Le musée du Chapitre d’Épinal porte désormais le nom de Jacques Grasser

Le musée du Chapitre porte désormais le nom de Jacques Grasser. Historien et élu municipal pendant 49 ans, le Spinalien a consacré une grande partie de sa vie à la préservation du patrimoine local. Un engagement dont l’histoire remonte à une découverte archéologique presque inespérée, en 1978. Et pour celui qui revendique une part de « hasard, de chance et d’opportunité », les projets ne manquent pas pour la suite.

Épinal

Distinction

Rédacteur 100 % Vosges

Rédigé par Adel Saoud

Le 15 octobre 2026

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Le maire d'Épinal, Benoît Jourdain, aux côtés de Jacques Grasser lors de l'inauguration du musée à son nom. | © Ville d'Épinal

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« Vous n’imaginez même pas le nombre de messages que j’ai reçus ! » Jacques Grasser ne s’attendait pas à une telle avalanche de félicitations après l’hommage qui lui a été rendu mercredi 14 octobre. Si le changement de nom du musée du Chapitre ne constituait pas une surprise pour lui, la cérémonie a ravivé de nombreux souvenirs, notamment auprès d’anciens étudiants et d’anciens collègues du conseil municipal.

Derrière cette reconnaissance, il y a près d’un demi-siècle d’engagement. Mais aussi une histoire qui, selon lui, doit beaucoup aux circonstances. « Il y a de la chance, du hasard et des opportunités », aime-t-il rappeler. Pour comprendre cette formule, il faut remonter à 1978, alors qu’il vient de devenir adjoint au maire chargé de la culture et du patrimoine.

Deux hommes et trois jours pour retrouver une muraille

Professeur d’histoire, Jacques Grasser travaille déjà sur le site du château depuis 1977. Il souhaite alors entreprendre des fouilles autour de la tour du Chapitre, sur un terrain où rien ne laisse vraiment présager une découverte. Pierre Blanck, maire d’Épinal, se montre sceptique : « Qu’est-ce que tu veux trouver là-bas ? Il n’y a plus rien ! » Il lui accorde finalement deux hommes et trois jours pour rechercher les vestiges d’une ancienne muraille.

Les recherches aboutissent. La muraille se trouve à seulement 50 centimètres de profondeur. « On a eu de la chance ! Si c’était à deux mètres, on n’aurait rien pu faire », se souvient Jacques Grasser. Cette découverte ouvre la voie à huit années de fouilles archéologiques et à la création d’un musée. En 1986, un premier espace ouvre rue Claude-Gellée, avant que les collections ne rejoignent la tour du Chapitre en 2003.

L’aventure aurait également pu ne jamais commencer. « Si mon père ne m’avait pas proposé au maire à l’époque, rien ne se serait passé », reconnaît-il. En 1977, Pierre Blanck propose à Jacques Grasser de rejoindre son équipe. Il choisit alors la culture et le patrimoine, mais aussi des dossiers touchant à l’école de musique et à l’école de l’image.

Un patrimoine qui continue de s’enrichir

La cérémonie du 14 octobre a également permis de renouveler la présentation du musée. Treize panneaux photographiques retracent les débuts des fouilles à partir de diapositives réalisées à l’époque par Jacques Grasser. « J’ai redécouvert des photos dont je ne me souvenais même plus », raconte-t-il.

Au fil des années, les collections se sont étoffées grâce aux découvertes, aux objets récupérés dans les services municipaux et aux dons des habitants. « Assez souvent, les gens proposent des choses », explique-t-il. Certaines pièces rejoignent les archives ou la bibliothèque ; d’autres trouvent leur place au musée du Chapitre. « Je suis à l’étroit maintenant, tellement ça a pris de l’ampleur. »

Son engagement a aussi accompagné la mise en valeur du château, les fouilles menées avec Philippe Séguin et la restauration de la tour Chinoise. Pour cette dernière, le projet était prêt, mais les financements manquaient. En 2008, une possibilité de financement de l’État permet de relancer l’opération. « Il ne fallait pas laisser passer le train », résume-t-il. Une nouvelle illustration de sa conviction : les occasions doivent être saisies lorsqu’elles se présentent.

« Mais ce n’est pas fini ! »

Le changement de nom du musée ne signe pas la fin de son engagement. Jacques Grasser aimerait notamment voir dégager la quatrième et dernière tour du quartier du Chapitre, afin de rendre plus lisible l’ensemble des fortifications. Il évoque également la démolition de l’ancienne auto-école située près de la basilique, pour poursuivre la mise en valeur du secteur.

Ces projets restent toutefois conditionnés aux moyens financiers. « Il faut avoir l’argent », rappelle-t-il, tout en estimant nécessaire de laisser la nouvelle municipalité s’installer. Benoît Jourdain connaît déjà ces dossiers, puisqu’il siège au conseil municipal depuis 1983.

Un autre projet lui tient à cœur : créer un espace consacré à la vie militaire à Épinal, en lien avec le 170e régiment d’infanterie. Là encore, il faudrait pouvoir agrandir le musée pour accueillir de nouvelles collections.

Près de cinquante ans après les premières fouilles, Jacques Grasser continue de passer régulièrement au château et de suivre l’évolution des sites qu’il a contribué à préserver. L’hommage qui lui est rendu vient reconnaître ce parcours, mais ne clôt pas l’histoire. « Mais ce n’est pas fini ! », prévient-il. Une formule qui résume aussi bien son attachement au patrimoine spinalien que son envie de poursuivre le travail engagé.

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(C) Ville d’Épinal

Rédacteur 100 % Vosges

Article rédigé par

Adel Saoud

Le 15 octobre 2026

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