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Débranche tout ! À la recherche du temps pour soi

Le 09 décembre 2025 par Francoise Fontanelle
© unsplash

Oui, le burn-out féminin existe bien. Sans vouloir semer la zizanie dans les couples, et même si des progrès ont été constatés par l’Observatoire des inégalités (mars 2025), 68 % des femmes assumeraient quotidiennement 1 à 3 heures de tâches ménagères, contre 43 % des hommes. 31 % (23 % pour les hommes), s’occuperaient tous les jours d’un ou de plusieurs enfants ou d’un proche dépendant. Cela, tout en jonglant avec un boulot souvent stressant. Pas étonnant que la fatigue se fait sentir, que les émotions s’emballent et que le mal-être s’installe (et avec lui ses symptômes : insomnies, irritabilité, problème de concentration, ressassement…). Pourtant, impossible de lâcher prise sous peine de donner l’impression que l’on n’est pas à la hauteur… Alors le plus souvent on nie ses limites, et on craque ! Comment revenir à un équilibre ? Accepter que tout ne soit pas parfait, revoir l’organisation domestique avec son conjoint, y faire participer les enfants qui grandissent, pour avoir du temps pour soi ! Au cœur de toute cette douleur, c’est bien de temps qu’il s’agit. Du temps nécessaire pour recharger les batteries, avoir une place à soi entre vie familiale et activité professionnelle. Pour y parvenir, il faut faire ce constat : la notion du temps a évolué. Avant les années 1990, le temps «s’écoulait», il «passait». Avec l’apparition des nouvelles technologies, on a commencé à «manquer de temps», à «perdre son temps», à vouloir à tout prix « gagner du temps ». Aujourd’hui, pas une semaine ne passe sans que l’on ait la sensation que « le temps passe toujours plus vite », que tout s’accélère, que les délais sont de plus en plus courts, voire intenables. On se sent happé, pressurisé ! L’instantanéité du numérique nous contrait à faire tout, tout de suite, nous propulse dans une gestion compulsive de nos activités. Pourtant la planète ne tourne pas plus vite et les journées font toujours 24 heures. Il est temps de retrouver un peu d’équilibre, d’écoute et d’harmonie. Pour cela, il faut s’autoriser à débrancher…

À la recherche du temps pour soi

Prendre un temps pour soi, ce n’est pas être égoïste !

Ce premier postula est indispensable à l’équilibre psychique et physique de chacun. Tout comme on a besoin de dormir, de s’alimenter, de rapports sociaux, on a besoin de faire des activités qui nous font du bien mais aussi de ne rien faire pour relier notre corps et notre cerveau, et se sentir épanouie et disponible pour les autres. C’est fondamentalement humain !

Un temps pour tout, du temps pour soi

Pour trouver des gisements de temps pour soi (ils existent forcément), il est nécessaire de comprendre l’origine de ce besoin, d’identifier les moments de la journée ou de la semaine où ils seraient propices. Ensuite seulement on peut les mettre en phase avec son emploi du temps, ses contraintes familiales et la possibilité d’avoir des ressources pour déléguer, par exemple, la sortie des classes à un proche en qui vous avez confiance.

Pour inscrire ces activités dans la durée, il est indispensable de se plier à une certaine assiduité. C’est cette régularité qui permettra d’installer une habitude ainsi qu’un rituel rassurant et complice au sein de la famille : « C’est jeudi, le soir de maman et des pizzas avec papa ! » et de se dire que, finalement, ce n’est pas le peine de culpabiliser.

Il y a aussi plein de petits moments que l’on peut s’accorder pour souffler. Des minutes précieuses qui peuvent être autant d’occasions de faire une pause de 10 minutes au calme pour lire un article, écouter un podcast ou une chanson, jouer avec son chien, voire faire le vide, respirer à fond, et juste goûter le plaisir de l’instant présent. Il suffit juste de se demander : « qu’est-ce que je peux faire pour moi qui me ferait plaisir ? ».

La liste de mes besoins et de mes envies

En listant les activités que ce temps retrouvé va nous permettre de faire, on fait aussi le point sur nos envies et nos manques. « Si je prenais sur ma pause déjeuner pour marcher… » Se souvenir que « J’aimais bien aller seule à la piscine. Après avoir enchaîné des longueurs, je me sentais beaucoup plus détendue et je dormais bien. » Prendre du temps pour soi réduit le stress et l’anxiété, permet d’être plus disponible et moins irritable. Il serait dommage de faire un burn-out domestique ! Alors pourquoi hésiterplus longtemps ?

Mettre le télétravail sur pause

Le télétravail marque encore plus la porosité entre vie personnelle et professionnelle. Différentes études ont d’ailleurs montré une augmentation du stress. Quelques conseils à destination des personnes se sentant obligées d’en faire plus qu’au bureau.

Se fixer des horaires de travail calés sur ceux du bureau, savoir déconnecter.

Relativiser les urgences et arrêter de penser que le DRH vous surveille.

S’autoriser de vraies pauses (5 à 10 minutes) et de vraies coupures pour le déjeuner (45 minutes minimum).

Arrêter de culpabiliser : ce «temps gagné » en évitant de passer du temps dans les transports ne justifie pas de travailler plus. Alors si vous en faisiez quelque chose avant ou après le boulot ?

