Fabien Claude vise les podiums mondiaux en 2021 !
© Millo Moravski/Agence Zoom
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Après un break bien mérité d’une semaine dans les Vosges, en petit comité et avec toutes précautions sanitaires d’usage, Fabien Claude a retrouvé les Bleus dans le Jura pour préparer la suite de la saison de biathlon. Auteur de performances remarquées en Coupe du Monde fin 2020, au terme d’une année spéciale à de nombreux titres, le Bassurois de 26 ans a passé un cap et ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Entretien.

Après 4 étapes de Coupe du Monde, vous pointiez au 11e rang du classement général avec déjà deux podiums à votre actif. Comment jugez-vous votre début de saison ?

Fabien Claude Très bon. Je suis très satisfait des résultats. On oublie que j’étais passé à côté de ma première course (72e de l’individuelle de Kontiolathi), mais c’est vrai que je ne suis pas tombé dans une spirale négative, j’ai réussi à réagir et à performer derrière. Ma 2e place sur la poursuite, lors de la 2e étape le 5 décembre, m’a fait du bien ainsi qu’à toute l’équipe de France car c’était le premier podium de l’hiver. Ce résultat m’a propulsé sur le devant de la scène, ce qui n’est pas pour me déplaire.

Vous attendiez-vous à être à ce niveau ?

F. C. Sincèrement oui. à mon meilleur niveau je sais que je suis capable de jouer devant, de rivaliser avec les tout meilleurs. C’est vrai que j’ai quand même passé un cap en termes de résultats. Niveau ski, je sais que je ne gagnerai pas une minute. Mais j’ai encore une grosse marge de progression puisque je n’ai pas encore fait de 100% au tir. Mes deux podiums, je les ai réussis avec un 17/20 (poursuite de Kontiolathi) et un 9/10 (sprint d’Hochfilzen).

Vos objectifs ont-ils été revus à la hausse pour la suite de la saison ?

F. C. Non. J’avais annoncé avant le début de la saison l’objectif de faire trois podiums et de finir dans le Top 10 mondial. évidemment, si je peux faire mieux, je ne m’en priverai pas. Remporter une première victoire serait formidable mais je n’en fais pas une obsession. J’ai porté le maillot rouge de leader du classement général de la poursuite, c’était une grande surprise et une fierté. Je suis toujours dans la course (5e), ce serait génial de pouvoir jouer le petit globe de la spécialité.

Comment vivez-vous l’absence de public sur les courses ?

F. C. – C’est vraiment différent. On a l’impression de faire quelque chose de plus basique, ancestral. Faire du biathlon avec du public c’est quand même autre chose. On aime être poussé par nos supporters quand on court au Grand-Bornand par exemple. Après, on est quand même content de pouvoir pratiquer notre sport et de pouvoir faire une saison. Ce n’est pas le cas de tout le monde.

Cette saison particulière est également la première sans le roi Martin Fourcade…

F. C. Oui. Le groupe France vivait très bien avec Martin et c’est toujours le cas aujourd’hui. C’était important de faire des performances car on nous avait mis un peu de pression après les résultats médiocres des premières courses. La retraite de Martin permet aussi aux autres de prendre un peu de lumière. Ça fait du bien d’être mis sur le devant de la scène même si c’est vrai que parfois on y laisse du jus.

On s’attendait à une domination sans partage de Johannes Boe et ce n’est pas le cas…

F. C. Non, en tous cas pour l’instant. Depuis 10 ans, en gros, c’était soit Martin soit Johannes qui gagnait. Tout le monde a progressé, il y a des jeunes qui arrivent sur le devant de la scène. Il y a une belle adversité cette saison, un beau mélange de nations. Je pense néanmoins que Johannes Boe va monter en puissance et qu’il restera au sommet et j’espère qu’on aura un Français sur le podium.

Il y a quelques jours, vous vous retrouviez pour la première fois avec vos deux frères Florent et Emilien en Coupe du Monde, à Hochfilzen, un an après la disparition de votre père, victime d’un tragique accident au Canada. On imagine qu’il serait très fier de vous aujourd’hui…

F. C. – Oui. On se dit qu’il aurait aimé voir ça. On pense tous les jours à lui, ce n’est pas facile, mais on essaie aussi de s’en servir comme d’une force. On arrive à avancer, à maintenir le cap. Se retrouver tous les trois comme ça, c’est un aboutissement, la concrétisation d’un projet commun. Florent a ouvert la voie. Quand il a démarré en Coupe du Monde, il y a une dizaine d’années, avec Emilien on était comme des fous devant la télé. Là on se retrouve tous les trois sur le grand circuit, c’est quelque chose de grandiose. Il y a une émulation ultra positive entre nous. J’espère que ce n’est que le début.

Bio Express :

Fabien Claude

  • 26 ans
  • Club : Basse-sur-le-Rupt Ski Nordique
  • 2012 : Médaillé de bronze aux Jeux olympiques de la Jeunesse (relais mixte)
  • 2013 : Champion du monde junior en sprint
  • 2014 : Champion du monde junior en sprint et en poursuite
  • 2015 : Champion d’Europe en sprint
  • 2016-2019 : 4 victoires en IBU Cup

Coupe du Monde :

  • Podiums : 4 (3 en individuel et 1 en relais)
  • Meilleur classement général : 19e (2020)

Ses prochaines échéances :

  • Coupe du Monde – étape 6 à Oberhof (Allemagne) : 13 au 17 janvier 
  • CDM #7 à Antholz-Anterselva (Italie) : 21 au 24 janvier
  • Mondiaux de Pokljuka (Slovénie) : 10 au 21 février
  • CDM #8 à Nove Mesto (République Tchèque) : 4 au 7 mars
  • CDM #9 à Nove Mesto (République Tchèque) : 11 au 14 mars
  • CDM #10 à Oslo-Holmenkollen (Norvège) : 18 au 21 mars