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Volley – Manu Dumortier « Ce que j’aime dans le volley féminin, c’est l’aspect émotionnel »

Le 21 avril 2022 par Stephane Magnoux
Explosif, Manu Dumortier n’y va pas toujours avec le dos de la cuiller quand la situation l’exige. Malgré tout, au fil de ses saisons à Saint-Dié, sans se renier, le technicien a adapté son discours à la psychologie féminine.
Explosif, Manu Dumortier n’y va pas toujours avec le dos de la cuiller quand la situation l’exige. Malgré tout, au fil de ses saisons à Saint-Dié, sans se renier, le technicien a adapté son discours à la psychologie féminine.
© Belloy Florine

Entraîneur des Louves de Saint-Dié-des-Vosges pour la septième saison consécutive, Manu Dumortier a longtemps coaché des équipes masculines avant de franchir le pas du volley féminin. Très exigeant comme il l’était en tant que joueur, il a appris, sur le tas, la fine psychologie des sportives.

«J’ai toujours des coups de sang mais j’ai énormément arrondi les angles au fil des années. Je comprends mieux la psychologie féminine. » Manu Dumortier, l’un des principaux artisans de la réussite des Louves de Saint-Dié, ne se défausse pas. Entraîneur exigeant voire dur pour certains, le Nordiste de 52 ans ne semblait pas profilé pour diriger un groupe féminin. Hormis une expérience de quelques mois avec Tourcoing, quand il était encore joueur à haut niveau, le technicien avait toujours été à la tête d’équipes masculines.

« À Tourcoing, les filles jouaient en Nationale 3 (la 4e division) et avaient déjà usé deux entraîneurs dans la saison. Le club cherchait quelqu’un qui connaissait le volley et les filles. »

Les hasards de la vie l’ont mené en Déodatie. Il y a projeté son groupe aux portes de la Ligue A, le plus haut niveau français. Ses joueuses disputent actuellement les play-offs d’Elite. « Je n’imaginais pas coacher à nouveau des filles. Je ne m’en sentais pas capable et sportivement, cela ne m’intéressait pas. » Sur le départ à Nancy (Ligue B), il avait démarché Pierre Mercier, le président du club déodatien, avant la fin de l’exercice 2014/2015.

« J’avais des opportunités avec plusieurs clubs en France mais j’avais envie de rester près de ma famille. J’ai demandé à Pierre s’il avait un projet en tête », reconnaît ce père de trois enfants. Ce premier contact n’avait rien donné. Peu de temps après, les deux hommes échangeront à nouveau et tomberont d’accord. L’aventure des Louves était née.

Une méthode inchangée

« Je suis un “clubiste”, appuie Manu Dumortier. J’aime me lancer dans des projets sur plusieurs années et faire progresser mes clubs. La plupart du temps, je les ai laissés deux divisions au-dessus en partant. » Les Louves n’échappent pas à la règle : arrivé pour coacher en Prénationale (le premier niveau régional), il a finalement débuté en N3, suite à un repêchage. La patte Dumortier était-elle adaptée à des amateurs ? Les résultats lui ont donné raison.

« Comme je l’avais fait avec les filles de Tourcoing, je n’ai pas changé ma méthode, assume-t-il. J’ai appliqué mon exigence du haut niveau. Avec le recul, j’ai regretté d’avoir parfois été dur. J’ai manqué de tact mais je mens très mal. Les filles l’auraient senti. » Manu Dumortier a tout de même assoupli, au fil des saisons, ses relations avec ses joueuses. « Je suis dur mais affectif. J’ai appris à traiter chaque cas individuellement. Pour comprendre le fonctionnement des joueuses, il faut les faire parler. Je peux être sévère pendant un match mais les remarques sont ponctuelles. Chaque lundi, les compteurs sont remis à zéro. »

S’il n’exclut pas de faire le chemin dans l’autre sens un jour, le technicien se plaît à la tête de ces Louves qui lui ont fait vivre tant de belles choses. « Ce que j’aime dans le volley féminin, c’est l’aspect émotionnel. C’est beaucoup plus psychologique que chez les hommes. Fin février, face au Cannet, l’une des meilleures équipes françaises, en Coupe de France, on menait 19-13 dans le premier set. On l’a perdu 19-25… Chez les garçons, un écart de six points est rédhibitoire. »

Les prochains matchs à domicile des Louves :

  • Saint-Dié – Mougins – samedi 23 avril (19 h)
  • Saint-Dié – Levallois – samedi 14 mai (19 h)
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