Le capitaine spinalien Benjamin Casimir avec ses coéquipiers, après avoir été opéré.

Il y a presque 10 jours, le capitaine du SAS Volley, Benjamin Casimir, subissait la plus difficile blessure de sa carrière de volleyeur de haut-niveau. Le capitaine spinalien n’a pas tardé à réalisé que sa saison était finie et qu’il lui faudrait de longs mois avant de refouler un parquet. Sorti de l’hôpital il y a quelques heures, le Réunionnais a accepté de revenir pour nous sur cet épisode difficile et sur sa vision d’avenir qui semble encore assez floue.

Benjamin, vous venez de sortir de l’hôpital où vous avez été opéré il y a quelques jours. Comment vous sentez-vous psychologiquement et moralement ?

Benjamin Casimir – Ça fait une semaine et 3 jours que j’ai subi cette blessure. J’ai eu le temps de relativiser même si c’était très dur sur le moment. Il ne m’a pas fallu longtemps pour comprendre l’ampleur de la blessure mais j’ai immédiatement eu un gros soutien de mes coéquipiers. Le soir-même, toute l’équipe m’a rejoint chez moi. Ça m’a permis de penser à autre chose. Un soutien important qui se poursuit jusqu’à maintenant.

L’opération s’est faite rapidement…

B. C. – Oui, j’ai été opéré jeudi, ce qui est rapide. C’est une étape qui me permet d’aller de l’avant et qui évite de m’appesantir sur mon sort et de me démoraliser. Maintenant, il faut que j’aille de l’avant. Il n’y a plus qu’à travailler et aussi être patient.

Comment va se passer votre rééducation ?

B. C. – Paradoxalement, il ne faut pas que je sois en repos total, comment pour une fracture, mais il ne faut pas non plus être trop actif pour ne pas aggraver la blessure. Il faut être patient et bien écouter son corps. Il faut du temps, de l’exigence et du travail, si on veut récupérer rapidement.

Dans combien de temps pensez-vous pouvoir reprendre l’entraînement ?

B. C. – J’ai 9 à 12 mois avant d’envisager retrouver le volley. Les ligaments croisés sont touchés mais c’est le ligament internet rompu qui va être plus difficile à soigner. D’autant plus qu’il a arraché un bout du plateau tibial. Donc je ne peux pas poser le pied. Il faut que je fasse de l’allègement pendant les 45 jours de cicatrisation de l’os. Dès maintenant, il faut que je me mette au travail pour être dans le timing, sans oublier de faire travailler les muscles.

Comment vous organisez-vous dans votre quotidien ?

B. C. – Tout ce processus est très handicapant. Je suis rentré aujourd’hui chez moi et le moindre mouvement est très compliqué. Rien qu’aller à la cuisine pour emmener quelque chose c’est difficile. J’ai la chance d’avoir les copains de l’équipe qui sont en soutien et qui m’aident beaucoup. La famille du SAS fait du bien dans ces moments-là. Ce que m’avait avancé mon ami Gabriel Jaunet (ex-joueur du SAS, aujourd’hui joueur d’Almoradi en Superliga espagnole, ndlr), avant que j’arrive à Épinal, prend tout son sens. L’esprit familial et d’équipe est très important au SAS et c’est lorsque l’on est dans une telle situation qu’on le réalise.

Pouvez-vous revenir sur le contexte de jeu lorsque vous avez subi cette rupture du ligament antérieur du genou, qui va vous mettre hors-jeu pendant de longs mois ?

B. C. – Nous étions à la fin du premier set, dans le money time. Je me sentais personnellement plutôt bien même si nous subissions un « petit rallye » offensif adverse, qui nous obligeait à défendre. Guillaume (Conver, ndlr) me fait une passe haute, j’attaque et en retombant mon pied touche le sol et je ressens comme une déflagration. Même si personne autour n’a entendu, moi j’ai entendu dans mon corps comme un bruit de froissement et broiement du carton, papier bulle, voire d’objet cassé. Dans le millième de seconde, j’avais compris que ma blessure était grave. J’ai tout de suite dit aux gars autour de moi que je ne pouvais plus bouger le genou et que c’était fini.

Aviez-vous eu des signes avant-coureurs de ce qui allait arriver ?

B. C. – Pas du tout, j’étais loin d’imaginer que j’allais me blesser, une seconde avant que ça arrive. Dans ma carrière, j’ai eu des classiques soucis de tendinite mais ce qui a rompu là c’est tout autre chose.

Allez-vous effectuer votre convalescence à Épinal ou envisagez-vous un retour à la Réunion ?

B. C. – Pour l’instant, je n’ai rien décidé. Dans un premier temps, je vais rester à Épinal mais j’ai encore du mal à voir plus loin car avec mon travail, je suis engagé (il est vendeur dans un magasin de sport spinalien, engagé contractuellement jusqu’à mi-août 2021, ndlr). Avec le SAS, très franchement, je ne me suis pas encore projeté car ma blessure risque de m’handicaper une bonne partie de la saison prochaine.

Forcément, j’envisage de rentrer peut-être chez moi à la Réunion, pour voir la famille et les amis. Ça me fera du bien moralement et ça pourra me permettre de me pencher vers un projet de création d’entreprise que j’ai depuis quelque temps avec un ami réunionnais. Nous aimerions créer une entreprise autour de la restauration, à terme. Lui est ingénieur et nous avons nos engagements chacun de nos côtés donc cette période me permettra de mûrir la réflexion.

Cette fin de saison est en queue de poisson pour vous mais que retenez-vous de cette saison particulière avec le SAS Épinal, dans ce contexte sanitaire ?

Je retiens le côté solidaire entrevue dans l’équipe tout au long de la saison. La saison n’aurait pas été évidente sans la cohésion d’équipe. Ce qui m’a manqué, c’était les 3e mi-temps (rire). Elles sont importantes dans la vie d’un groupe et elles existaient beaucoup moins, sauf à l’extérieur mais seulement à l’hôtel. Je retiens vraiment ce côté sympa, familial et la cohésion. Et je le ressens encore là.