Alessio Coiffure à Épinal, le petit dernier d’Alessandro

Alessandro est une figure de la cité des Images. Avec cinquante ans de coiffure à son actif, celui qui a les ciseaux littéralement dans la peau a ouvert « Alessio » (diminutif d’Alexandre dans la langue de Michel-Ange) le 19 août dernier en plein cœur de ville. Un salon pour le plaisir d’exercer et de transmettre son métier, mais aussi pour continuer à « rendre les gens plus beaux. » Portrait du plus italien des coiffeurs spinaliens.

Épinal

Commerce

Rédacteur 100 % Vosges

Rédigé par Francoise Fontanelle

Le 30 octobre 2026

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Alessandro dispose de 50 ans d'expériences dans la coiffure | © Vega Édition

Alessandro, à Épinal tout le monde associe votre prénom à la coiffure. Pouvons-nous revenir sur vos débuts dans ce métier ?

Je suis né à Darney. J’ai fait ma formation en apprentissage à Épinal, chez monsieur Jacquot, en face du cours. Il était, pour moi, le meilleur coiffeur d’Épinal. C’était ce que l’on appelle un « finisseur », quelqu’un de très rigoureux et de très pointu dans la coupe ; Je ne pouvais pas faire autrement que de l’admirer, car il était comme ça avec chaque client. En 1978, j’ai passé mon CAP et terminé premier des Vosges.

À l’époque, en plus du CAP, il fallait passer l’EFAA, un examen de fin d’apprentissage artisanal. Il avait la même valeur que le CAP mais au titre d’un examen d’école. En fin d’année, une espèce de récompense à l’américaine, assez solennelle, était organisée à La Louvière en présence des familles et des élus. En arrivant, on m’a attribué un numéro, le 3. Je ne savais pas à quoi cela correspondait. Trois prix ont été décernés, le premier prix à un boulanger, le deuxième à un pâtissier et le troisième au premier coiffeur de tous les coiffeurs. C’était moi.

Ensuite, vous décidez de vous mettre à votre compte ?

J’ai d’abord passé mon brevet professionnel et, à l’âge de 24 ans, je me suis installé rue Saint-Michel. En 1987, je confie ce premier salon à une ancienne apprentie que j’avais formée et j’achète un local de 30 m2 quai Contades. Puis ce sera le salon Sandra rue Notre-Dame de Lorette et, dans les années 1990, un petit salon dans la galerie Saint-Nicolas, que j’ai confié à deux salariées et qui a très bien marché.

Au bout de quelques années, constatant que l’emplacement commençait à être moins qualitatif, je l’ai revendu. Cette vente m’a permis d’agrandir le Quai Contades, en 2013, pour y créer un institut esthétique, avec mon ex-compagne. À 66 ans, je me réinstalle rue Rualménil dans l’unique but de me faire plaisir !

D’où vous vient cette vocation pour la coiffure ?

Elle vient d’un oncle qui était coiffeur à Milan. Quand j’étais gamin on descendait en vacances là-bas. Il s’occupait de nous et nous emmenait à la mer dans sa Fiat 750. Comme je l’aimais bien, je me suis certainement mis à l’idolâtrer et à me projeter dans son métier. Plus concrètement, je suis originaire d’un milieu modeste. Mes parents et ma famille étaient des ouvriers et des bûcherons italiens, des gens qui n’avaient pas trop de moyens. Nous étions six enfants ; j’étais le quatrième. Alors, mon but c’était de m’en sortir dans la vie. C’est sans doute pour ça que j’ai toujours un projet en cours.

Ce métier demande aussi un goût pour l’esthétique…

J’ai le don de rendre les gens beaux. Quand je les trouve mal coiffés ou mal habillés alors qu’ils ont du potentiel cela me fait mal.Que ce soient des femmes ou des hommes, j’aime regarder les clients sortir du salon et penser qu’ils sortent plus beaux que s’ils avaient été ailleurs…
Ce que je recherche à apporter à mes clients, c’est la facilité à se coiffer et un sourire qu’ils n’avaient pas en entrant.

