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Didier Lemaire, président du MEDEF Vosges : “L’isolement des dirigeants est aujourd’hui l’un des vrais risques pour nos entreprises”

Le 10 avril 2026 par Francoise Fontanelle
Didier Lemaire, président du MEDEF Vosges
© MEDEF Vosges

Dans un contexte économique tendu, aggravé par un choc géopolitique inédit, Didier Lemaire est sans ambiguïté : un dirigeant isolé est un dirigeant fragilisé. A la tête du MEDEF Vosges, il défend une conviction portée jusqu’àBruxelles : créer du lien sur le territoire, peser sur les décisions qui s’y prennent, et recréer une dynamique collective.

On sent aujourd’hui une certaine inquiétude chez les dirigeants. Est-ce votre constat ?

Oui, clairement. Il y a une forme de tension qui s’installe, nouvelle dans sa nature. Ce n’est plus seulement une question de recrutement, de marges ou de carnet de commandes. Ce que je ressens surtout, c’est que beaucoup de dirigeants affrontent tout cela seuls. Et ça, c’est le vrai risque. On peut être compétent, engagé, solide : si on reste isolé trop longtemps, on rate des signaux, on passe à côté de solutions qui existent pourtant juste à côté.

Un dirigeant isolé est un dirigeant vulnérable. Le réseau n’est plus une option, c’est une condition.

Le réseau devient donc un levier stratégique ?

Plus qu’un levier, c’est le socle. Aujourd’hui, les organisations qui durent sont celles qui savent connecter les bonnes intelligences au bon moment. Le réseau ne sert pas qu’à échanger : il permet de décoder ce que les autres ne voient pas encore, d’accéder à des décisions qui se prennent ailleurs, de peser collectivement là où seul on ne pèse rien. Dans les Vosges, on a la culture de l’effort et de l’engagement. Ce qui nous manque parfois, c’est la fierté et la culture du partage. Et c’est aussi là que se créent durablement des avantages compétitifs et robustes.

Le MEDEF n’est pas un club. C’est un catalyseur territorial au service des entreprises. 

Justement, comment faites-vous évoluer le MEDEF Vosges ?

Nous sommes dans une temporalité inédite sur notre territoire : nouveaux élus portant la compétence économique, nouveaux maires, nouveau préfet, dirigeants qui attendent un soutien réel des institutions. C’est le moment de créer un cercle de décision, où chaque acteur agit rapidement dans ses compétences pour une réussite collective avec de nouveaux adhérents. Voilà ma priorité.

L’attractivité du territoire est aussi un enjeu fort. Où en est-on aujourd’hui ?

Les Vosges ont des atouts, industriels, patrimoniaux, humains, mais nous sous-estimons collectivement leur puissance de rayonnement. L’attractivité ne se décrète pas, elle se construit par la preuve : des entreprises qui performent, des savoir-faire qui s’exportent, un cadre de vie qui retient les talents. C’est une dynamique globale, et c’est aux entreprises d’en être les premiers ambassadeurs.

Les Vosges et leurs dirigeants grandiront à la mesure de ceux qui choisissent de construire ensemble.

Quelle est votre priorité dans les mois à venir ?

Créer des liens par des rencontres qui brisent les silos, décloisonnent et nourrissent les dirigeants. Insuffler la compréhension des enjeux sociétaux. Enclencher une dynamique en élargissant la base de nos adhérents partout sur le territoire afin d’amplifier la puissance de notre réseau. Voilà ce qui donne du sens à mon engagement pour les Vosges.

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