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Confiserie des Hautes Vosges : 40 ans d’amour pour le savoir-faire

Le 03 juillet 2026 par Francoise Fontanelle
« Lorsque les gens viennent à la CDHV, ils ne viennent pas visiter un musée, mais une entreprise vivante.»
© CDHV

La Confiserie Des Hautes Vosges fait partie de ces entreprises où opère une magie toute particulière. Pour s’en rendre compte, il suffit de passer quelques minutes à la boutique, à Plainfaing, et d’observer clients et vendeuses… Depuis 1986, cette confiserie artisanale fait naître, par la qualité de ses produits et de son accueil, des sentiments de fierté, de reconnaissance et de complicité. Pour que la féérie soit totale, au moment de célébrer les 40 ans de l’entreprise familiale, sa présidente, Fabienne Picard, a concrétisé son rêve : proposer un nouveau bâtiment pour accompagner les visites par une scénographie autour du bonbon. Un challenge qui démontre qu’il est possible de concilier artisanat et innovation. Rencontre.

Fabienne Picard, quelle belle histoire que celle de la CDHV… Comment expliquez-vous un tel succès ?

La Confiserie Des Hautes Vosges, c’est tout d’abord une histoire familiale. Une entreprise artisanale créée, il y a donc 40 ans, avec le cœur, dans le but de pérenniser un savoir- faire qui datait de 1952. Son succès s’est construit autour d’une volonté de départ : montrer aux clients que la confiserie fabriquait bien les bonbons qu’elle vendait. C’est ainsi que les portes des ateliers de fabrication se sont ouvertes aux visiteurs et que les visites d’entreprise ont démarré ici, chez nous, à Plainfaing.

Et cela est rapidement devenu un phénomène… Au point de régulièrement devoir pousser les murs.

La transformation de l’entreprise s’est faite progressivement, au rythme de la croissance de l’entreprise. J’avoue que je n’ai jamais connu le bâtiment d’origine sans qu’il soit en travaux. Des travaux qui avaient toujours pour but d’améliorer l’accueil des visiteurs : un bâtiment en plus, un atelier de fa- brication supplémentaire, un agrandissement du magasin… Force était de constater, qu’il était devenu trop petit pour recevoir le nombre de visiteurs que l’on accueille chaque année – 300 000 en 2025 – et les quatre ateliers de fabrication ne nous permettaient plus d’augmenter le volume de production.
Des investissements étaient impératifs pour résoudre cette équation : comment continuer à accueillir plus de visiteurs dans de meilleures conditions ? comment répondre à la de- mande tout en continuant à fabriquer de manière artisanale et en préservant la tradition qui est notre ADN ? comment marier tradition et innovation ? C’était mon challenge personnel.

Ce bâtiment, qui a lentement pris forme dans votre esprit avant de se concrétiser aujourd’hui, inaugure un nouveau chapitre de l’histoire de la CDHV. Que traduit-il de votre vision en tant que cheffe d’entreprise ?

Ma vision de l’entreprise consistait à nous donner les moyens de progresser tout en conservant notre mode de commer- cialisation qui repose sur les circuits courts – du producteur au consommateur –, car nous ne travaillons pas avec la grande distribution. Conserver notre magasin, la vente à dis- tance via le site internet et notre présence très forte sur les foires commerciales, les marchés et les salons.

Au-delà de la gestion de toutes ces problématiques liées à l’entreprise, je tenais aussi à apporter un côté féérique et magique à nos visites… Ce projet mûrissait dans ma tête depuis dix ans. Et, un beau jour, j’ai pris un papier et un crayon, et je l’ai écrit. Et puis, forcément, la question de le concrétiser s’est posée.

Sans cette première génération, la confiserie ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui

L’année anniversaire de l’entreprise en a été l’occasion…

Cette coïncidence, entre les 40 ans et l’arrivée du bâtiment, c’est le plus beau cadeau que l’on peut faire à l’entreprise. Ce nouveau bâtiment de 1 600 m2 traduit la vision de la seconde génération. C’est dans cet espace immersif, créé autour de l’univers du bonbon, qu’elle va pouvoir s’exprimer.

Au-delà de la visite des ateliers, vous proposerez une véritable expérience ?

Nous allons éveiller les cinq sens des visiteurs. Faire la part belle au massif des Vosges, aux abeilles avec la ruche et le travail des apiculteurs qui nous permettent de faire nos bonbons au miel… Il y aura également toute une partie consacrée à l’histoire du sucre, car la France est le premier pays producteur de sucre de betterave dans l’Union Européenne (la culture de la betterave sucrière à grande échelle avait été décidée par décret par Napoléon en 1811, ndlr), c’est ce que l’on pourra découvrir dans ce nouvel espace…

Et puis nous parlerons aussi du métier de confiseur, avec la présentation d’outils anciens par exemple. Pour autant, nous n’avons pas souhaité faire un musée. La CDHV est une entreprise vivante qui se visite. D’ailleurs, au cœur de cet immersion, les visiteurs auront accès aux trois ateliers de fabrication que nous avons créés pour accroître notre capacité de production.

Rappelons que le bâtiment d’origine a plus de 40 ans et qu’il n’était plus possible de l’agrandir. Nous avons donc construit le nouveau bâtiment – qui sera ouvert au public le 7 juillet prochain – de l’autre côté de la Meurthe. Cependant une an- née de travaux supplémentaire sera nécessaire pour relier ce nouvel espace au bâtiment historique par une galerie de liaison où nous raconterons l’histoire de la Confiserie Des Hautes Vosges.

Comment Jean-Marie Claudepierre, votre père et fondateur de la confiserie en 1986, a-t-il perçu ce projet ?

