Convictions écologiques, style de vie, budget,…Et si votre maison idéale existait ?

La maison idéale, c'est celle qui nous ressemble. C’est aussi celle qui respecte l’écosystème biologique et social qui l’environne. Concilier habitat et environnement consiste à concevoir, construire ou rénover des logements de manière à réduire leur empreinte écologique tout en préservant les ressources et la biodiversité locale. Savoir comment y parvenir implique une double réflexion. La première se situe à l’échelle mon- diale, via les orientations des gouvernants. La seconde concerne l’échelle locale et individuelle, les orientations des territoires où nous vivons et notre conscience individuelle.Le monde et le climat changent, faisant évoluer nos repères et nos besoins y compris les plus vi- taux. Aujourd’hui, des problématiques vitales surgissent, auxquelles nous n’aurions pas songé il y a seulement quelques années, voire quelques mois... Les conflits internationaux impactent la production agricole mondiale, faisant craindre des famines dans certaines parties du globe. Des phénomènes climatiques extrêmes remettent en cause l’habitabilité de certaines régions et laissent présager des flux de populations importants.La menace d’une sécheresse consécutive à celle que nous venons de vivre remet en cause notre système de production agricole. C’est un fait, la question n’est plus de prévoir, mais d’avoir rapidement des réponses appropriées à ces changements compatibles avec une vision à long terme. Deux types d’actions s’offrent à nous. Atténuer les effets et les manifestations de l’Anthropocène en décarbonant nos usages domestiques et en réduisant nos consommations. Nous adapter à ces aléas, en espérant que ces actions seront justes et bénéfiques pour l’ensemble des populations et qu’elles auront un effet résilient sur les systèmes climatiques, biologiques, politiques, économiques et sociaux. Pouvons-nous encore rester passifs ? Dans les Vosges, on n’a pas de pétrole. On n’a pas non plus inventé la chanson de la pluie. Mais on a des idées et des convictions.

Maison

Rédacteur 100 % Vosges

Rédigé par Francoise Fontanelle

Le 6 octobre 2026

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© Héliodome

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C’est quoi l’Habitabilité ?

L’habitabilité, une notion récente utilisée en Géographie, fait référence à notre capacité à habiter un espace vivable et à nous adapter dans les conditions que nous estimons nécessaires à notre bien-être, notre santé et, dans des situations extrêmes, notre survie.

Cette notion intègre donc deux concepts : habiter et résider, faisant entrer la notion de territoire de vie. Selon que l’on vive sur le littoral, dans le sud de la France, en milieu rural ou dans une métropole, les pressions exercées par le climat et les critères utilisés pour définir l’habitabilité d’une région seront différents. Le géographe Guillaume Faburel a réalisé une étude croisant plusieurs di- zaines de critères et des facteurs environnementaux, économiques et la façon dont les humains s’installent sur ces territoires. Son objectif : faire émerger des « territoires refuge », c’est-à-dire une zone géographique ou une région jugée moins vulnérable aux crises environnementales et climatiques, où les populations peuvent subvenir à leurs besoins fondamentaux sans dépendre totalement de chaînes logistiques éloignées pour l’alimentation ou l’énergie. C’est le cas de la Bretagne, du Morvan et du Poitou, par exemple.

Dans les Vosges, si nous ne subissons pas une contrainte foncière aussi importante que l’Alsace, le changement climatique et la pression touristique imposent, selon le géographe, un rééquilibrage territorial.

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Quel climat dans le Grand Est en 2025 ?

> Hausse des précipitations hivernales

À l’horizon 2050, dans le Grand Est, les pluies estivales (juin, juillet, août) tendraient à la baisse (-3 %). A contrario, en hiver, le cumul de précipi- tations (décembre, janvier, février) augmenterait sensiblement (+23 %). Quant aux précipitations les plus fortes de l’année, elles gagneraient en intensité (+13 %).

> Autres indicateurs

Les journées de très forte chaleur (supérieures à 35 °C), quasiment inexistantes sur la période de référence (1976-2005), deviendraient plus fréquentes dans le Grand Est, avec un peu plus de 3 jours par an en moyenne régionale.
Quant aux nuits chaudes (supérieures à 20 °C), elles passeraient de 2 à 10 nuits par an en moyenne, à l’horizon 2050, soit 5 fois plus de nuits chaudes. On s’attend à 30 jours de sécheresse supplémentaires et à une augmentation du risque de feux de forêt et de végétation (de 0,6 à 3,8 jours en moyenne).