« Ce que je cherche à apporter à mes clients, c’est la facilité
à se coiffer et le sourire qu’ils n’avaient pas en entrant… »

ALESSANDRO

Ce goût pour l’esthétique se traduit aussi dans ce nouveau salon. On sent que vous avez choisi chaque chose avec soin.

La décoration n’est pas encore finalisée. Je réfléchis avant de faire les choses et je décide toujours de ce que je fais en concertation avec le personnel. Par exemple j’envisage de mettre un joli claustra pour marquer les espaces, de revoir l’acoustique, etc. Mon souhait est de rendre ce lieu agréable pour que les hommes autant que les femmes aient envie d’y venir. Je cherche encore à le rendre plus féminin par endroits, car il est important de les accueillir dans des espaces un peu réservés pour respecter l’intimité de chacun. J’aime bien que les femmes puissent se retrouver entre elles pour pouvoir discuter et éclater de rire comme si elles étaient entre copines, et inversement.

Quelle est votre perception de la coiffure au regard de votre expérience ?

Les produits sont beaucoup plus pointus. Aujourd’hui, à chaque type de cheveux correspond un produit spécifique. Ils sont très élaborés et ne sont pas nocifs, surtout en France, contrairement à ce que l’on cherche à faire croire. Zéro parabène, zéro parfum, les formules des couleurs ont évolué et, même si elles n’offrent plus la même durée dans le temps, elles permettent de s’embellir sans craindre pour sa santé. Les allergies sont extrêmement rares – et elles surviennent aussi lors de colorations végétales. D’ailleurs, on ne fait jamais de coloration sur une per- sonne qui n’en a jamais fait, sans réaliser un test. Dernièrement, cela nous a permis de nous rendre compte qu’une dame était allergique à une certaine couleur et pas à une autre. On peut aussi proposer des produits très doux aux femmes qui ont été malades et souhaitent être rassurées.

Les attentes ont aussi évolué ?

Aujourd’hui, les gens prennent plus soin de leurs cheveux, les hommes y compris. Cependant, la fréquence des rendez-vous est moins rapprochée. Cela est dû au fait qu’il y a encore une dizaine, voire une quinzaine d’années, les gens sortaient beaucoup plus.

Vous pourriez ne plus travailler. Qu’attendez-vous de votre activité aujourd’hui ?

Ce salon ce n’est que du plaisir. Et en plus j’ai des collègues extraordinaires. Elles s’appellent toutes les deux Manon, et nous avons dû compléter le prénom d’une d’entre elles avec son deuxième prénom – Manon Érinne – pour les distinguer sur le planning… Je les ai recrutées à la sortie de leur formation parce que je crois en leur sérieux, leur professionnalisme et leur res- pect pour la clientèle, mais aussi parce qu’elles s’entendent bien. Je leur fais faire des formations pour qu’elles connaissent les nouvelles gammes de produits et apprennent à les utiliser, mais aussi pour les amener à avoir la possibilité d’échanger avec d’autres coiffeurs issus d’autres départements en France, voire de mettre en place un échange avec des coiffeurs à l’interna- tional, car le milieu de la coiffure ne leur a pas donné l’opportu- nité de voyager.

Au-delà de vous faire plaisir en ouvrant ce salon, la transmission est quelque chose qui vous anime ?

J’avoue que cela me plairait bien, même si cela est prématuré. Dans le cas où cela arriverait, je suis prêt à rester présent le temps qu’il faut pour que tout se passe bien. Dans tous les cas je serai capable de reconnaître la personne qui aura l’envie et les compétences pour le faire. Je vais tout faire pour que ce salon marche avant de me consacrer à mes enfants ; ils sont ma priorité et ma réussite.

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Alessandro, Manon Érinne et Manon (C) Vega Édition

ALESSIO COIFFURE

13 rue de Rualmenil – Épinal

Tél. 03 74 67 27 39

Réservation en ligne sur www.planity.com

Rédacteur 100 % Vosges

Article rédigé par

Francoise Fontanelle

Le 30 octobre 2026

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