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Finale de la Coupe des Vosges : face à face entre les coachs de l’ES Avière et de l’AS Saint-Nabord

Le 22 juin 2022 par Jordane Rommevaux
John Panfili, à gauche et Olivier Marotel, se retrouveront sur les bancs respectifs de l'ES Avière et de l'AS Saint-Nabord, pour la finale de la Coupe des Vosges
John Panfili, à gauche et Olivier Marotel, se retrouveront sur les bancs respectifs de l'ES Avière et de l'AS Saint-Nabord, pour la finale de la Coupe des Vosges
© Jordane Rommevaux

John Panfili, l’entraîneur de l’ES Avière et Olivier Marotel, son homologue au sein de l’AS Saint-Nabord, se retrouveront dimanche 26 juin, au Stade Didierjean de Charmes pour la finale de la Coupe des Vosges 2022. Un remake de la dernière finale départementale qui s’est jouée en 2019 que les deux techniciens ont accepté de nous rejouer à l’avance, à l’occasion d’une interview croisée, sans concession !

Olivier, John, cette finale signe la fin d’une saison qui a été difficile pour vos clubs en championnat. Peut-on considérer que c’est une vraie bouffée d’air pour vos joueurs ?

Olivier Marotel – Oui, surtout pour nous puisque nous sommes l’équipe qui redescend. J’ai envie de dire que c’est le meilleur remède, de jouer une finale, pour rebondir après cette fin de saison difficile. Après avoir absorbé ça, dans le discours des joueurs, il n’y avait que la demi-finale dans les bouches et cette envie de se qualifier en finale. On a eu la chance que la demi-finale arrive très vite après cette dernière défaite en championnat. On a laissé les gars digérer cette contre-performance jusqu’au mercredi et on a remis les choses au clair en donnant le message que ça n’était pas la fin du monde. Et l’état d’esprit était complètement différent à l’entraînement jeudi. La situation nous a peut-être aidée pour la demi-finale car l’ascenseur émotionnel était passé et ils n’avaient rien à perdre, bien au contraire tout a gagné.

John Panfili – Cette Coupe des Vosges, ce n’est que du positif. J’ai eu l’impression que cette Coupe des Vosges devenait presque plus importante que de se maintenir en championnat. On avait ce petit point de bonus, par rapport à Saint-Nabord, qui fait que nous n’étions pas dans la même situation. Je pense que notre comportement aurait été différent si nous avions été en danger en championnat mais là, les gars se sentaient moins en danger et ils pensaient à la Coupe. Ça m’a un peu inquiété cette attitude. Je retiens aussi que la saison a été difficile, surtout la seconde partie, car nous avons eu de nombreuses absences (blessures, suspensions).

Olivier Marotel, dit Momoss, coach de l’AS Saint-Nabord.

Justement, dans quel état physique se trouvent vos joueurs et surtout aurez-vous des suspendus ?

OM – Déjà, nous n’avons pas de suspendu. C’est une bonne chose. Maintenant, les corps sont un peu usés mais, à ce stade de la compétition, tous les joueurs veulent jouer et la fatigue n’est qu’illusoire. Je sais qu’ils vont jouer à fond et que la motivation sera à son maximum. C’est une finale de Coupe des Vosges quand même !

JP – Nous, à l’inverse de Saint-Nabord, nous sommes sous le coup de quelques suspensions et je ne sais pas encore si elles seront appliquées pour la finale. Nous attendons le verdict de la commission, qui doit se réunir très prochainement et qui statuera sur la situation…

OM – Personnellement, ça me ferait mal de priver de finale des jeunes pour 3 cartons jaunes. Je serais décisionnaire, je n’appliquerais les suspensions que pour le début de saison prochaine. Même si ça peut nous porter préjudice puisque ce sont des joueurs d’Avières qui sont concernés.

La chaleur des demi-finales a-t-elle été bien supportée par les joueurs ?

OM – Ça a été très compliqué car nous avons joué à 15 h et que le FC des Ballons n’a pas voulu décaler la rencontre. Je pense qu’il aurait été plus judicieux de faire comme pour le match entre Avières et Remiremont/Saint-Etienne et jouer deux heures plus tard, minimum.

JP – Et encore, il faisait toujours très chaud à 17 h et les conditions étaient compliquées. Cette forte chaleur est difficile pour les corps des joueurs et elle a tendance à énerver les hommes. J’ai craint des débordements plus importants que ce que nous avons vu.

Quelles sont les qualités de votre adversaire que vous redoutez, dimanche ?

OM – L’ES Avière est une équipe qui ressemble un peu à la nôtre, dans le sens où le climat est très familial et qui l’ambiance est chaleureuse entre les joueurs. D’ailleurs, il y a une saine rivalité entre nos deux clubs et nombreux joueurs de Saint-Nabord ont joué à Avière et vice-versa.

JP – Momoss (surnom d’Olivier Marotel, ndlr) a tout dit. Nous sommes deux clubs amis qui nous connaissons par cœur puisque nous évoluons dans les mêmes championnats depuis longtemps. Comme nous, cette équipe n’a pas un joueur qui domine les autres mais elle dispose d’un collectif fort. Je ne saurais pas dire si elle est plus offensive ou défensive, c’est un équilibre. En tout cas, je suis persuadé que les destins auraient pu s’inverser et que nous aurions pu être à leur place dans l’ascenseur de la relégation.

OM – Avière dispose d’un bel effectif et sans les blessures ou suspensions, je pense qu’elle aurait pu jouer les premiers rôles en R3 plutôt que les 4 dernières places.

John Panfili, coach de l’ES Avière.

