Steve Chainel a la double casquette de coureur et consultant sur Eurosport.
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Ceux qui le connaissent bien, savent qu’il n’a pas la “Grosse Tête“, et pourtant, lors de ce Championnat de France Élite à Épinal, il portera fièrement trois casquettes ! La première, celle d’ambassadeur passionné de son territoire, la seconde, celle d’un coureur toujours en activité à l’état d’esprit irréprochable et enfin, celle de consultant enthousiaste sur Eurosport. Qui mieux que lui pour nous donner les clés de ces Championnats de France. 

Steve, vous revendiquez pour les Vosges, le statut de territoire adéquat à la pratique de toutes les disciplines du cyclisme… Ce championnat national de l’Élite sur route est-elle la preuve évidente que notre département est une place forte du cyclisme en France, voire en Europe ?

Steve Chainel – Au-delà d’être né vosgien, je suis fier de mon territoire, car nous disposons d’un terrain de jeu idéal pour beau- coup de sports outdoor. Je pense à toutes les disciplines du vélo : de la route au gravel, du cyclo-cross au BMX. Il ne nous manque que la piste. À l’époque, chez les pros, la tendance était de vivre à Gérone ou Nice. Moi, je suis resté ici. D’ailleurs, tu as raison, ils sont nombreux les Belges et les Hollandais à venir s’entraîner dans le massif. Je suis fier d’être vosgien comme d’autres le sont d’être bretons… Et puis, en dehors du massif, des cols, des épreuves Cyclo sportives, les accompagnants sont heureux ici : on dispose de nombreuses activités autour de la nature, les thermes. Maintenant la région Grand Est a besoin de courses pro et ce coup de projecteur sur notre région va aider les organisateurs, les clubs. C’est une très belle chance pour tous

En plus de vos nombreuses saisons hivernales en Cyclo-cross, vous avez couru quelques championnats sur route, au sein des majors comme FdJ, AG2R ou Cofidis. Comment avez-vous vécu ce moment-là, cette tension, cette épreuve ?

S. C. – Cette année, je laisse mon dossard, je laisse faire les jeunes. Je serai tellement sollicité, que je garderai mon énergie pour valoriser l’événement et pour assurer derrière le micro. Tu sais, j’étais dans l’équipe de la FdJ- Big Mat quand Nacer a gagné son titre en 2012, à St-Amand-les-Eaux. C’était grandiose ! On s’entraînait souvent ensemble avec Nacer. À chaque course, on est souvent 8 au départ. Au France, certaines équipes arrivent à 25 coureurs… plus tout le staff ! C’est vraiment un temps fort dans notre saison. J’ai eu aussi de bonnes vibrations, avec la course de 2013 à Lannilis (29), que de bons souvenirs collectifs. 

Steve, vous êtes un des consultants vedettes sur Eurosport sur ce circuit spinalien que l’on décrit technique et assez physique, quels sont pour vous les scénarii possibles ?

S. C. – C’est sûr, ce sera une grosse course d’usure… Au-delà de 230 bornes, il faut un gros vécu à l’entraînement et ce qui n’est pas évident cette année, beaucoup de jours de courses, pour être dans le final. Comme d’habitude, les trois écuries majeures vont contrôler la course dans un premier temps (Groupama-FdJ, Cofidis, AG2R-Citroen) et puis dans le money-time, les puncheurs-grimpeurs, emmenés par Alaphilippe, vont tenter de faire la différence. Ce sera un peu plus difficile que Grand-Champ (56) l’an dernier et je pense que, cette fois, les sprinters ne devraient pas rentrer dans le final…Ce parcours est à priori bien dosé, mais ce ne sera pas un « chantier » avec une vingtaine de finisseurs. Des noms… Je vois bien… Valentin Madouas qui a les qualités pour être devant. Tu sais, le championnat de France, c’est la course où chaque coureur, le matin de l’épreuve, se dit : c’est peut-être mon jour ! 

Propos recueillis par JC Noël