Certains construisent des murs pour marquer des frontières. D’autres pour apprendre à vivre ensemble. Le mur d’Epinal fait partie de la seconde catégorie. Depuis trois saisons, il accueille des artistes de rue et promeut le street art. Le public en redemande ! 

Les béotiens l’ont parfois confondu avec les tags, fleurissant sur les façades d’immeubles et sous les ponts. Mais le street art, ce sont des œuvres d’art dans la ville. Un mur leur est donc dédié près de la BMI, du cinéma et de la Lune en parachute. Le gros avantage de cet art éphémère est d’être accessible à tout le monde.

Le public n’est pas intimidé à l’idée de pousser la porte d’une galerie d’art réservée à une élite intellectuelle. Plus d’une vingtaine de villes en France ont mis un mur à la disposition d’artistes. Le premier a vu le jour à Oberkampf sous l’impulsion de Bob Jeudy, créateur de la Lune en parachute.

« UN ART ÉPHÉMÈRE ACCESSIBLE À TOUT LE MONDE »

Cinq fois par saison, le mur palimpseste d’Epinal, (8 m X 3 m) est recouvert de peinture avant l’arrivée d’un nouvel artiste. Pour en garder une trace, le Mur propose à la vente des séries de 5 cartes postales des murs précédents (10 €).

Les artistes qui se succèdent ont des styles et des techniques différents : pochoir, bombe, collage, cutter, projection de dessin. Le mur lumineux de Jeff Aérosol récemment démonté a trouvé sa place au cinéma voisin. Il y a deux ans, le duo Evazesir a réalisé un mur en 3 D grâce à des objets récoltés à la déchetterie.

Le nonagénaire Jacques Villeglé préfère la technique des lais de papier collés et repeints sur place. Actuellement, la jeune hollandaise Judith de Leeuw projette les contours de son dessin avant de peindre à main levée les innombrables détails. Fin avril, le rebelle RNST artiste « provoc romantique » lui succédera. Puis fin juin, le portugais prolifique Pantonio, débutera la quatrième saison. On a déjà hâte d’y être !

Dans le parc entre la Plomberie et la BMI

46 b, rue Saint-Michel à Epinal

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