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Du Val-d’Ajol au Salon d’Automne de Paris, Antoine Aizier fait rayonner le dessin contemporain

Le 05 août 2026 par Adel Saoud
Le Vosgien Antoine Aizier et Véronique Almarine coordonnent la section Dessin du Salon d'Automne de Paris
© Christine LEEPINLAUSKY

Installé au Val-d’Ajol, le dessinateur Antoine Aizier est aujourd’hui coresponsable de la section Dessin du Salon d’Automne de Paris. À quelques mois de la 123ᵉ édition de cette manifestation artistique internationale, il revient sur son parcours, son engagement en faveur du dessin contemporain et son attachement aux Vosges.

(C) Christine LEEPINLAUSKY

Fondé en 1903, le Salon d’Automne est l’une des grandes institutions historiques de la création artistique française. Matisse, Rodin, Signac ou encore Vuillard ont notamment participé à son histoire. Plus de 120 ans après sa création, le Salon continue de réunir chaque année près de 1 000 artistes français et internationaux, répartis dans dix-neuf sections. Derrière l’exposition parisienne se trouve également une association d’artistes qui œuvre tout au long de l’année à la préparation et au renouvellement de cette manifestation historique.

Antoine, vous êtes aujourd’hui coresponsable de la section Dessin du Salon d’Automne de Paris. Comment un artiste installé au Val-d’Ajol en est-il arrivé à prendre ces responsabilités au sein d’une institution aussi prestigieuse ?

Depuis toujours, j’habite dans les Vosges. J’ai d’abord exposé au Val-d’Ajol, à Remiremont et dans plusieurs communes vosgiennes. Ensuite, j’ai présenté ma candidature au Salon d’Automne de Paris et elle a été retenue. J’ai tout de suite apprécié l’esprit de ce salon. J’y ai trouvé une véritable famille d’artistes. Ce n’est pas un salon comme les autres : il est organisé en plusieurs sections, ce qui permet de créer une vraie dynamique entre les disciplines.

J’y expose depuis 2020. Le Salon recherchait depuis plusieurs années des responsables de section. Avec Véronique Almarine, originaire de Vouvray, dans le 37, nous avons été retenus pour travailler en binôme. Au fil des éditions, nous avons pris de plus en plus de responsabilités et, depuis 2025, nous sommes coresponsables de la section Dessin. Ensemble, nous avons construit une section qui nous ressemble.

Concrètement, quel est votre rôle dans l’organisation de la section Dessin ? Comment se prépare une édition du Salon d’Automne ?

Avec Véronique, nous participons à la sélection des artistes et des œuvres au sein du jury collégial du Salon. Mais notre travail ne s’arrête pas à la sélection. Nous réfléchissons aussi à l’accrochage, à la scénographie et à la manière de faire respirer les œuvres afin que chaque artiste conserve son identité tout en s’intégrant dans un ensemble cohérent.

Nous suivons certains artistes d’une année sur l’autre, mais nous passons aussi beaucoup de temps à en découvrir de nouveaux. Nous prospectons régulièrement. Parmi les Vosgiens, Olivier Claudon a exposé avec nous l’an dernier, tout comme Benjamin Claudel. Nous essayons de faire venir le plus possible de bons dessinateurs du Grand Est. C’est un travail exigeant, mais passionnant., et puis avec Véronique, nous sommes très complémentaires.

Le dessin est devenu une section à part entière du Salon en 2014. Selon vous, qu’est-ce qui caractérise aujourd’hui le dessin contemporain ?

Cette année, nous présentons beaucoup d’illustrations et de dessins narratifs qui racontent aussi bien l’imaginaire que le réel. D’autres artistes proposent un travail plus contemporain, parfois abstrait, tandis que certains utilisent le dessin pour porter un regard sur l’actualité.

Nous ne défendons pas un courant en particulier. Au contraire, nous cherchons à faire dialoguer les styles et les techniques. Le dessin ne se résume pas au crayon : on retrouve aussi de l’encre de Chine, du pastel ou d’autres médiums, avec une préférence pour les œuvres réalisées sur papier.

Vous poursuivez en parallèle votre propre travail d’artiste. Comment conciliez-vous votre création avec vos responsabilités au Salon d’Automne ?

Mon travail personnel ne change pas. Je dessine tous les jours. Ce sont des œuvres très détaillées qui demandent parfois plusieurs mois de travail.

À côté de cela, nous échangeons régulièrement avec Véronique et je me rends de temps en temps à Paris pour les réunions. Ce n’est pas un frein à ma création. Au contraire, ce qui me plaît, c’est aussi de mettre en valeur d’autres artistes et de défendre le dessin. C’est un médium qui mérite d’être davantage reconnu.

Que représente pour vous le fait d’occuper cette fonction tout en restant profondément attaché aux Vosges ?

C’est quelque chose d’exceptionnel. Je n’aurais jamais imaginé représenter une institution aussi ancienne que le Salon d’Automne, dans une discipline que je pratique depuis toujours.

Aujourd’hui, avec Véronique, nous avons la responsabilité de mettre en avant les artistes, les tendances actuelles et de construire toute la scénographie de notre section. Nous tenons à présenter des univers très variés, des œuvres détaillées comme des créations plus colorées ou plus contemporaines. Nous voulons montrer toute la richesse du dessin.

De Paris à Tokyo, avant un retour dans les Vosges

L’activité d’Antoine Aizier dépasse désormais largement les frontières françaises. Le Salon d’Automne développe depuis plusieurs années des échanges internationaux, notamment à travers son partenariat avec le Club des Amis de l’Europe et des Arts (CAEA). Celui-ci permet chaque année à une importante délégation d’artistes du Salon d’exposer au National Art Center de Tokyo, tandis que des artistes japonais sont accueillis à Paris. Un échange franco-japonais dont Antoine Aizier a lui-même bénéficié et auquel il participera cette année pour la troisième fois

« J’ai exposé à Tokyo en 2023, puis de nouveau en 2025 où j’ai reçu un prix, le CAEA Award. J’y retourne une troisième fois cette année. En échange, une soixantaine d’artistes japonais viennent exposer au Salon d’Automne à Paris. Ce sont des échanges internationaux très enrichissants. Les Japonais ont une véritable culture du dessin et des arts. Ce n’est pas le cas de tous les salons, c’est une formidable opportunité. »

À la rentrée, Antoine Aizier retrouvera également son territoire. Du 11 septembre au 6 novembre, une quarantaine de ses œuvres, réalisées au cours des cinq à six dernières années, seront présentées au Conseil départemental des Vosges, à Épinal. Une exposition gratuite qui permettra de relier, à travers son parcours, le Val-d’Ajol, les Vosges, Paris et Tokyo.

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