L'oeuvre de Kashink est visible jusqu'en mars sur le Mur à Épinal.

Kashink est une artiste street art trentenaire singulière. Depuis une dizaine d’années, armée de ses bombes de peintures multicolores, elle colorie les façades de ses visages protéiformes. Jusqu’au 3 mars, elle s’expose sur le mur d’Epinal. A découvrir sans tarder !

Elle a trouvé son pseudo, quand elle était ado en lisant des comics book. Elle a trouvé « classe » cette onomatopée et les deux K en début et fin de mot lui ont plu graphiquement. Elle a donc gardé Kashink dans un coin de sa tête. Celle qui s’imaginait d’abord tatoueuse a commencé à s’emparer des murs et des rideaux des commerces dans les rues de la capitale, en 2006. Sans être passée par un apprentissage artistique classique, elle a suivi une formation pour adultes de peintre en décor pour des spectacles, entre autres.

Puis elle s’est lancée dans les peintures à la bombe aérosol, après avoir utilisé des stickers. Ça a été une révélation et une frénésie qui ne l’ont plus quittée depuis. Elle aime les grandes surfaces et les échelles. Ses origines slaves et hispaniques et son intérêt pour le Pop Art et l’illustration narrative donnent une tonalité riche à ses œuvres.

Difficile pourtant de définir son style coloré et graphique tant il emprunte à différentes cultures. Elle aime utiliser les aplats de couleurs vives pour avoir un impact fort, sans contours dessinés. C’est sa manière de casser son côté trop illustratif. Baignée dans la tradition orthodoxe étant enfant, elle a été marquée par l’iconographie byzantine. On en trouve la trace dans ses fresques urbaines tout autour du Monde.

Elle pioche dans le folklore, l’artisanat. D’aucuns lui trouvent des affinités avec « le plus colombien des artistes colombiens » Fernando Botero, connu pour ses personnages aux formes voluptueuses ou Gilbert et George, deux artistes anglais contemporains revendiquant un « art pour tous » et installés dans un quartier populaire de l’Est londonien. Son style et le fait qu’elle arbore une moustache noire finement dessinée font également écho au personnage de l’artiste peintre mexicaine Frida Kahlo qui soulignait elle-même le duvet noir au-dessus de ses lèvres.

Elle revendique également une référence aux masques. Ses portraits lui permettent d’aborder son intérêt pour la diversité de l’humanité. Engagée, elle intervient au service de différentes associations. En 2012, elle a participé au projet « 50 cakes of gay » pour lutter contre les opposants au mariage pour tous.

En 2016, elle a collaboré au projet « Rosa Parks fait le mur », une fresque street art de 400 mètres de long réalisée avec trois autres femmes artistes, Bastardilla, Katjastroph, et Tatyana Fazlalizade. Il est possible d’acheter le nouveau livre Le Mur 2016-2018 et d’adhérer à l’association pour soutenir et développer l’Art urbain.

Kashink

Jusqu’au 3 mars 2020

Le Mur, Épinal

lemurepinal 

www.lemurepinal.fr