Le tour de France féminin 2022 se conclura au sommet de la Planche des Belles Filles.
© JM Hecquet

Absent du calendrier international depuis plus de 30 ans, le Tour de France cyclistes Femmes va renaître de ses cendres à l’été 2022, pour le plus grand plaisir des fans de cyclisme. Une première édition qui se déroulera juste après le Tour des hommes, du 24 au 31 juillet 2022.

Une course inédite depuis 1989

Un parcours, dévoilé le 14 octobre dernier à Paris, a révélé que l’Est de la France allait être privilégié, en particulier le département des Vosges. 22 équipes de six concurrentes seront au départ, le 24 juillet 2022, au pied de la Tour Eiffel, quelques heures avant l’arrivée des hommes, pour l’arrivée du Tour de France masculin.

« Je suis ravie que ce Tour féminin fasse son retour », assure avec un large sourire Aline Clément, qui participe depuis 4 ans à la manifestation cycliste Donnons des elles au vélo J-1, dont le but est de faire le parcours du Tour de France masculin, un jour avant le passage du peloton.

Un tracé original

« C’est chouette et la date est parfaitement trouvée car elle coïncide avec l’arrivée du Tour masculin. Une initiative qui permet d’avoir une belle popularité et une grande présence médiatique pour lancer cette épreuve. L’autre grande idée est de finir cette semaine de course par la Planche des Belles Filles. Je n’aurais pas choisi mieux si on m’avait demandé mon avis ».

Et le tracé ne déçoit pas puisque, sur plus de 1 000 kilomètres entre Paris et les Vosges, les coureuses vont affronter des étapes de tous types. La plaine dès le départ avec les premières étapes à Paris et sa banlieue. Les vallons à l’occasion d’une étape en Champagne entre Reims et Épernay, une étape danse et éprouvante de 175 km qui mènera le peloton féminin jusqu’à Saint-Dié-des-Vosges. Et enfin la montagne à l’occasion des deux dernières étapes qui feront la part belle aux grimpeuses dans les cols d’Alsace et des Vosges.

Un final explosif

L’avant-dernière journée de course mènera les cyclistes sur le Petit Ballon d’Alsace (9,3 km à 8,1 % de moyenne), le difficile col du Platzerwasel (7,1 km à 8,3 %) et le Grand Ballon (13,5 km à 6,7 %) avant l’arrivée au Markstein, soit l’étape la plus rude de cette semaine française. La dernière étape sera plus intense dans son final avec la montée inédite de la Super Planche des Belles Filles, comme sur le Tour masculin, avec ses 7 km à plus de 8,7 % de moyenne et son dernier kilomètre sur des graviers et des passages à plus de 20 %.

« Cette ascension est devenue mythique pour le Tour donc pour moi, il n’y avait pas meilleur choix que de finir par ses 6 km, qui met en valeur le Massif », ajoute Aline Clément.

Favoris 

Selon la Vosgienne Aline Clément, qui connaît ses routes par coeur : « Ça sera la plus grosse épreuve de la saison. Moi, j’aimerais qu’Audrey Cordon-Ragot (Trek-Segafredo), qui a été marraine de « Donnons des elles au vélo J-1 » qui est abordable et sympa, joue la victoire. Je serai toujours derrière elle. Elle ne sera pas favorite mais j’ai envie de la soutenir. Je serai à l’arrivée à la Planche pour l’accueillir. Les autres favorites sont, bien sûr, les Hollandaises. »

Le Tour de France masculin de passage à la Planche également

Chez les hommes aussi le passage de la Planche des Belles Filles sera un passage, si pas décisif, important pour la suite de l’épreuve. En effet, cette 109e édition de la Grande Boucle masculine réserve un passage dans le sud vosgien dès la 7e étape (vendredi 8 juillet) pour une étape entre Tomblaine (54) et la Planche des Belles Filles (70).

« Le passage de la Planche ne sera pas décisif pour la victoire finale, bien sûr. En revanche, les favoris devront se dévoiler et il y aura beaucoup à perdre pour ceux qui ne seront pas dans le coup, signale Aline Clément. Ce Tour de France s’annonce plus montagnard qu’en 2020 mais moins qu’en 2019. Les étapes danoises du début de Tour risquent d’être piégeuses. La première semaine pourrait faire des dégâts chez les favoris et poser des problèmes pour la suite. Ça pourrait être l’année d’un outsider. Un peu chauvinisme dans mon pronostique, j’aimerais qu’un Français l’emporte. Pourquoi pas Julian Alaphilippe (Deceuninck-Quick Step), s’il ne se met pas trop de pression et s’il a une équipe qui peut le soutenir. Il a de telles ressources que s’il réussit à être devant après la première semaine, tout est possible ».