Dimanche, nous assisterons à la revanche de 2019 où l’ES Avière l’avait emporté (1-0) contre Saint-Nabord. Cette finale avait été serrée jusqu’au bout et l’ambiance en tribune excellente. Comment abordez-vous cette échéance ?

OM – Je m’attends à une rencontre assez serrée et bon enfant. En tribune, il devrait y avoir pas mal de monde derrière Saint-Nabord puisque nous proposons un bus pour un déplacement commun, pour les supporters. C’est un peu une façon pour le club de les remercier vu le prix du carburant actuellement.

JP – Je rejoins Momoss sur ce point. C’est vrai qu’il y avait eu une superbe ambiance en 2019 et je pense que nous retrouverons cet état d’esprit. A ce que je sais, aucun déplacement en commun n’est prévu par le club d’Avière, mais je ne me fais pas de soucis, je sais que nous serons largement soutenus à Charmes. Je croise surtout les doigts pour qu’il ne fasse pas aussi chaud que le week-end dernier !

Du tac au tac : l’interview décalée

Vos débuts dans le foot ?

OM – A 5 ans, j’obtiens ma première licence à Épinal, ma ville de naissance.

PF – Moi, c’est à 7 ans que je débute au FC Bologne, en Haute-Marne.

Quel est le match qui a marqué votre carrière ?

PF – J’en ai plusieurs, bien-sûr. Je pense immédiatement à cette épopée en Coupe de France, en 2001. Tout le monde pense à ce match mémorable entre l’ES Thaon et l’Olympique de Marseille mais, moi, je garde un précieux souvenir du match de qualification pour ce 32e de finale. On l’emporte à Vesoul dans un match si particulier que c’est l’un des matchs les plus marquants de ma carrière.

OM – Moi, je retiens un match de U15 avec le SAS Épinal que je coachais à l’époque. Une rencontre à Amnéville que nous remportons (2-1) alors que nous n’étions pas favoris et que le contexte était particulier. J’étais tellement fier de mes joueurs.

PF – J’ajouterais qu’en tant que coach, j’ai pris un énorme plaisir à remporter la finale de Coupe des Vosges 2019 avec l’ES Avière. Le match de dimanche sera donc encore un souvenir particulier, à n’en pas douter.

Quel personnage du monde du foot a beaucoup influé sur votre carrière ?

OM – Sans aucune hésitation, je réponds le coach Laurent Bénier. J’ai toujours trouvé intéressant sa façon de coacher mais aussi son comportement avec ses joueurs. C’est un homme qui a toujours du temps à leur consacrer et il a une façon particulière mais très pertinente pour faire passer les messages, sans forcément pousser des coups de gueule.

PF – L’ex-gardien du SAS Épinal (1974-79) puis entraîneur du SAS (1981-84), Jean-Paul Delahaye, a été un vrai mentor pour moi. Je ne le cache pas, c’est lui qui m’a pris en main à mon arrivée, quand j’avais 14 ans et qui a fait ce que je suis devenu. Si je pouvais être le quart de ce qu’il a été, j’en serais déjà tellement fier.

Votre club pro de cœur ?

OM – Sans hésitation, les Verts de l’AS Saint-Etienne. C’est ma génération et c’est cette équipe qui m’a fait rêver quand j’étais gamin. Et, même aujourd’hui, dans la difficulté, c’est toujours Saint-Etienne. C’est ça être supporter !

PF – Les gens qui me connaissent un peu ne seront pas surpris puisque je suis supporter stéphanois depuis ma plus tendre enfance.

Votre meilleur souvenir dans le foot pro ?

OM – En réfléchissant bien, je crois qu’il n’y a pas plus fort comme émotion que la victoire en Coupe du monde 1998. Je me souviens qu’une vieille dame, que j’avais croisé lors des festivités d’après-match, m’avait confié toute émue que la dernière fois où elle avait vu autant de monde dans les rues, c’était pour la libération en 1945…

PF – J’aurais dit 1998 aussi mais finalement je vais dire l’Italie 1982. Ma famille est originaire d’Italie et je conserve beaucoup d’attache à ce territoire. J’ai toujours été derrière la France mais en demi-finale, elle se fait sortir sur un fait de jeu inadmissible suite à la sortie du gardien allemand sur Patrick Battiston. Je ne pouvais qu’être derrière l’Italie en finale, pour qu’ils vengent les Français.  

Mbappé ou Zidane ?

OM – Plutôt Platini pour moi. Question de génération certainement mais pour nous, c’était quelque chose un tel joueur qui vient de Nancy et qui devient le meilleur joueur du monde.

PF – Platini aussi (rire) parce qu’il était d’origine italienne en plus. Et j’ai eu la chance de le voir à Nancy, pour son retour avec le maillot vert de Saint-Etienne. J’ai eu aussi le plaisir d’échanger avec lui par la suite.

Barthez ou Lloris ?

OM – Alors là, je suis davantage Barthez. Plus fantasque et aérien. Je ne dis pas que Lloris est moins bon mais certainement trop discret !

PF – Buffon (rire) un gardien italien qui a tellement contribué au succès de l’Italie dans les années 2000. La classe !

Enfin, la prochaine Coupe du monde se déroule cet hiver au Qatar. La France va-t-elle l’emporter ?

OM – Je pense que oui. Elle a la meilleure équipe, de loin par rapport aux autres nations et je pense qu’elle peut le faire.

PF – L’Italie n’y sera pas donc la France, oui (rire). Je serai derrière elle en tout cas !

Finale de la Coupe des Vosges : AS Saint-Nabord – ES Avière
Dimanche 26 juin, 17 h
Stade Didierjean, Charmes
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