Jean-Marie Kunegel lâche les rênes du SAS Épinal Volley.
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Il a vécu sa dernière soirée de match en tant que président du club le 17 avril dernier contre Monaco (3-2). Neuf ans après avoir pris la tête du SAS Epinal Volley, Jean-Marie Kunegel va passer la main. Dans quelques semaines, il lâchera les rênes mais il continuera à s’impliquer au sein d’une association qu’il a rejointe il y a près de 30 ans en tant que bénévole et qu’il a largement contribué à assainir financièrement et à faire progresser sportivement. Coup d’œil dans le rétroviseur.

A l’issue de cette saison très particulière, le SAS a terminé à la 6e place de sa poule d’élite. Quel bilan en tirez-vous ?

J-M. K. – Par rapport aux saisons précédentes où on jouait le haut de tableau, notamment l’an dernier où on avait terminé meilleur club amateur français, on peut considérer que c’est une saison en demi-teinte. Mais à bien y regarder, on n’était finalement pas très loin de la 4e place. En début de saison, on a eu des périodes où on n’a pas joué, avec des reports de matchs le jeudi pour le samedi, on a aussi eu des absences et des blessures… Dans ce contexte compliqué, c’est plutôt pas mal.

Cela fait 5 ans maintenant qu’Épinal évolue au 3e niveau national. C’est une fierté pour vous ?

J-M. K. – Oui, ça démontre une belle constance, d’autant plus qu’on n’a pas un gros budget. à ce niveau, beaucoup de clubs ont des joueurs semi-professionnels, beaucoup d’étrangers ou des joueurs qui ont évolué à un niveau supérieur. Depuis deux ans on privilégie un recrutement français, sans faire d’excès ni de disparités trop importantes dans les salaires. On paye peut-être moins qu’ailleurs mais on peut proposer autre chose que du volley, comme un emploi ou une formation universitaire.

Dans quel état d’esprit vous apprêtez-vous à quitter la présidence ?

J.-M. K. – Cela faisait quelques années que j’y pensais. Je pars serein car je laisse un club en bonne santé, tant sur le plan sportif que financier, avec une solide équipe de dirigeants en place. Je veux mettre en avant les actions de citoyenneté mises en place récemment, les interventions dans les écoles pour faire bouger les gamins. On a aussi acquis un terrain de volley gonflable qu’on utilisera dès qu’on le pourra pour des animations dans tous les quartiers d’Epinal, pendant les vacances.

Revenons sur votre arrivée à la tête du club, en mai 2012, dans un contexte très particulier…

J-M. K. Je suis devenu président suite au décès brutal de Christian Noël. Le club était endetté et proche de mettre la clé sous la porte. Quelques personnes ont mis un peu d’argent pour pouvoir redémarrer. C’était compliqué, on comptait en permanence. à l’époque, on fonctionnait en comité hyper restreint, on faisait tourner le club à 3 avec Patricia Noël et Pierre Sibille (trésorier).

Et petit à petit, vous avez réussi à redresser la situation…

J-M. K. – Oui. C’est surtout avec l’arrivée de Cyril Wozniak comme directeur sportif (en 2017), celle de Frédéric Garcia et l’implication plus importante de Samuel Burtin que le club a pris une toute autre dimension et tournure. Sur le plan de l’organisation, j’étais depuis quelques années plus spectateur qu’animateur. Sur le plan financier, la dette a été complètement apurée depuis 2012 et on finit même l’exercice avec un résultat positif de près de 25 000 euros !

Quel sont vos meilleurs souvenirs de président ?

J-M. K. – Ce qui me vient tout de suite à l’esprit, c’est notre aventure en Coupe de France pro la saison dernière. On a battu St-Jean d’Illac et en 8e de finale on a accueilli Tours, le plus grand club français (0-3, ndlr), devant
600 personnes à Viviani… C’est un super souvenir !
Je retiens aussi l’accession en élite en 2016. Si on remonte plus loin dans le temps, j’ai aussi de très bons souvenirs en tant que médecin lors de la montée en D2 (1991) et de la saison passée en 1ère Division (1993-1994) !

Avez-vous un regret ?

J-M. K. – On a une équipe fanion bien implantée au
3niveau, de bons jeunes joueurs et arbitres, dont un qui officie en championnat de France UNSS. Mon seul regret, c’est sur la filière féminine. Je trouve un peu dommage qu’il y ait deux clubs de volley à Épinal*. On avait lancé l’idée de monter une section féminine, en montant d’abord une équipe de jeunes, mais ça ne s’est jamais concrétisé.

Pour l’heure, vous n’avez pas de successeur connu. Quel serait le profil idéal ?

J-M. K. – Dans les statuts, ce sont les deux vice-présidents (Samuel Burtin et Frédéric Garcia) qui vont assurer l’intérim en attendant de trouver quelqu’un. Ce serait bien que mon successeur ait vraiment pignon sur rue, ait un gros carnet d’adresses et puisse ramener des sponsors. Ce sera sa seule obligation si l’on peut dire. On cherche toujours, je lance donc un appel aux personnes intéressées.

Le SAS Volley en Ligue B à court ou moyen terme, vous y croyez ?

J-M. K. – C’est ce que je souhaite mais notre fédération a des exigences infondées et anormales. Pour pouvoir monter, il faut postuler avant le début du championnat et présenter dès lors un budget de 400 000 euros minimum. Aujourd’hui on plafonne à 250 000 euros, largement abondé par les collectivités locales : Ville d’Epinal, Conseil départemental et Conseil Régional. On peut toujours rêver d’avoir un jour un sponsor à 150 000 euros, même des Chinois ou des Qataris (rire).

*Outre le SAS (Stade athlétique spinalien), il existe un second club de volley à Epinal : le CAME (Cercle Athlétique Municipal d’Épinal), un club féminin qui accueille les joueuses débutantes ou confirmées, depuis l’école de Volley jusqu’au niveau national (N2).

BIO EXPRESS

Nom : Kinegel

Prénom : Jean-Marie

Âge : 73 ans

Médecin anesthésiste réanimateur à la clinique La Ligne Bleue à Epinal (retraité à la fin de l’année)

Entre au club en 1992 en tant que médecin bénévole

Accède à la présidence en mai 2012

2016 : vice-champion de France de national 2 / montée en N1