La scénographie, telle que nous l’avons conçue, était assez éloignée de son imaginaire et il lui a fallu, tout comme mon oncle, un peu de temps pour se projeter au travers des ma- quettes que nous lui présentions.

C’est lorsque nous avons fait le film qui le met en scène avec Pauline (la fille de Fabienne Picard) qu’il a saisi la genèse du projet, à savoir que, sans cette première génération, la Confiserie Des Hautes Vosges ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui.

Chaque jour, lorsqu’il se rend dans le bâtiment, il nous fait part de son émerveillement et attend avec impatience le moment où il pourra y accueillir les gens. Ce côté magique lui plaît, mais le plus important pour lui, c’est que la confise- rie conserve sa vocation première – la fabrication artisanale et la vente de bonbons – et son caractère familial.

Jean-Marie Claudepierre et sa petite-fille Pauline (scène extraite du film réalisé pour les 40 ans de l’entreprise).

Son ouverture est un moment attendu pour votre famille, mais aussi pour les 50 salariés de l’entreprise…

Nous faisons beaucoup d’accompagnement et de pédagogie autour de ce projet, d’abord sur papier puis sur place. En ce moment, je propose à qui le souhaite, en fin de journée, de m’accompagner pour voir l’avancement des installations. C’est un temps nécessaire, que je prends volontiers pour que chacun s’approprie ce nouvel espace qu’il devra faire vivre et présenter aux visiteurs pour qu’ils en profitent pleinement et l’apprécient.

Le territoire tient une place importante dans ce projet.

Nous avons tout pour faire sur notre territoire et je suis très fière de m’être entourée d’entreprises vosgiennes pour faire sortir ce bâtiment de terre. Ces entreprises sont professionnelles et fiables, aussi je n’avais aucune raison de me couper de cette possibilité de travailler en circuit court, car c’est porteur et cela génère de la fierté pour tout le monde.

Qu’est-ce qui a été le plus fondamental dans ce projet ?

Le cœur du sujet, c’était de réussir à unir la tradition et l’innovation. Mais aussi d’accueillir plus de gens et mieux, en restant le plus humain possible. Lorsque les gens viennent à la CDHV, ils ne viennent pas visiter un musée, mais une entreprise vivante. Une entreprise où l’on travaille, où ce sont les salariés qui font vivre la visite en les accueillant, en leur expliquant nos bonbons et leur métier, et en parta- geant leur quotidien avec eux. C’est justement ça qui a de l’impact, et il n’est pas question, demain, d’embaucher des guides… Cela doit rester une visite d’entreprise et c’est pour cette raison que je souhaitais que les trois ateliers en activité soient visibles. Lorsque les visiteurs seront au centre de cet espace, ils seront avant tout dans un lieu où des salariés fabriquent des bonbons qui seront vendus ; pas dans une mise en scène avec des figurants.

Par ailleurs, l’espace scénographique est plein de poésie. On peut même avoir l’impression d’être dans le célèbre film de Tim Burton…

Si seulement, j’avais pu grimper en haut de l’arbre pour faire s’envoler les bonbons que l’on fait pousser sur ses branches ! (Rires). L’arbre à bonbons porte une symbolique énorme. Ses racines, ce sont mes grands-parents et arrière-grands-parents. Son tronc, ce sont les fondateurs de la CDHV : mon père, sa sœur et son frère. Les branches représentent la deuxième génération et cette possibilité, pour la confiserie, d’évoluer en s’élevant vers le ciel.

J’en suis très fière. Les bonbons s’offrent avec le cœur, et, dans cet arbre, il y a un cœur qui bat pour rappeler qu’il faut faire les choses avec amour…

Comment voyez-vous la Confiserie Des Hautes Vosges dans cinq, dix ans, voire plus ?

Je me projette toujours dans l’avenir pour anticiper les défis qui se présenteront à nous : conserver notre autonomie financière en préservant les circuits courts, veiller au caractère familial de l’entreprise – même s’il encore tôt pour dire si nos enfants auront envie de poursuivre cette aventure. C’est aussi de conserver notre capacité à nous améliorer et à conserver le niveau d’excellence qui fait notre réputation et nous permet de travailler avec des entreprises comme Disneyland Paris ou d’obtenir le label Entreprise du Patrimoine Vivant en juin 2025. Si un jour nous devons nous ou- vrir à l’international, je ferai en sorte que ce soit toujours dans cette optique, pour être présents dans de belles boutiques. Pour que les gens qui goûteront nos bonbons au Japon, au Canada ou ailleurs, se disent « un jour, quand je viendrai en France, je visiterai la Confiserie Des Hautes Vosges », pas pour faire du volume. Le massif des Vosges est extraordinaire, contribuer à le faire connaître dans une dynamique de tourisme responsable est essentiel.

Pour cela, il faut avoir une équipe jeune, impliquée et dynamique qui nous suit dans notre vision et prend soin de nos clients. Comme mon cousin Pascal le fait avec l’enthousiasme qui le caractérise lorsqu’il s’agit de créer un nouveau bonbon ou d’aller faire rayonner nos bonbons dans les foires gastronomiques… Je ne peux pas être à la caisse, à la vente, à la visite et je peux compter sur cette équipe pour représenter l’entreprise et la famille. Aujourd’hui j’ai cette chance, et je souhaite que ce soit encore le cas dans 10 ans.

OUVERTURE DU NOUVEL ESPACE SCÉNOGRAPHIQUE LE 7 JUILLET

Confiserie Des Hautes Vosges

3074 route de Gérardmer – Habaurupt – à Plainfaing Tél. 03 29 50 44 56 – www.cdhv.fr

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