À la salle des fêtes de Bussang, des contes pour repenser la cohabitation entre humains et animaux

Le vendredi 30 octobre, le Parc naturel régional des Ballons des Vosges propose « ESOD, espèce susceptible d’occasionner de la débrouillardise », un spectacle de Kathleen Fortin qui interroge notre regard sur les animaux considérés comme indésirables. À travers trois contes, la conteuse invite petits et grands à réfléchir à la cohabitation entre humains et faune sauvage.

Bussang

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Rédacteur 100 % Vosges

Rédigé par Adel Saoud

Le 23 octobre 2026

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Kathleen Fortin invite à repenser notre regard sur les animaux à travers trois contes consacrés à la cohabitation entre humains et faune sauvage | © KF

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Qui décide qu’un animal est nuisible ? Et si celui que l’on cherche à éloigner ne faisait, finalement, que tenter de survivre dans un environnement que nous partageons avec lui ? C’est autour de ces questions que Kathleen Fortin a construit « ESOD, espèce susceptible d’occasionner de la débrouillardise », un spectacle de contes présenté vendredi 30 octobre à 18 h, à la salle des fêtes de Bussang.

À l’origine de ce projet, une enquête de trois ans menée par la conteuse sur le monde de la chasse, auprès de ses partisans, de ses opposants et de personnes sans avis tranché. Elle découvre alors que certains animaux sont considérés comme nuisibles dans une région, mais pas dans une autre. Une distinction qui l’interpelle, tout comme le vocabulaire employé. « On ne chasse pas un nuisible, on le détruit », relève-t-elle.

Cette réflexion ne l’a pas conduite à prendre position contre la chasse. Elle l’a plutôt amenée à s’interroger sur les relations entre humains et animaux, notamment lorsque leurs besoins entrent en conflit. « On est sûrement tous des nuisibles de quelqu’un », résume-t-elle.

Trois contes pour changer de point de vue

Pour donner corps à cette réflexion, Kathleen Fortin a imaginé trois histoires inspirées de comportements animaliers et des relations entre humains et animaux. Le spectacle met notamment en scène des situations de cohabitation difficiles, entre un couple confronté aux visites d’un renard et d’un blaireau dans son potager et son poulailler, ou encore un sanglier qui tente de survivre alors qu’il n’est le bienvenu ni dans la forêt du forestier ni dans les champs de l’agriculteur.

La conteuse évoque également l’intelligence et les capacités d’adaptation de certaines espèces. Elle cite ainsi l’exemple de corbeaux qui attendent le feu rouge pour profiter du passage des voitures et casser des noix. Une anecdote qui illustre, à ses yeux, leur faculté à tirer parti de leur environnement.

Dans les histoires qu’elle raconte, les animaux ne sont donc pas seulement définis par les dégâts qu’ils peuvent occasionner. Ils deviennent des personnages qui cherchent à se nourrir, à se protéger et à trouver leur place. « C’est une ode à la cohabitation, au bon voisinage », explique Kathleen Fortin.

Le conte permet d’aborder ces questions sans imposer une lecture unique. Les enfants peuvent suivre les aventures des personnages, tandis que les adultes sont davantage susceptibles d’y reconnaître des situations familières ou des parallèles avec les relations humaines. « Essayons d’apprendre à vivre ensemble », invite la conteuse, tout en rappelant que ses histoires restent des métaphores et que la réalité est bien plus complexe.

La culture pour questionner notre rapport au vivant

Cette démarche rejoint les réflexions du Parc naturel régional des Ballons des Vosges sur la place de l’humain dans son environnement. Pour Clément Bellefleur, chargé de mission au sein du Parc, le recours au conte permet d’aborder la cohabitation avec la faune sous un angle différent des approches habituelles.

« Dans ces contes, on renverse la place de l’homme et de l’animal. Cela permet de revoir notre représentation du vivant », souligne-t-il.

Les questions liées à la biodiversité sont souvent abordées sous un angle scientifique, notamment lorsqu’il s’agit de comprendre ou de gérer les relations entre les activités humaines et la faune sauvage. Le spectacle ouvre une autre voie, plus sensible, qui laisse à chacun la possibilité de s’interroger à son rythme.

« C’est un moyen de créer des passerelles pour traiter cette thématique de cohabitation », poursuit Clément Bellefleur.

Le Parc accorde ainsi une place à la culture dans ses actions autour du vivant, du territoire et des relations entre les humains et leur environnement. L’objectif n’est pas d’apporter une réponse définitive aux conflits qui peuvent opposer les activités humaines aux animaux, mais de susciter la réflexion et le dialogue.

Des contes à la quiétude de la faune sauvage

Le spectacle s’inscrit dans la démarche Quiétude attitude, un programme qui vise à sensibiliser le grand public aux comportements permettant de limiter le dérangement de la faune sauvage lors des activités de pleine nature.

Cinq réflexes sont notamment préconisés : se renseigner sur les zones de quiétude, rester sur les sentiers balisés, respecter le silence, tenir son chien en laisse et privilégier les activités en journée.

Avec cette représentation, le Parc complète son travail de sensibilisation par une approche artistique. Car mieux cohabiter avec les animaux suppose aussi de comprendre leurs comportements et de questionner les représentations que nous avons d’eux.

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Informations pratiques

  • Spectacle : ESOD, espèce susceptible d’occasionner de la débrouillardise
  • Date : vendredi 30 octobre 2026 à 18 h
  • Lieu : salle des fêtes de Bussang
  • Durée : 50 minutes
  • Public : à partir de 7 ans
  • Tarif : gratuit
  • Réservation : inscription obligatoire, dans la limite de 100 participants, auprès du Parc naturel régional des Ballons des Vosges.

Les inscriptions sont accessibles sur On se Capte.

Rédacteur 100 % Vosges

Article rédigé par

Adel Saoud

Le 23 octobre 2026

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