La nouvelle exposition sur le Moyen-Âge à découvrir au Mudaac.

À l’occasion de la refonte du Centre d’interprétation « Visages de Jehanne », à Domremy-la-Pucelle, et de son tout nouveau parcours de visite, le MUDAAC à Épinal propose de (re)découvrir ses collections médiévales.. Au sein d’une scénographie colorée, les œuvres occuperont le devant de la scène et seront complétées par des collections sortant exceptionnellement des réserves. De quoi se faire une autre image de cette période.

Les clichés ont la vie dure et on pense souvent – et à tort- que le Moyen Âge est une époque sombre et terne. Cette exposition permet de remettre les pendules à l’heure et place en avant richesse des formes et l’importance des couleurs dans l’art du Moyen âge. Des œuvres habituellement cachées des yeux du public seront exceptionnellement sorties des réserves : armes et éléments de parures mérovingiennes, monnaies en or et en argent datant, pour certaines, de plus de douze siècles.

D’autres œuvres, prêtées ou restaurées pour l’occasion, seront dévoilées dont de magnifiques enluminures issues de l’Histoire de la Toison d’Or fruit du talent et de l’univers coloré d’un maître flamand de la seconde moitié du XVe siècle. Est également présenté un manuscrit enluminé du XIIe siècle relatant la vie de saint Martin, une clef de voûte originaire de l’ancienne église abbatiale de Chaumousey.

Grâce à une scénographie originale mettant en scène couleurs et collections, chaque thème sera relié à une des six couleurs utilisées pendant cette époque. Le bleu, couleur de la lumière divine permettra notamment de découvrir des objets exceptionnels dont un prêté par la Bibliothèque Multimédia Intercommunale d’Epinal. Le jaune, associé aux faux monnayeurs, sera l’occasion de voir les monnaies du haut Moyen Âge conservées au Mudaac. Le rouge, associé au pouvoir et à la guerre, introduira l’armement médiéval et les armes mérovingiennes. Le vert sera relié à l’artisanat. Le noir, lié à la mort, correspond à la collection de sculptures funéraires du musée dont la plus ancienne remonte peut-être au XIIe siècle.

Au passage, on observera les différences entre art roman et art gothique. Le thème de la couleur sera représenté par le blanc. Et des enluminures et des vitraux datant de la fin du Moyen Âge, spécialement restaurés pour l’exposition, permettront de conclure la première partie du parcours par un véritable festival de couleurs. Pour que le public puisse admirer chaque détail des objets présentés tout au long du circuit, un grand mur rétroéclairé accueillera des photographies grand format.

Les espaces du parcours permanent comportent en outre des œuvres emblématiques finement sculptées et richement colorées comme le retable de Godoncourt. Durant plus de six mois, de nombreuses actions de médiation seront proposées aux visiteurs ainsi qu’un riche programme de conférences permettant de découvrir d’autres facettes de cette période fascinante. Qui pensera encore que le Moyen âge est terne ?

Musée départemental d’art ancien et contemporain (MUDAAC)

Du 18 septembre au 29 mars 2021

Ouvert lundi, mercredi, jeudi et vendredi : 9 h 30 à 12 h 3 0 et 14 h à 17 h 30

Mardi : Fermé

Mercredi : Sur réservation pour les groupes

Samedi : 10 h 30 à 12 h 30 et 14 h à 18 h

Dimanche : 14 h à 18 h

Tél : 03 29 82 20 33

mudaac.vosges.fr

Tarif : 6 €

Oust les idées reçues !

Vous croyez connaître le Musée départemental d’art ancien et contemporain  ? Ce n’est pas sûr ! Exceptionnellement, des trésors sortent des réserves. L’occasion de dépoussiérer nos idées sur le Moyen âge ! Le point avec Pierre Gauvain, chargé des collections de peintures et de sculptures.

Comment définiriez-vous le Moyen âge ?

Pierre Gauvain – Nos préjugés proviennent des auteurs lettrés qui se référaient à l’Antiquité. Le Moyen âge apparaissait alors rétrograde et terne. Pourtant, c’est une période de grande inventivité technique. Le parcours vise à mettre en avant la richesse des formes et l’importance des couleurs dans l’art médiéval.

Comment nos ancêtres percevaient-ils les couleurs ?

P. G. – Nous nous sommes inspirés des ouvrages de l’historien Michel Pastoureau, spécialiste des couleurs. Notre perception est issue de travaux sur l’ordre spectral datant de la seconde moitié du XVIIe siècle. Au Moyen âge, on ne les classait pas comme aujourd’hui. Deux couleurs différentes mais aussi lumineuses semblaient plus proches qu’une version terne et une version lumineuse d’une même couleur. Et des associations de couleurs qui nous paraissent cohérentes étaient très mal perçues, notamment l’alliance du jaune et du vert.

Quelles étaient les couleurs spécifiques au Moyen âge ?

P. G. – Nous avons relié l’une des symboliques de chacune des six couleurs avec des thèmes qui leur sont proches. Le bleu illustrait la dévotion associée à la lumière céleste. Nous dévoilerons un manuscrit exceptionnellement prêté par la Bibliothèque Multimédia Intercommunal et un crucifix roman restauré pour l’occasion. Le jaune était déprécié car il était associé aux faux monnayeurs. On l’a rattaché à des monnaies. Le rouge symbolisait pouvoir et guerre. Il permet d’introduire l’armement médiéval, notamment des armes mérovingiennes. Le vert était une couleur chimiquement instable comme les métaux. On l’a relié à l’artisanat. Le noir était lié à la mort et correspond à la collection de sculptures funéraires romanes et gothiques. Enfin, le blanc donne l’occasion de présenter des vitraux et des enluminures datant de la fin du Moyen âge.

Avez-vous des objets coups de cœur que vous nous recommandez particulièrement ?

P.G. – Le vitrail de la chapelle de la Oultre de Mirecourt datant de la fin du XVe siècle a été restauré pour l’occasion. De forme circulaire, il représente saint Marc, symbolisé par le lion et saint Mathieu, symbolisé par l’homme ailé. Nous exposons aussi un manuscrit de la vie de saint Martin prêté par la BMI et contenant des enluminures de la vie du saint avec ses miracles. Par ailleurs, le musée détient le retable de Godoncourt représentant la vie de sainte Anne, la tombe de l’abbé Gui de Chaumousey. On a aussi de très belles clefs. Un mur rétroéclairé présentera en grandes dimensions les objets présentés dans le parcours afin que le public puisse en admirer les détails. Grâce à des kakemonos et des cartels explicatifs, le public pourra découvrir le Moyen âge de manière ludique !