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On l’aime ou on le déteste : LE CROP TOP

Le 11 mars 2026 par Francoise Fontanelle
Chloé printemps-été 2026. Courtesy of Chloé

Cette petite pièce du dressing qui dévoile le ventre et le nombril ne fait pas l’unanimité. Associée à la culture populaire, à la jeunesse et à la liberté dans les films et les pubs, ce vêtement est aussi décrié pour sa vulgarité, quand ce n’est pas pire. Synonyme de Lolita, à son évocation les plus de 30 ans font des mines dégoutées et souhaiteraient tout bonnement l’interdire, taxant celles qui l’osent encore d’ado attardées…

Évoquer le crop top, c’est se poser quelles questions ?

Pour trouver la réponse, il faut, comme bien souvent, remonter le temps. C’est un fait, le crop top, contrairement à ce que l’on pense, ne date pas d’hier.

Un vêtement féminin traditionnel

On le trouve dans les tenues traditionnelles indiennes, porté juste sous le sari, et au Moyen-Orient. En 1880, il entre en scène grâce à une femme d’affaire libano-syro-égyptienne surnommée la reine de la danse orientale. Le monde entier découvre le bedlah, treize ans plus tard, lors d’une représentation de danse du ventre pendant l’Exposition universelle de Chicago ; mais jugé trop exotique, le crop fait un flop !
Madeleine Vionnet, une des figures les plus admirées de la haute couture parisienne dans les Années folles, fera sensation en créant la première une robe de soirée laissant le ventre apparaître, mais ses clientes lui préféreront ses coupes en biais et ses drapés.

Symbole du girl power

La pin-up américaine débarque dans une période où pénurie de textile, émancipation de la jeunesse, GI et rock ‘n’ roll se superposent, et s’approprie les standards sexualisés de la vahiné : mini short et brassière en bandeau. Mais, dans une Amérique puritaine, cela ne passe pas et la police du croptente de remettre dans le rang les jeunes new-yorkaises qui dévoilent leur abdomen… Trop tard ! Levent de rébellion qui porte la culture hippie, le scintillement décomplexé de la mode disco, les chanteuses sexy du hit- parade puis les girls bands l’imposeront, outre-Atlantique comme sur le vieux continent, comme le symbole de jeunes femmes qui s’assument.

Au tournant du second millénaire, le crop top passe les limites de la décence lorsqu’il entre dans le vestiaire de (trop) jeunes filles. La mode se plaît à sexualiser et à trans-former en Lolita bien malgré elles, ouvrant à d’autres questionnements bien légitimes.

Après un break, il reconquiert les catwalks.

Coloré, fleuri, structuré façon années 1980, frangé, blousé, asymétrique, etc. mis en valeur sur des mannequins aux jambes vertigineuses qu’un rien habille, les créateurs se le sont approprié avec style, glamour et sagesse. Reste à voir ce qu’en fera la fast fashion…

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