Le Véternat Antoine Gérard et le leader de l'équipe de France de combiné nordique.
© S. Volk
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François Braud et Maxime Laheurte ayant définitivement rangé les lattes, il est désormais, à 24 ans seulement, le taulier de l’équipe de France de combiné nordique, discipline qui consiste à enchaîner saut et ski de fond. Le Véternat Antoine Gérard aborde la saison hivernale en pleine confiance après une fin d’été tonitruante. Rencontre avec un jeune homme serein qui aime prendre de la hauteur.

Après les retraits de François Braud et de Maxime Laheurte, vous êtes le doyen et le chef de file de l’équipe de France de combiné. Comment vivez-vous ce nouveau statut ?

A. G. Je le vis bien, ce n’est pas trop lourd à porter (rire). C’est agréable d’être le leader mais ça ne change pas grand-chose. Je n’ai que 24 ans, mais ça fait déjà 4 ans que je suis en Coupe du Monde, je commence à avoir de l’expérience. J’aime conseiller les jeunes, partager, c’est dans ma nature. L’ambiance est bonne dans le groupe et chacun fait ce qu’il faut pour élever son niveau. J’ai certes un peu plus de pression mais c’est surtout parce que je me sens capable de faire de très belles choses.

Cet été, vous avez obtenu de très bons résultats avec notamment une victoire, la 1ère de votre carrière, en Grand Prix (Coupe du Monde estivale) à Oberhof…

A. G. Oui c’était un grand moment. C’est le meilleur été que j’ai jamais fait (3e au classement général). J’ai vraiment réussi à élever mon niveau de saut. Et quand on part devant ensuite en ski-roue c’est beaucoup plus simple. Ce qu’on a mis en place a marché et ça m’a permis de faire le plein de confiance en vue de la saison hivernale.

Quels objectifs vous êtes-vous fixés ?

A. G. C’est une saison un peu particulière puisqu’il n’y a ni championnats du monde, ni Jeux olympiques. Je suis focalisé sur la Coupe du Monde, sans me fixer d’objectif précis. La préparation s’est bien passée, je me sens bien, prêt et motivé, mais je ne sais pas trop à quoi m’attendre. Mon ambition est d’être performant et régulier en saut pour pouvoir jouer devant le plus souvent possible et faire des podiums, ce que je n’ai jamais réussi à faire. Il faudra aborder chaque étape à fond.

Comment jugez-vous votre marge de progression ?

A. G. En ski, je dois continuer sur ma lancée. J’étais un des meilleurs fondeurs du circuit la saison dernière, donc il faut garder ça en essayant d’améliorer mon « finish ». Concernant le saut, je pense vraiment avoir passé un palier mais je dois continuer à essayer d’élever mon niveau. Le saut, c’est souvent un peu dans la tête. Je n’ai pas de préparateur mental mais c’est quelque chose qu’on travaille tout le temps. A chaque séance je mets plus de concentration et d’investissement.

Le saut à ski fait la particularité du combiné. Quelles sensations ressentez-vous dans cet exercice ?

A. G. La sensation de voler, comme un sentiment de liberté en quelque sorte ! On se sent bien, surtout quand on a fait un bon saut on sent qu’on va aller loin et ça donne vraiment la sensation de planer. Le dépassement de la petite appréhension que l’on peut avoir parfois est aussi très plaisant. Quand on se retrouve en haut du tremplin, il y a toujours un petit stress. Mais quand on a fait le premier saut, on n’a qu’une envie : recommencer.

Vous avez effectué vos débuts sur les pistes de Ventron, comme Clément Noël, le nouveau phénomène du ski alpin. Et vous ne manquez jamais une occasion de revenir chez vous…

A. G. Oui, j’essaye de rentrer le plus souvent possible. Je suis attaché à mon village et fier de mon territoire. En septembre, la mairie et ma famille ont organisé une réception en mon honneur. Ça m’a fait vraiment très plaisir, ils l’avaient déjà fait il y a 2 ans. Ma famille me soutient beaucoup. A Ventron, ils avaient mis en place un écran géant pour les JO. J’apprécie toujours autant me rendre au tremplin, voir les jeunes, les conseiller.

Le combiné nordique, c’est justement la discipline dans laquelle les athlètes du Massif sont le plus représentés au haut niveau. Comment l’expliquez-vous ?

A. G. C’est un peu dans les mœurs de faire du combiné dans les Vosges. En équipe de France, la moitié des athlètes sont des Vosgiens. Théo (Rochat) et Lilian (Vaxelaire) sont déjà avec moi chez les « A » et beaucoup de jeunes performent. Le « plan tremplin Vosges » a bien marché. On a une formation de qualité, avec de bons coaches et une belle émulation. Je constate que même dans les petits clubs, il y a plus de monde en combiné et beaucoup de bonnes perfs. La relève est là.

Projetons-nous un peu… Vous imaginez-vous sur un podium lors des prochains JO à Pékin ?

A. G. Jouer la médaille à Pékin en 2022, c’est mon objectif principal pour les prochaines années. J’aurai la même ambition en 2021 aux championnats du monde. L’hiver dernier il ne me manquait pas grand-chose. D’ici là, je veux gagner des places au classement général de la coupe du monde. J’espère aussi qu’on arrivera à reconstruire une équipe de France compétitive pour jouer quelque chose dans les prochaines grandes compétitions. Il faut être un peu patient, mais le potentiel est là.

Bio Express :

  • Né le 15/06/1995 à Remiremont
  • Étudiant en master de management à Grenoble
  • Club : US Ventron
  • Palmarès en individuel : 1 victoire en Coupe continentale (Klingenthal, 2017)
  • Jeux olympiques : 1 participation (Pyeongchang, 2018) : 26e et 32e en individuel, 5e en relais
  • Championnats du monde : 3 participations (2015, 2017, 2019) – meilleur résultat : 8e (Seefeld, 2019)
  • Coupes du monde : meilleur résultat : 5e (Ruka, novembre 2017) – classement général : 25e en 2018

Les prochaines échéances en Coupe du Monde :

  • Ramsau (Autriche) : 20 au 22 décembre
  • Val Di Fiemme (Italie) : 9 au 12 janvier
  • Oberstdorf (Allemagne) : 24 au 26 janvier
  • Seefeld (Autriche) : 30 janvier au 2 février