Pacte Territorial France Rénov’ Vosges Centrales : quel bilan ? Réponse avec la Maison de l’Habitat et du Territoire Épinal

En juillet 2025, la Communauté d’Agglomération d’Épinal, les Communautés de Communes de Mirecourt- Dompaire et de la région de Rambervillers se sont associées en signant le Pacte territorial France Rénov' Vosges Centrales porté par l’Anah. Un an plus tard, ce qui s’initiait, dans le contexte d’alors, comme une démarche audacieuse et ambitieuse est arrivé à saturation. Raphaël Michelet, vice-Président à l’Habitat (à gauche), et Adrien Laroque, Responsable du Service Public de l’Habitat (à droite), en expliquent les raisons et formulent des solutions pour y remédier.

Épinal

Maison de l’Habitat et du Territoire

Rédacteur 100 % Vosges

Rédigé par Francoise Fontanelle

Le 2 septembre 2026

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Un an après le lancement du Programme d’Intérêt Général Territorial que trois nouveaux EPCI* avaient rejoint, quels sont les premiers résultats ou constats ?

Raphaël Michelet – Nous venons de faire notre premier bilan annuel. Force est de constater que nos objectifs ne sont pas atteints. Dans les Vosges, les délais d’instruction d’un dossier MaPrimeRénov’ par l’État via l’Anah sont estimés à un an. Cela pose de réels problèmes car, dans ces conditions, les demandes de Prêts à Taux zéro sont hors délais et les devis des artisans sont devenus caduques.

Quelle est la cause de ces retards de traitements ?

R. M. – Le Pacte territorial France Rénov’ Vosges Centrales nous a permis d’ouvrir sept permanences et d’engager un soutien financier exceptionnel. Nous avons donc respecté nos engagements en mettant les moyens sur ce qui était prioritaire : la lutte contre la précarité énergétique et l’adaptation de notre territoire au changement climatique. En revanche, l’État n’a pas respecté les siens. La multiplication des lois de programmation énergétique et la remise en cause régulière des stratégies et des moyens budgétaires alloués par les gouvernements successifs ont impacté les délais d’instruction des dossiers MaPrimeRénov’.

Adrien Laroque – Cette instabilité a empêché l’ensemble des acteurs – collectivités, artisans et opérateurs – de s’inscrire sur une trajectoire commune et de développer une action cohérente, structurée et efficace, indispensable pour atteindre des résultats tangibles à moyens et longs termes. D’autre part, en 2025, l’arrêt de MaPrimeRénov’ en raison de l’ampleur du démarchage d’entreprises frauduleuses a empiré la situation. C’est non seulement dommageable pour le personnel qui intervient sur les dossiers, mais pour toute la filière, car ces derniers mois les lignes directrices ont volé en éclats, avec le risque que ces délais découragent les ménages candidats à la rénovation.

Quand peut-on espérer un retour à la normale ?

R. M. – Actuellement, un apurement des dossiers déposés en 2025 peut être espéré pour 2027, et un retour à la nor- male pour les dossiers déposés à partir de juin 2027, c’est- à-dire des délais de trois mois. Mais nous n’en avons pas la certitude. Ceci dit, les équipes de la Maison de l’Habitat restent mobilisées pour continuer à offrir un service de ré- novation de l’habitat engagé, neutre et indépendant, et pré- senter un rempart indispensable face à la fraude. Mettre en place ces dispositifs et aider les collectivités locales sur le sujet de la rénovation est une très bonne chose, mais nous ne pourrons poursuivre cet engagement sans une politique nationale stable et une prévisibilité des moyens disponibles.

Vous dites que, malgré ce contexte, le dispositif est opé- rationnel. Est-il bien identifié par les habitants ? Pouvez- vous nous donner une idée de la fréquentation de la Maison de l’Habitat et du Territoire à Épinal…

R. M. – La Maison de l’Habitat a accueilli 1 242 ménages en 2025, et déjà 700 depuis le début de l’année 2026. Au total, 700 ménages ont bénéficié d’un conseil personnalisé.

Pouvez-vous nous rappeler brièvement en quoi consiste l’accompagnement ?

A. L. – Lors d’un entretien, sur rendez-vous, d’une à deux heures, nos conseillers vont pouvoir analyser leur situation, identifier leurs besoins et définir le parcours de rénovation le plus adapté à leurs besoins. En 2026, 246 ménages en ont déjà bénéficié malgré le contexte évoqué.

Concrètement, combien de projets sont susceptibles de bénéficier d’aides financières ?

A. L. – Grâce à l’accompagnement technique assuré par la Maison de l’Habitat et du Territoire, 229 projets de rénovation énergétique ou d’adaptation au handicap devraient bénéficier des aides de l’État et de l’Agglomération dans le cadre du Programme d’Intérêt Général Pacte Territorial.

R. M. – Ces résultats montrent que le service rendu par les équipes France Rénov’ de la Maison de l’Habitat aux habitants des trois in- tercommunalités a été maintenu et permettra à de nombreux mé- nages de concrétiser leur projet de rénovation.

Qu’est-ce qui permettrait d’éviter la situation que nous vivons depuis quelques mois ?

R. M. – Je dirai d’abord que l’idée du guichet unique est extraordinaire, car les conseillers sont indispensables pour avoir en main son projet de rénovation et en comprendre les tenants et les aboutissants. C’est justement parce que les acteurs locaux animent les permanences France Rénov’ sur leur territoire, qu’ils peuvent être force de proposition pour simplifier cette aide indispensable et précieuse qui va dans le sens de l’intérêt général et envisager une autre vision du dispositif. Celle-ci pourrait consister en un basculement des aides financières vers des outils qui faciliteraient le contrôle de leur bonne utilisation et permettraient de s’assurer que ces financements contribuent à la réalisation d’un projet performant.

A. L. – C’est une piste pertinente, car comme nous venons de l’ex- pliquer, le marché des travaux est faussé par le dispositif, et les entreprises RGE locales finissent par se désintéresser des chan- tiers MaPrimeRénov’ et perdent du chiffre d’affaires.

Néanmoins, le vrai sujet, c’est que l’on ne peut pas continuer à se contenter d’opposer les énergies. Il est impératif de concilier les aides à la rénovation avec une approche sobre. Le chauffage doit être notre dernière préoccupation. Ce qui doit d’abord nous animer, c’est d’avoir des logements anciens parfaitement isolés etbien ventilés qui limitent drastiquement les besoins en chauffage, voire de s’en passer dans le cadre de maisons passives.

MAISON DE L’HABITAT ET DU TERRITOIRE
1 av. Dutac à Épinal
Tél. 03 29 81 13 40 habitat@agglo-epinal.fr 

agglo-epinal.fr

Rédacteur 100 % Vosges

Article rédigé par

Francoise Fontanelle

Le 2 septembre 2026

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