Hugues Aufray sera sur la scène de Vittel.
© G. Seguin
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Plus de cinquante ans de carrière mais un talent intact. Auteur-compositeur-interprète- guitariste, Hugues Aufray fait encore battre tous les cœurs avec ses chansons poétiques entrés au patrimoine de la chanson.

Quand on parle d’Hugues Aufray, on parle d’un temps que les moins de soixante ans ne peuvent pas connaître. Et pour cause : le chanteur est né en 1929 à Neuilly-sur-Scène. Ce « chanteur contemporain » qui se définit lui-même « entre rive droite et rive gauche » n’est pas un chanteur à message même s’il combat le racisme et l’intolérance dans certains de ses textes comme L’Ame noire de l’homme blanc ou Les Crayons de couleur.

Influencé par le gospel, le blues, le jazz, le rock, rien ne prédestinait Hugues Aufray à la musique. Enfant, ce dyslexique affublé de deux frères brillants rêvait de devenir peintre ou sculpteur et de vivre une vie de bohême misérable comme Van Gogh ou Gauguin. Il joue donc de la guitare pour s’amuser et devient vedette sans l’avoir voulu, arguant que son côté amateur a touché le cœur du public. Si sa vie a été « ratée » comme il s’en amuse, la chanson a constitué sa résilience.

Aujourd’hui encore, il affirme exercer son métier comme un « amateur », ce qui l’a aidé à garder les pieds sur terre. Né avec une cuillère d’argent dans la bouche dans une famille aisée (milieu diplomatique d’un côté et vieille noblesse paysanne de l’autre), sa vie bascule au divorce de ses parents. Après la guerre, il tente d’émigrer aux Etats-Unis avec ses frères. Ceux-ci sont aussitôt engagés par le service d’émigration tandis que lui est refusé car trop jeune et sans diplôme.

Eddie Barclay le remarque et lui permet d’enregistrer son premier disque en 1959. Avec plus de 300 chansons écrites ou co-écrites, tous les gamins qui ont fréquenté les colonies de vacances ont chanté ses textes  : Le petit âne gris, Stewball, Santiano… mais aussi Céline, Dès que le printemps revient, Adieu monsieur le professeur et tant d’autres.

Naïf au sens premier du terme, ce « type simple qui vit naturellement » a la faculté de prendre la vie comme elle vient, sans s’étonner de rien. Quand on l’invite à l’Elysée à rencontrer le général de Gaulle, il trouve cela parfaitement normal.

En revanche, il avoue avoir été intimidé lors de sa rencontre avec Martin Luther King, d’autant qu’il maîtrisait mal la langue. D’ailleurs s’il a traduit Bob Dylan, c’est justement pour comprendre ce que ce dernier chantait ! Il a gardé de sa jeunesse un goût pour l’Amérique, un besoin de liberté même s’il adore la France.

Cet altruiste qui s’est toujours davantage occupé des autres que de lui-même se dit à la fois « désespéré et plein d’espoir », ce qui ne lui semble pas contradictoire. Chaque jour, il remercie la vie pour ce qu’elle lui a donné. A l’âge de 70 ans, il a entamé une seconde carrière : celle de sculpteur pour laquelle il se savait doué. Il modèle l’argile, fait des bronzes de Dylan, Cézanne, Van Gogh…

Il sait qu’un jour, au terme d’une vie bien remplie, il partira pour laisser la place aux plus jeunes, ce qui ne l’effraie pas. Quand le public s’interroge sur sa longévité à chanter, il explique que « la retraite, c’est pour les gens qui travaillent ! » Par conséquent, il ne peut pas prendre sa retraite puisqu’il joue. Et continuer à jouer à 89 ans, c’est tout un art !

Muriele Charlet-Dreyfus

Hugues Aufray

Vendredi 9 février, 20 h 30

Palais des Congrès, Vittel

Tél. 03 29 08 37 37

Tarif : 39 à 44 euros

www.mlprods.com