Onco-coiffure avec le salon de Baptiste à Remiremont : “ Les femmes ont le droit d’oublier la maladie et de se trouver belles. ”

Baptiste Malbranque a installé son salon de coiffure en 2021 au centre-ville de Remiremont. Il y a deux ans, alors qu’il a la possibilité d’agrandir son local, il décide d’accueillir dans cet espace des femmes atteintes de cancer ou d’alopécie et suit une formation en onco-coiffure. Au moment où la campagne de sensibilisation au dépistage du cancer du sein bat son plein, il était naturel de l’inviter dans notre magazine.

Remiremont

Le salon de Baptiste

Rédacteur 100 % Vosges

Rédigé par Francoise Fontanelle

Le 1 octobre 2026

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© Vega Edition

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Pourquoi vous êtes-vous dirigé vers l’onco coiffure ?

Il m’est arrivé que des clientes ou des proches qui ont été confrontés à la maladie me demandent conseil. Or, en tant que coiffeur, je ne pouvais pas les accompagner, sinon les orienter vers des coiffeurs agréés par la CPAM. C’est pour cette raison que j’ai suivi cette formation. Cette prestation est très encadrée et permet à mes clientes, sur indication de leur médecin oncologue, de bénéficier d’une prise en charge de l’achat de leur prothèse capillaire ou d’accessoires pour masquer la chute de cheveux.

Toutes les prothèses capillaires sont remboursées ?

Il existe trois types de prothèses pour lesquels la CPAM a fixé des tarifs avec les fournisseurs. Celles de classe 1, qui coûtent 350 €, sont intégralement remboursées. Ces prothèses mixent cheveux synthétiques et naturels, sont fabriquées à la machine. Le rendu est très naturel et le coiffage ne nécessite pas de brushing. C’est important, car tenir un sèche-cheveux bras en l’air peut être douloureux après une opération. La classe 2 présente un confort supérieur. Cette gamme est remboursée à hauteur de 350 € et présente donc un reste à charge, tout comme la classe 3, une prothèse 100 % cheveux naturels, dont le tarif est supérieur mais qui convient tout particulièrement aux cheveux longs. Cependant, certaines mutuelles de santé peuvent compléter le reste à charge et je conseille à mes clientes de se renseigner avant de venir au salon.

Cela n’a rien à voir avec une « perruque »…

Les prothèses capillaires sont des dispositifs médicaux qui font l’objet d’une finition intérieure spécifique et très précise pour ne pas blesser la peau rendue sensible par les traitements. Les « perruques », elles, relèvent du domaine des accessoires de mode ou de spectacle. Celles que je propose présentent des micro-peaux qui imitent le cuir chevelu et permettent de créer des raies et des mouvements très naturels. Si la prothèse est bien adaptée, que la couleur bien choisie et que l’on a travaillé la coupe pour la personnaliser, la femme, même si c’est difficile au début, va pouvoir s’approprier sa prothèse, ne plus la sentir et l’oublier comme on oublie que l’on a des lunettes ou un acces- soire de mode. Cela signifie que l’on a gagné.

Comment se déroule cet accompagnement ?

Je commence par choisir avec la cliente – et la ou les personnes qui l’accompagnent – des modèles sur le catalogue de mon fournisseur, Henry Margu, et la couleur d’après le nuancier dont je dispose en magasin. Nous en sélectionnons deux ou trois et prenons rendez-vous pour réaliser les essayages. Une fois que nous avons déterminé celle qui convient, nous allons la personnaliser en réalisant la coupe.

La qualité de la relation et la confiance sont importantes, car la perte des cheveux est associée à une perte d’identité et vient s’ajouter à la maladie qui est elle-même très difficile à accepter. Il faut rappeler qu’à la perte des cheveux s’ajoute celle des cils et des sourcils pour lesquels elles peuvent se tourner vers des esthéticiennes agréées. Aussi, lors du premier rendez-vous, les personnes peuvent être très angoissées, avoir peur de l’inconnu et redouter le regard que vont poser leurs proches, mais aussi de celui des gens dans la rue.

La formation vous a préparé à ces situations ?

