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Cyclisme : la Vosgienne Aline Clément dans un nouveau cycle

Le 15 décembre 2021 par Jordane Rommevaux
A gauche, Aline Clément lors de sa dernière participation à Donnons des elles au vélo J-1.
A gauche, Aline Clément lors de sa dernière participation à Donnons des elles au vélo J-1.
© Mickaël Gagne

La Vosgienne Aline Clément va beaucoup mieux. Alors qu’elle avait subi une très lourde chute l’été dernier, lors d’une étape de « Donnons des elles au vélo J-1 », qui avait entraîné de grosses blessures et de longs mois de convalescence, elle a repris le chemin de l’entraînement, il y a quelques semaines. Elle revient avec nous sur cet épisode douloureux et sur ses prochains défis qui l’attendent.

On se souvient de votre grosse chute l’an dernier qui vous avait contrainte à l’abandon. Comment allez-vous aujourd’hui ?

Aline Clément Ça va beaucoup mieux, j’ai repris le travail en tant que professeur d’EPS, le 8 novembre dernier. J’ai réussi à reprendre mes activités sportives par de la natation, dès que mon coude m’a permis d’avoir une amplitude suffisante, avant de reprendre le vélo. Aujourd’hui, j’ai repris la course à pied et de la marche, malgré mon bassin qui me fait encore un peu mal.

Combien de temps a duré votre convalescence ?

A. C. – Au total, environ 3 mois. Je suis professeur en collège donc, il m’était impossible de gérer une classe. Je ne suis plus gênée par quoi que ce soit, ce qui me permet de retrouver une activité normale.

Pouvez-vous nous rappeler les blessures que vous avez subies ?

A. C. – Outre les brûlures sur tout le côté gauche, j’ai eu une fracture ouverte de l’os le plus saillant du coude et 2 fractures au niveau du bassin. Il n’y a pas eu de nécessité d’immobilisation de 45 jours, comme redouté, ni d’opération. Mon chirurgien m’a autorisé à remarcher rapidement mais, c’était très douloureux. J’ai pu rapidement me pencher et me baisser mais il m’était impossible de mettre une chaussette. J’ai repris correctement la marche au bout de 2-3 semaines.

Avez-vous eu des inquiétudes sur votre capacité à retrouver votre autonomie à 100 % ?

A. C. – Je me pose encore des questions sur les séquelles qui pourraient m’handicaper. Pas pour le coude, hormis quelques douleurs lors des changements de temps et le craquement du cartilage, mais pour le bassin. Je ne sais pas encore s’il me sera possible de recourir un semi. Je suis assez confiante mais on ne sait jamais…

On sent, dans votre discours, que vous êtes restée sereine. La douleur n’était-elle pas insupportable ?

A. C. – Rien d’insupportable en termes de douleurs, je n’ai pas eu d’effet « déprime ». J’ai été très entourée par mes proches. Des copines du J-1 sont venues me voir et ont passé quelques jours à la maison. Ça m’a surpris de relativiser aussi facilement.

Comment se passe votre rééducation ? Vous avez déjà repris les sorties à vélo ?

A. C. – J’ai déjà fait quelques sorties et les impacts au sol piquent un peu en danseuse. Je ne sens plus de douleur au niveau du coude et le bassin réagit bien. Trois mois et demi après ma chute et 95 jours après mon opération du coude, j’ai été fière de réussir à faire mes premières sorties de plus de 100 km à vélo. J’ai un nouveau vélo car l’ancien n’a pas survécu à la chute. J’ai voulu sortir seule et je suis contente de ne pas avoir eu d’appréhension, sauf lors d’un virage humide en descente.

Justement, avez-vous des flashes de votre chute ?

A. C. – Je n’ai aucune image de l’accident, mes derniers souvenirs sont sur le vélo et la seconde suivante, je suis au sol. Il y avait eu pas mal de chutes depuis le début de notre parcours et j’étais passée au travers. En tombant, je me suis immédiatement dit « ça y est, c’est mon tour ».

Vous connaissez les circonstances de l’accident tout de même ?

A. C. – Oui, grâce aux filles qui me succédaient dans l’ascension et qui sont tombées aussi. Au total, il y a eu une dizaine de chutes, dont 3 hospitalisations. D’après ce que l’on m’a rapporté, c’est un véhicule qui nous précédait qui s’est mis à doubler, mais en voyant une voiture en face il s’est rabattu. Rabattu sur moi à près de 35-40 km/h. L’image qui me revient, c’est moi en train de « rebondir » sur la route et je ne parviens pas à me relever.

