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Le Mudaac d’Épinal rend hommage à l’artiste Jacques Villeglé

Le 04 juillet 2022 par Jordane Rommevaux
Hommage à Jacques Villeglé, au Mudaac d'Épinal.
Hommage à Jacques Villeglé, au Mudaac d'Épinal.

Le Musée départemental d’art ancien et contemporain (MUDAAC) rend hommage à l’artiste français Jacques Mahé de La Villeglé, de son vrai nom, décédé à l’âge de 96 ans, le 6 juin dernier.

Figure majeure du Nouveau Réalisme – mouvement phare dans le Paris des années 1960, symbole de la postmodernité récente – il incarne, avec Daniel Spoerri, Yves Klein, Niki de Saint Phalle, Jean Tinguely, Martial Raysse ou Gérard Deschamps, une nouvelle génération d’artistes, engagés, utilisant des matériaux de récupération, volontiers ironiques et désacralisant le geste artistique. À l’heure où l’abstraction règne en maître à Paris, ils proposent un art alternatif, ancré dans leur époque, qui fait entrer le quotidien dans le champ de la création. 

Villeglé débute douze ans plus tôt, au côté de son ami Raymond Hains, rencontré en 1945 à l’école des Beaux-Arts de Rennes. Un jour, près de la Coupole, à Montparnasse, ils récupèrent une affiche, en la décollant du panneau. Cet acte marque le début, pour Jacques Villeglé, d’une longue série d’œuvres réalisées à partir d’affiches altérées par les conditions climatiques ou lacérées par des passants anonymes. Une fois prélevées du mur, les affiches sont recadrées, puis marouflées sur toile pour devenir un tableau. Chaque œuvre a pour titre l’endroit où l’affiche a été trouvée.

Ainsi, l’affiche conservée au MUDAAC « Aux Buttes Chaumont » (1972) résulte de lacérations de mains anonymes sur une affiche de cinéma prélevée dans le quartier des Buttes-Chaumont, où apparaissent encore les noms d’Orson Welles et d’Alain Delon.

Toujours poussé par cette volonté de montrer l’art dans la ville, Villeglé invente, à la fin des années 1960, l’Alphabet socio-politique, une nouvelle typographie peuplée de signes et de symboles.

« En 1969, quand j’ai réalisé que je pouvais créer un nouvel alphabet qui serait appelé socio-politique, j’ai saisi que je pouvais amener un élément nouveau dans la façon de raconter l’histoire actuelle. De créer un alphabet après les alphabets zoomorphiques, anthropomorphiques, cela me faisait comprendre que la fin de la calligraphie n’était pas prête et qu’il pouvait y avoir un renouvellement ».

Contrairement aux affiches lacérées exposées telles qu’elles ont été trouvées, l’alphabet socio-politique est une transcription de signes relevés sur les murs, puis devenus écritures. Il ne s’agit pas ici d’appropriation mais plutôt d’une démarche élaborée dans un esprit encyclopédique. Sélectif, cet alphabet repose sur un principe simple : ajouter ou substituer à chaque lettre (sauf le J) un ou plusieurs signes de silhouette ressemblante, repérés sur les murs de la ville et puisés dans la culture populaire.

Le « Mémorial sociopolitique » (2008) de Jacques Villeglé, exposé dans le jardin du MUDAAC, utilise ce même procédé typographique, mettant à l’honneur les artistes et mouvements représentés dans la collection d’art contemporain du musée spinalien.

Celui qui a fait de Paris et de ses rues son atelier à ciel ouvert, a posé à plusieurs reprises ses valises à Épinal, notamment en 2008, à travers une rétrospective, la première de sa carrière.

Le MUDAAC propose, au public, plusieurs rendez-vous autour de ce grand artiste. Au programme : lundi 04 : conférence à 18h.

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