Il est vrai que plus jeune, cela aurait été plus compliqué pour moi d’aborder ces situations, mais avec le recul et l’expérience que j’ai acquise, je sais que je prends soin de cette personne et que je l’accompagne jusqu’au moment où je peux la voir partir avec sa prothèse avec le sourire pour retrouver son quotidien ou revenir une semaine après pour me remercier et me dire que son mari et ses enfants la trouvent belle. La formation nous aide à devenir de vrais accompagnants, des personnes là pour les soutenir, même si l’on reste avant tout des humains…

Lorsqu’elles arrivent au salon pour la première fois, certaines clientes ont encore leurs cheveux, mais savent qu’ils vont tomber bientôt. D’autres sont en train de les perdre, ce qui peut être très déstabilisant. Les réactions sont différentes. Par exemple, une femme va vouloir passer par une coupe très courte avant la mise à nu, c’est-à-dire le rasage, quand une autre souhaitera les laisser tomber naturellement. C’est un moment à fort impact psychologique, durant lequel il faut être rassurant et à leur écoute pour ne pas choisir à leur place. Toutes ne souhaitent pas porter une prothèse capillaire et optent pour des turbans, des bonnets très élégants et fabriqués dans les matières adaptées, comme le coton, le bambou et le Lycra. Les modèles font l’objet de collections saisonnières adaptées à tous les styles vestimentaires. Il existe aussi des chapeaux anti-UV pour l’été.

Vous proposez des teintures végétales Gaïa. Cela s’inscrit dans la même démarche ?

Oui. Il y a une démarche santé évidente, car le cheveu est une matière vivante. Je les proposais déjà avant de me former à l’onco-coiffure et je suis très content de voir de plus en plus de femmes les demander ; pour elles, mais aussi pour les coiffeurs qui sont en contact quotidien avec ces substances chimiques, et pour des raisons écologiques qu’il ne faut pas négliger.

La coloration végétale existait bien avant la coloration chimique et aujourd’hui, l’évolution est telle que nous avons toute une palette de couleurs et que mes collaboratrice et moi-même nous formons régulièrement à cette technique, même s’il faut reconnaître que l’on ne peut pas tout faire en coloration végétale puisque sans oxydation ni apport d’ammoniaque, on ne peut pas éclaircir le cheveu.

En revanche, chaque couleur est unique et la coloration est un véritable moment-soin grâce aux plantes. Avec le végétal on retrouve un toucher ultra naturel, une belle brillance, une bonne tenue dans le temps et un gainage intéressant du cheveu, puisque la couleur se dépose autour et non à l’intérieur du cheveu comme c’est le cas pour la coloration chimique.

La coloration végétale est-elle indiquée pour les femmes qui veulent teindre leurs cheveux après la repousse ?

C’est exact. Mais je leur demande systématiquement un avis médical et de réaliser un test pour vérifier que la cliente ne va pas faire une réaction allergique. Entre le moment où le traitement sera terminé et celui où la femme pourra retirer sa prothèse, il va se passer un certain temps car les cheveux ne repoussent pas tous en même temps. Il faut aussi savoir qu’après une chimiothérapie, les cheveux peuvent être plus fragiles ou avoir perdu leur couleur. Quand la repousse est suffisante, on va pouvoir réaliser une coupe courte et une teinture végétale qui va donner de la brillance aux cheveux et permettre de continuer l’accompagnement de la personne dans le soin. Heureusement, arrive le moment où les femmes vont pouvoir s’en passer.

Ensuite, que deviennent les prothèses capillaires ?

Certaines femmes vont avoir envie de les garder et d’autres feront le choix de les donner à une association en contactant la Ligue contre le cancer. Je précise que les femmes atteintes d’alopécie bénéficient d’une prise en charge qui leur permet de changer leur prothèse et de faire évoluer leur coiffure chaque année.

Octobre Rose est un temps fort pour vous…

Coiffure Vitalité, la mutuelle santé des salariés de la coiffure, organise chaque année l’opération Boucles Roses qui propose des challenges aux professionnels de la coiffure tout au long du mois d’octobre, afin de générer des dons en faveur de la Ligue contre le cancer.. Au salon, nous relayons toutes les informations sur le dépistage du cancer du sein et proposons des prothèses en démonstration. L’idée est que les femmes sachent que nous sommes là. Il faut en parler le plus possible pour faire tomber les tabous. Il y a 25 ans, on ne parlait pas de son cancer. Aujourd’hui, les femmes ont le droit d’oublier la maladie et de se trouver belles. Il y a des dispositifs pour être aidé, et les coiffeurs, qui accompagnent les gens dans les grands moments de leur vie, en font partie.

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Le Salon de Baptiste

Galerie des Arcades – 7 rue Charles de Gaulle – Remiremont 03 29 23 13 50

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Rédacteur 100 % Vosges

Article rédigé par

Francoise Fontanelle

Le 1 octobre 2026

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