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Championnats du monde Granfondo : le Bruyérois Matthieu Deloy grimpe vers les sommets !

Le 19 juillet 2022 par Antoine Frêlon
Matthieu Deloy défendra les couleurs de la France aux Championnats du monde Granfondo UCI.
Matthieu Deloy défendra les couleurs de la France aux Championnats du monde Granfondo UCI.

Entre les Vosges et la Haute-Saône, il avale les kilomètres et les dénivelés sans compter. Coureur cyclosportif licencié au club de La Route d’Archettes, il a pu, grâce à ses récentes bonnes performances sur la Granfondo des Vosges, se qualifier pour les championnats du monde amateur de cyclisme sur route. Entre l’étape du tour à laquelle il vient de participer, sa passion pour le vélo et pour les Vosges, nous faisons le point avec Matthieu Deloy à deux mois des championnats du monde.  

Les Championnats du monde

Matthieu Deloy, grâce à vos performances vous avez été qualifié pour les championnats du monde qui se dérouleront le 18 septembre prochain en Italie. Pouvez-vous nous expliquer comment vous en êtes arrivé là ?

C’est grâce à la course Granfondo Vosges qui se déroulait à La Bresse, le 15 mai dernier. Pour se qualifier aux championnats du monde, il fallait faire parti des 20 % meilleurs de sa catégorie d’âge. Donc grâce à ma 8e place sur 126 participants parmi les 35-39 ans, j’ai pu me qualifier pour aller aux championnats du monde Granfondo UCI en Italie.

Est-ce la première fois que vous participez à un évènement d’une telle envergure ? 

Oui, ça va faire 3 fois que je me qualifie mais je n’ai jamais participé aux championnats du monde. En fonction d’où se déroulent les championnats du monde et selon les parcours, je choisis d’y participer ou non. Cette année c’est en Italie donc on va dire que ce n’est pas très loin. De plus, ça va être un parcours montagneux qui correspond vraiment à ce que je recherche. Le dénivelé, c’est vraiment ça qui m’a attiré. Le parcours fait 145 kilomètres avec 3 900 mètres de dénivelé positif donc c’est vraiment ces deux choses-là qui ont consolidé mon choix de participer à un tel évènement.

On le disait, vous avez eu de très bon résultat pendant vos courses cette année (victoire lors du 12e prix de la ville de Saulcy-sur-Meurthe, 17e au scratch Cyclosportive ou encore 32e au scratch des trois ballons Santini sur 1925 participants), quels sont vos objectifs sportifs pour cette course ?  

Cette course va bien évidemment être plus difficile que celles auxquelles j’ai pu participer. Sachant que déjà, dans les Vosges, je fais 8e de ma catégorie et qu’il va y avoir du monde en plus, si j’arrive à décrocher un top 20 je pense que ça serait bien. Mais je n’ai pour le moment pas encore de référence à ce niveau-là. Donc pour répondre à votre question, on va dire au moins top 20.

Quel est votre état d’esprit à 2 mois du début de la course ?

Je suis plutôt bien et confiant. Là je reviens de deux courses dans les Alpes. La Marmotte, une cyclosportive très réputée où je me suis classé 36e au scratch, ce qui est un bon résultat. Et j’ai fait l’étape du tour y’a un peu plus d’une semaine. J’étais capitaine d’un groupe donc je devais rouler en dessous de mes réelles performances mais j’ai quand même bouclé la course en étant 320e au scratch. En ce moment je suis plutôt sur une bonne dynamique donc j’espère que ça va se poursuivre jusqu’aux championnats du monde en septembre.

Vous le disiez justement, ça fait deux fois que vous êtes contraint d’annuler votre participation aux championnats du monde, entre autres à cause du coût (voyage, matériels, alimentation…) Cette année, comment comptez-vous financer le voyage ?

Comme vous dites c’est très coûteux. Déjà on est obligé de courir avec les cuissards de l’équipe de France, ce qui est normal, mais ce sont des choses que nous devons acheter en plus. Ajoutez à cela le déplacement, l’hébergement… Donc pour essayer de pallier cela, j’ai fait une cagnotte Leetchi que j’ai diffusée à mon entourage et sur Facebook. Bien-sûr, cela ne couvrira pas la totalité des dépenses, mais tout ce que je vais récolter permettra d’aller plus sereinement en Italie pour ces championnats du monde.

