vingt ans. Je suis arrivée en tant que responsable d’équipe puis, de par ma formation en comptabilité, on m’a proposé de reprendre la trésorerie. Avec Gauthier Valence, l’ancien président, nous avons beaucoup travaillé en binôme. Quand il a voulu arrêter pour des raisons personnelles, il m’en avait parlé en début de saison 2019/2020. Il pensait que j’étais la personne idéale car je connaissais bien le club. Au départ, j’avais dit non. Puis l’année est passée et je me suis dit : « Allez, go, j’y vais ! » Et six ans après, je suis toujours là ! (Rires.)

Vous avez également réussi à solder le plan de continuation, qui encadrait le remboursement des dettes du club, avec deux ans d’avance. Que représente cette étape pour vous ?

C’est exceptionnel. Rembourser ce plan de continuation que nous avons traîné pendant six ans, au lieu de huit, c’est le résultat d’un gros travail quotidien et d’une gestion financière rigoureuse. Mais c’est aussi grâce au soutien des partenaires et des supporters. Quand nous sommes descendus en D3, les partenaires nous ont soutenus et les supporters n’ont pas boudé la patinoire. Grâce à tout cela, nous avons pu repartir vite, revenir rapidement en D1 et construire. Même s’il reste encore beaucoup de choses à faire, ce n’est pas terminé. Sortir rapidement de ce plan, c’est le résultat de toute cette osmose.

En parallèle de ce travail financier, les Wildcats ont aussi connu une vraie réussite sportive avec deux titres de champion de France de D1, sans pour autant accéder à la Ligue Magnus. Avec le recul, quelle part de frustration reste-t-il aujourd’hui ?

On peut toujours en avoir, mais en tout cas, nous n’avons pas de regret d’avoir fait le choix de ne pas aller en Ligue Magnus. Aujourd’hui, nous sommes dans la même situation avec un gros problème de créneaux de glace. La patinoire est surexploitée, car nous partageons avec le club de patinage, les écoles et les créneaux publics. Avec une seule glace, ce serait faire marche arrière sur notre formation et, à notre sens, ce ne serait pas viable sur le long terme. Les élus entendent notre demande et souhaitent nous aider, mais nous comprenons que la situation budgétaire n’est pas florissante et que cela ne semble pas être dans les projets proches.

Malgré ces contraintes, on imagine que la Ligue Magnus reste donc un objectif. Est-ce quelque chose que vous envisagez à court terme ?

Le but, c’est d’y accéder pendant ma présidence ! Je vous fais une confidence. (Rires.) C’est notre objectif aujourd’hui. L’arrivée de Stéphane Barin cet été a été faite dans ce sens : faire monter le club sur le mandat qui vient de débuter. Nous sommes en train de travailler fortement là-dessus. Nous avons fait un partenariat avec Amnéville pour la D3 et nous essayons de trouver des alternatives pour nous préparer à aller en Magnus. On sait très bien qu’un club comme Épinal, sa place est en Ligue Magnus.

Vous évoluez dans un univers très masculin. Est-ce que le fait d’être une femme a changé quelque chose dans votre manière de diriger ?

C’est sûr qu’on part avec un handicap d’être une femme dans un sport comme le hockey, aussi bien dans le vestiaire de D1 que chez les entraîneurs dans le hockey mineur. Je n’ai pas forcément les compétences pour agir sur l’aspect sportif. C’est aussi une des raisons pour lesquelles nous avons fait appel à Stéphane Barin, qui a toute la légitimité pour faire appliquer les directives sportives. Être une femme, ça a aussi ce côté moins passionné que pourrait avoir un homme et ça évite parfois de se laisser embarquer dans les dépenses, notamment dans le recrutement des joueurs. Je suis de nature prudente et respecte le budget prévisionnel déposé et validé par la CNSCG* et n’y déroge pas. Sur ce point, je suis intransigeante : je ne me laisserai pas endormir ni amadouer.

Quel a été, pour vous, le moment le plus difficile de ces six années ?

Des moments de déception, de crainte et d’angoisse, on en a forcément, mais quand on a eu des moments sportifs heureux, on oublie rapidement. Mais il est certain que le Covid, c’était anxiogène pour tout le monde. Je me remémore parfois cette période : les joueurs étaient testés trois fois par semaine, avec le stress dans l’attente des résultats. C’était compliqué de s’organiser, notamment pour trouver des restaurants où manger avant ou après les matchs. Le joueur espérait jouer et, jusqu’à la dernière minute, on ne savait pas s’il pourrait être sur la glace en fonction de son résultat. Mais voilà, c’était comme ça.

Et votre plus beau souvenir ?

Le titre 2023, on ne s’y attendait pas, et puis 2025, forcément, avec ce beau public. Mais les deux titres U18 et U20 m’ont vraiment fait plaisir. Nous avons organisé cette finale U20 à la maison en l’espace de trois jours, avec les bénévoles et une belle fête. Nous avons quasiment rempli la patinoire pour une finale U20 ! C’est quelque chose de gravé, d’inoubliable, que ce soit pour les jeunes ou pour nous, au club.

* La CNSCG (Commission nationale de suivi et de contrôle de gestion) est l’organe indépendant de la Fédération française de hockey sur glace (FFHG)

Rédacteur 100 % Vosges

Article rédigé par

Adel Saoud

Le 30 octobre 2026

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