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> Baisse de l’enneigement en moyenne montagne

À l’horizon 2050 de la TRACC, le nombre de jours avec de la neige au sol (hauteur supérieure à 5 centimètres) diminuerait nettement : 50 jours d’enneigement en moins dans le massif des Vosges à 1 200 m d’altitude.

Repères – L’enneigement naturel en montagne est en baisse sur tous les massifs. Il est fortement variable d’une année à l’autre, et cela se poursui- vra à l’avenir. Il y aura de moins en moins d’hivers bien enneigés.

Sources Météo France – TRACC (Trajectoire de Réchauffement de référence pour l’Adaptation au Changement Climatique). Les chiffres indiquent les valeurs moyennes (ou évolutions) attendues sur la région, résumées par la médiane et l’étendue (minimum ; maximum) des projections simulées par les modèles.

Adapter nos logements

Aujourd’hui, outre une bonne performance thermique pour parer des hivers rigoureux, il est nécessaire, pour se protéger des canicules estivales, d’adapter nos logements et de changer nos habitudes.

> Gérer la chaleur et le confort d’été

• Privilégier les isolants biosourcés qui présentent un fort coefficient de déphasage. Par exemple, la fibre de bois ralentit l’entrée de la chaleur estivale dans l’habitat.

• Installer des protections solaires :
– volets extérieurs, brise-soleil orientables (BSO)
– planter des arbres à feuilles caduques devant les façades exposées au sud et à l’ouest.

• Créer une ventilation nocturne naturelle : créer des courants d’air traversants dès que la température extérieure est inférieure à la température intérieure.

> Optimiser l’eau et les sols

• Récupérer les eaux de pluie qui s’écoulent en toiture dans des cuves (hors-sol ou enterrées) réduisant la pression sur le réseau d’eau potable.

• Gérer les abords de son terrain en désimperméabilisant les sols autour pour favoriser l’infiltration naturelle de l’eau lors de fortes intempéries.

> Adopter la conception bioclimatique

• Privilégier les maisons passives ou de conception bioclimatique

• Adopter la sobriété énergétique en limitant le recours à la climatisation en privilégiant les brasseurs d’air et en optimisant l’enveloppe du bâtiment (isolation et orientation).

Innover

En 2014, un curieux édifice a été construit près de Saint-Dié. Conçue par Eric Wasser, cette innovation solaire bioclimatique a reçu le premier prix au Concours Lépine 2003 et a été primée à de nombreuses reprises. Depuis, le concept a été développé pour l’habitat collectif, le tertiaire et l’hôtellerie et un second Héliodome est en construction dans les Vosges sur le même site.

Le concept : Orientée vers le sud, la façade du bâtiment est composée d’une verrière convexe, qui laisse le rayonnement solaire entrer dans le bâtiment quand le soleil est bas. En été, la forme de la toiture empêche le soleil de pénétrer dans le bâtiment. La compacité de l’édifice ainsi qu’une isolation thermique en limitent fortement les déperditions thermiques. L’eau chaude sanitaire est fournie par des panneaux solaires situés en toiture, dont le positionnement permet de limiter une partie de la chaleur accumulée en toiture pendant l’été. Plus d’infos sur : heliodome.com

L’environnement peut-il être résilient ?

Dans un podcast de Jeanne Richard, publié sur le site de RFI le 23 juillet dernier, Antoine Daval, cofondateur de l’as- sociation La Vigotte Lab relate une des expérimentations effectuées sur le site de l’association au Girmont Val d’Ajol ; à savoir l’observation de l’évolution naturelle d’une an- cienne forêt face à la nouvelle norme climatique : chaleur extrême et sécheresses.

« Ce qu’on peut voir cinq ans après, c’est qu’il y a une forêt qui est en train de pousser. (…) On voit aussi qu’elle est très diversifiée, (…) qu’aujourd’hui, ce sont des dizaines d’essences différentes qui repoussent. (…) En pleine crise hydrique (…), on a pour autant des pousses de plus d’un mètre, voire deux mètres cette année. Donc, on devine une capacité de la nature à se régénérer. »

Il évoque également les cours d’eau, autrefois détournés pour faciliter les aménagements touristiques et agricoles, et qu’il faut aujourd’hui ralentir en leur redonnant la pos- sibilité de recréer des courbes naturelles : « L’eau est déjà remontée de 10-20 cm et on a retrouvé des truites. Ça fait un an qu’on a retrouvé de la vie dans le ruisseau. »

Son mot d’ordre : ne pas avoir peur de s’adapter et développer nos propres techniques.

Rédacteur 100 % Vosges

Article rédigé par

Francoise Fontanelle

Le 6 octobre 2026

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