CES PETITES CHOSES QUI FONT DU BIEN…

Savoir s’écouter

À force de se plier en quatre pour tout le monde, on finit par s’oublier soi-même. Alors n’attendez pas d’être au bout du rouleau pour entrer dans le sas de décompression. Chaque signe (agacement, stress, difficulté à s’endormir ou à se concentrer) doit être considéré comme une alerte au surmenage et géré pour ne pas s’aggraver.

Éprouver le besoin de recharger ses batteries ne doit pas rester sans réponse. Le fait de s’accorder un moment de liberté pour faire quelque chose qui nous plaît, c’est un premier pas pour rééquilibrer un quotidien encombré d’obligations et d’urgences que l’on n’arrive plus à prioriser.

Le temps pour soi n’est pas qu’une question de quantité et de planification. L’art de la pause se cultive tout au long de la journée. Trois, dix ou soixante minutes, chaque instant peut être bénéfique à condition de se l’accorder pleinement, surtout s’il correspond à notre rythme physiologique et que cette activité nous permet de mieux dormir par exemple.

Mes petits rendez-vous avec moi-même

Vous êtes du matin et vous aimez être tranquille pour pour prendre le petit déjeuner ? Faites-le ! Tout le monde appréciera de vous voir souriante et prête pour passer une bonne journée. Vous avez 15 minutes avant de partir au bureau ? Et si vous en profitiez pour faire une petite balade avec le chien ? Il vous montrera toute sa reconnaissance et vous donnera l’occasion de dire bonjour aux voisins. Un échange de sourires, c’est le gage d’une belle journée à venir.
La maison est calme et vous reste une heure avant le retour des enfants, pourquoi ne pas commercer le livre que l’on vous a offert à Noël… Raz le bol d’avoir la tête dans l’écran. ! Posez la souris et offrez-vous cinq minutes de respiration synchronisée. C’est les vacances scolaires, les enfants sont chez papy et mamie. Profitez-en pour aller au bureau à pied et appeler vos copines pour organiser ce resto promis depuis 6 mois.

Vous êtes crevée ? Allez-vous coucher, plutôt que de vouloir re- passer toutes ces chemises… Ok, alors faites-le stricte nécessaire. Les autres attendront bien ce week-end !

5 rituels pour déconnecter du boulot

Rentrer chez soi en laissant la journée de travail derrière soi permet de ne pas superposer deux charges mentales et évite les phénomènes de ressassement qui gâchent les nuits.

  • • Se changer et mettre une tenue confortable.
  • Couper les sollicitations professionnelles : mail, sms, appels
  • – Mettre de la musique en fond sonore, c’est moins invasif que les écrans.
  • • Penser aux moments qui vont vous faire plaisir : l’histoire racontée aux enfants, le bain bien chaud 5 qui vous attend, le plaisir de se retrouver pour
  • dîner et discuter du prochain week-end…
  • • Prendre le temps d’une tisane lorsque les enfants sont au lit pour clore cette journée en faisant du bien à son organisme et à son esprit.

ACCEPTER D’EN LAISSER POUR DEMAIN…

À bas le perfectionnisme !

Aujourd’hui encore, et même si ça paraît archaïque, une femme se doit faire passer ses enfants, son mari et sa maison avant elle. Ces croyances limitantes ont la peau dure, et (même inconsciemment) apportent leur lot de culpabilité. « Est-ce que les enfants souffriront de carences affectives si c’est mamie qui vient les chercher à l’école tous les jeudis ? Est-ce faire preuve d’incompétence si on passe l’aspirateur à 21 heures, ou si on demande à sa moitié faire les courses en milieu de semaine ? » Non. À moins que ce soit une question de fierté vis-à-vis de soi-même… Ce qui, par définition, ne concerne que la personne qui se colle la pression toute seule. Le monde et les résultats scolaires des enfants ne vont pas s’écrouler parce que maman a pris 30 minutes pour faire un truc qui lui permet de se ressourcer pendant que le lave-linge fait le taff !

Reconsidérer le partage des tâches et des responsabilités

Comme nous l’avons évoqué, même si la répartition des tâches n’est pas encore tirée au cordeau de l’équité parfaite dans tous les couples, cela va beaucoup mieux. Toutefois, certaines situations génèrent de la fatigue et de l’épuisement, notamment lors de changements de vie (lorsque la famille s’agrandit, que l’on déménage ou que l’on change d’emploi par exemple) et demandent un ajustement des habitudes décidées en commun.

Sans faire de reproches, en exposant ses difficultés, on peut faire évoluer les situations et trouver des solutions pour soulager l’un des partenaires/parents avant que celui-ci se ne sente découragé et dépassé. Bref, passer des attentes aux ententes. Cela peut consister à revoir la répartition en fonction des goûts et de l’emploi du temps de chacun, ou à décider ensemble de déléguer certaines corvées (ménage et entretien du jardin) pour avoir, à la fois, du temps pour soi, son couple et sa famille.

Répartir la charge mentale et les tâches ménagères, ce n’est pas qu’une histoire de savoir qui fera telle corvée et pourquoi, c’est surtout une question de respect. Cela demande d’accepter que l’autre ne fasse pas « tout à fait » comme soi, ce qui n’exclut pas de la reconnaissance et des remerciements…. Mais la pierre angulaire de cette belle organisation, c’est aussi de ne pas juger la qualité du temps que l’autre s’accorde. Car après tout, il ou elle fait comme vous : il « cultive son jardin ». Et c’est plutôt une preuve de sagesse.

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