Pedja Brankovic, un joueur historique du SAS Épinal.
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Joueur le plus expérimenté de l’effectif du SAS Volley, évoluant en championnat Elite, Predrag Brankovic, plus connu sous le surnom de Pedja, revient sur sa carrière qui a débuté sous les bombes de l’OTAN en Serbie. Une histoire personnelle peu commune qu’il a accepté d’aborder pour 100% Vosges. Rencontre.

Pedja Brankovic, vous êtes le joueur le plus expérimenté du SAS. Quand avez-vous débuté le volley ?

Pedja Brankovic – Je suis né à Belgrade et j’ai débuté à 14-15 ans, à l’Etoile Rouge. Puis, on a été bombardé par l’OTAN, ce qui a engendré de gros changements dans nos vies.

Comment avez-vous vécu l’arrivée de la guerre ?

P. B. – J’avais 12 ans (1991) mais je n’étais pas conscient de la violence. Ce que j’ai le plus mal vécu, c’est le bombardement par le Kosovo en 1999. Pendant 2-3 jours on avait peur. J’avais 20 ans, on trouvait du plaisir à aller voir là où les bombes tombaient. Ma carrière stagnait donc je suis parti jouer en Israël puis j’ai été mis en contact avec Épinal … et ça fait 15 ans que je suis là (rire).

Quel était le niveau ?

P. B. – En arrivant, j’ai trouvé que la N1 était costaude. Ma première saison était moyenne mais dès la seconde, nous avions failli monter en Ligue B. Seulement, nous n’avions déjà pas les moyens…

Pourquoi êtes-vous passeur ?

P. B. – Quand j’ai débuté, en voyant mes mains, mon coach m’a dit que j’étais fait pour la passe. C’est un poste à forte responsabilité car le passeur est le seul à toucher tous les ballons.

Quelle est l’ambiance cette saison au SAS ?

P. B. – François Merel a la qualité de bien choisir les hommes, qui s’entendent ensemble. Il y a un respect envers moi car je suis le papy. En championnat, c’est difficile car on est avec Lyon, Rennes… Nous visons le maintien. La Coupe de France ne sera pas une priorité.

Avez-vous fixé la fin de votre carrière ?

P. B. – Non, je prends encore un tel plaisir… Je pense que la saison prochaine pourrait me permettre de passer le relais à
Michel Formosa. Un jour pourquoi pas devenir coach mais pour le moment ça se passe bien avec François Merel. je pourrais devenir son adjoint.

Le SAS Épinal retrouvera-t-il la Ligue B un jour ?

P. B. – Il faudrait un minimum de 400 000 euros de budget et nous n’en sommes qu’à la moitié. 200 000 euros à trouver, ce n’est pas facile dans le volley. Mais j’espère, un jour.