L’étape du Tour

Le 10 juillet dernier, vous avez participé à l’étape du Tour, entre Briançon et l’Alpes-d’Huez. Quelles sensations avez-vus eu ?

Je devais déjà y participer en 2019, sur l’étape d’Annecy, malheureusement annulée à cause du COVID, mais remplacée cette année par l’étape Briançon – Alpes-d’Huez. On est donc passé par le col du Lautaret, le col du Galibier, col de la Croix de Fer et on a fini par la montée de l’Alpes-d’Huez. J’y ai participé, par le biais de la FFC, en tant que capitaine de route, dans le sas numéro 5 sur 15. Donc l’esprit c’était plutôt d’amener un groupe à réussir ce défi qui n’est pas anodin. Faire une étape du Tour ce n’est jamais anodin ! Mon rôle était de les emmener et de les motiver pour qu’ils repoussent leurs limites et qu’ils aillent jusqu’au bout de cette étape. En ce qui me concerne, c’était un entraînement en endurance basse, ce n’était pas une course.

Pouvez-vous nous expliquer plus en détail en quoi consiste votre rôle de capitaine de route ?

J’étais là pour leur dire qu’ils n’oublient pas de s’alimenter ou de boire. Et puis quand ils avaient des petits coups de mou, je les motivai ou je leur disais de tenir pour qu’ils puissent arriver au bout du défi qu’ils s’étaient lancé.

Vous le disiez, une étape du tour ce n’est pas anodin. Là vous avez parcouru 167 km et près de 4 700 m de dénivelé positif cumulé où on a vu beaucoup de coureur professionnel se casser les dents. Où est-ce que vous allez puiser vos ressources pour clôturer de telles étapes ?    

Pour moi, les efforts longs sont ceux qui me conviennent le mieux en général. Plus c’est long et mieux je suis. Je m’entraine souvent en faisant de la longue distance donc mon corps doit être habitué à ce genre d’effort. C’est là où je suis le plus performant avec la montagne, plutôt que sur des distances type FFC courtes. C’est un type d’effort qui me convient.

Sa passion pour le vélo

Depuis quel âge faites-vous du vélo ?

Quand j’ai commencé le sport, je jouais au football car je venais d’une famille de footeux. Et, j’ai commencé le vélo vers 24-25 ans dans la deuxième partie de mes études, quand je suis parti à Nancy où je ne pouvais plus trop jouer au foot. Et en revenant, c’est là que j’ai vraiment commencé le vélo. Au début, je n’étais dans aucun club. Puis, je me suis licencié pour faire des courses FFC dans le coin. Ça me plaisait mais ce n’était pas forcément là où je prenais le plus de plaisir. En revanche, après j’ai commencé à participer à des cyclosportives et c’est là que j’ai vu que j’avais plus d’aptitudes et que j’étais plus performant sur ce type de course. Et depuis, je ne fais quasiment que des cyclosportives montagneuses et assez longues.

Combien de kilomètres faites-vous par an ?

Ça varie en fonction des hivers mais, en général, je fais au minimum entre 12 000 et 15 000 kilomètres par an. 

Aujourd’hui est-ce que vous vivez de cette passion ?

Au vu de l’âge que j’ai, je n’en vivrai jamais (rire). Après, c’est vraiment une passion, le plaisir d’aller rouler dans les Vosges, les Hautes-Vosges et en Haute-Saône, comme je travaille là-bas. J’adore découvrir des coins tranquilles où il n’y a pas beaucoup de circulation. Découvrir notre région, en passant sur de nombreuses routes que je n’aurais sûrement jamais empruntées en voiture.

Et justement, quel est votre coin préféré pour aller faire du vélo ?

C’est vrai que la route des Crêtes, dans les Hautes-Vosges, avec le Petit Ballon et le Platzer, sont vraiment des coins sympas. Après pour la semaine, comme je suis plus en Haute-Saône, ça sera le plateau des Milles étangs où je trouve des routes sans voitures et quasiment sans civilisation, où on prend réellement du plaisir.

Championnats du monde Granfondo UCI
Du 15 au 18 septembre
Les Albere, Trente, Italie
https://trento2022-ucigranfondoworlds.it/
Cagnotte Leetchi pour soutenir Matthieu Deloy : www.leetchi.com

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