Aux animaux la guerre

A peine a-t-il eu le temps de retomber de son nuage qu’il est de nouveau propulsé sous les feux des projecteurs. Une semaine après avoir décroché le prestigieux Prix Goncourt pour Leurs enfants après eux, l’écrivain vosgien Nicolas Mathieu crève l’écran pour son premier ouvrage Aux animaux la guerre.

Ce polar social sur fond de désindustrialisation, distingué par le Prix Erckmann-Chatrian (2014) et le Prix Mystère de la critique (2015), a été adapté pour la télévision. La série du même nom réalisée par Alain Tasma, avec Roschdy Zem, Rod Paradot et Olivia Bonamy, dresse le portrait de personnes dont la vie bascule dans la violence pour survivre.

Tournée dans les Vosges, où se déroule l’intrigue, au printemps 2017, elle sera diffusée sur France 3 ces prochaines semaines. La mini-série comporte 6 épisodes de 52 minutes (extrait ci-dessous). Les deux premiers seront diffusés ce jeudi 15 novembre à 21 h. Les deux suivants le seront le jeudi 22 et les deux derniers le jeudi 29 à la même heure.

Nicolas Mathieu a co-écrit la série et il n’est pas déçu du résultat. « Je l’ai vue et j’en suis très content, explique-t-il. Quand on m’a proposé le projet, j’ai dû faire le deuil du roman et me mettre à la disposition du réalisateur, Alain Tasma, un type formidable. On a écrit la série tous les deux. Ce fut un vrai plaisir. Pour l’anecdote, pendant le tournage, je me suis retrouvé dans une cour où je fumais des clopes avec mes potes à 17 ans, c’était très drôle. » Certaines scènes ont été tournées au sein de l’ensemble scolaire Notre Dame Saint-Jo avec des élèves comme figurants.

En deuxième partie de soirée, France 3 diffusera à chaque fois, un documentaire inédit consacré à celles et ceux qui résistent, avec détermination, à la violence sociale ou ordinaire pour survivre. Le premier, Du fil à retordre, le film d’Anne Gintzburger de 52 minutes produit par Chasseur d’Étoiles, s’intéresse aux « Bleuforêt » qui font la fierté des Vosgiens, alors que bon nombre d’usines ont sombré dans la région. Quelques dizaines de femmes, parmi les dernières ouvrières du textile, résistent !

 

SYNOPSIS DE LA SÉRIE
Championne des causes perdues, chargée de trouver un accord de fermeture d’usine dans les Vosges, l’inspectrice du travail Rita (Olivia Bonamy) sait qu’elle ne sauvera au mieux que quelques salariés sur la centaine laissée sur le carreau. Un soir, les phares de sa vieille voiture éclairent une jeune fille courant à demi nue… Deux ouvriers désespérés – deux pauvres types comme Martel, le syndicaliste qui planque ses tatouages (Roschdy Zem), et Bruce, le bodybuilder sous stéroïdes – ont eu la mauvaise idée de kidnapper une fille sur les trottoirs de Strasbourg pour la revendre à deux caïds qui font la pluie et le beau temps entre Épinal et Nancy.

SYNOPSIS DU LIVRE

Une usine qui ferme dans les Vosges, tout le monde s’en fout. Une centaine de types qui se retrouvent sur le carreau, chômage, RSA, le petit dernier qui n’ira pas en colo cet été, un ou deux reportages au 19/20 régional et puis basta. Sauf que les usines sont pleines de types dangereux qui n’ont plus rien à perdre. Comme Martel, le syndicaliste qui planque ses tatouages, ou Bruce, le bodybuilder sous stéroïdes. Des types qui ont du temps et la mauvaise idée de kidnapper une fille sur les trottoirs de Strasbourg pour la revendre à deux caïds qui font la pluie et le beau temps entre Épinal et Nancy. Une fille, un Colt .45, la neige, à partir de là, tout s’enchaîne. Aux animaux la guerre, c’est le roman noir du déclassement, des petits Blancs qui savent désormais que leurs mômes ne feront pas mieux et qui vomissent d’un même mouvement les patrons, les Arabes, les riches, les assistés, la terre entière. C’est l’histoire d’un monde qui finit. Avec une fille, un Colt .45, la neige.

Éditions Actes Sud, 2014, 368 pages, 22,50 € / Poche, 2016, 9,70 €