Pensez-vous être au départ de « Donnons des elles au vélo J-1 » en 2022 ?

A. C. – Je ne participerai plus à l’épreuve « Donnons des elles au vélo » à l’avenir pour plusieurs incompréhensions avec les organisateurs. Mais, ça n’a rien à voir avec ma chute. Les deux instigateurs du projet se sont mis à dos 85 % de l’équipe cette année et il y a une trop grosse incohérence entre les discours et ce que l’on montre. Les valeurs ne sont pas celles que nous cherchons à véhiculer. Il y a une incompatibilité dans la façon de faire et dans les idées affichées pour l’avenir de l’épreuve. J’avais émis l’idée de balayer les deux Tours (masculin et féminin) en conservant une épreuve en J-1 des hommes et aussi J-1 des femmes. On m’a répondu que non.

Vous ne vous sentiez plus en accord avec leurs choix ?

A. C. – Non, et ce n’est finalement pas plus mal que je quitte l’organisation car je ne me serais pas sentie à l’aise avec ces choix. Pour la petite histoire, nous sommes nombreuses à avoir quitté l’organisation et à vouloir recréer une nouvelle association, avec l’objectif de promouvoir l’activité physique. On va poursuivre nos actions localement en proposant comme lors des Vosgi’elles, des initiations sportives sur inscription. Les femmes s’inscrivaient et participaient à cet événement convivial avec des femmes expérimentées. Cela a permis d’échanger et de faire des rencontres, par groupe de 15.

Vous voulez renouveler ce genre d’initiatives dans les Vosges ?

A. C. – C’est notre objectif, en ouvrant aussi aux hommes. Aller chercher les moins sportifs pour les initier à différents sports : ski, trail, vélo, raquettes… Montrer que pratiquer du sport ça fait du bien et leur donner ce déclic. C’est l’objectif local de notre association. On ne veut pas être un club qui propose une activité par semaine. On veut faire des événements ponctuels pour donner envie. Ça se traduira par des rendez-vous mensuels avec un noyau qui va se former et dont on veut être le moteur.

Vous savez déjà quand se dérouleront ces rencontres ?

A. C. – L’association va s’appeler les zélé.e.s, on va faire des premiers événements en début d’année 2022, par des manifestations qui seront ouvertes à toutes et tous sur inscription, en ciblant certains publics : 100% féminines, moins de 30 ans, plus de 60 ans…  5 vosgien(ne) s dont Sarah Vieuille (trail), Vanessa Savignard (accompagnatrice montagne) et Sabrina Enaux (VTT) se proposent pour animer ces groupes. Notre autre objectif sera de pédaler la veille du tour féminin avec du « bike packing ». C’est-à-dire que nous partirons en autonomie sur le vélo pour faire toutes les étapes, avec des phases de repos chez l’habitant ou en camping, tout en évitant de polluer avec les véhicules suiveurs. Nous aimerions donner cette image de la rando cycliste, qui gagne de l’ampleur et qui va encourager les gens à essayer.

Du tac au tac

– Ton âge ? 42 ans
– Ta ville d’origine ? Granges-sur-Vologne
– Ton sport favori ? Cyclisme sur route
– Plutôt ville ou campagne ? CAMPAGNE !
– Plutôt mer ou montagne ? Les deux ! La mer me repose, la montagne me stimule.
– Plutôt été ou hiver ? Printemps (rire)
– Ton événement sportif préféré ? Le Tour de France !
– Ton souvenir sportif préféré ? Le sacre de mes élèves Champions de France UNSS par équipe en Savate Boxe Française !
– Le col que tu as préféré gravir ? Le Col de l’Izoard (le seul qui me tire les larmes… au passage de la Casse Déserte).
– Dans les Vosges ? Le Haut du Tôt depuis Vagney lors de la 1ère édition de la Granfondo Vosges.
– Ton modèle sportif masculin ? Julien Absalon.
– Féminin ? Audrey Cordon-Ragot.
– Ton rêve à réaliser à vélo ? Parcourir l’ensemble des étapes du Tour de France Hommes et Femmes, la veille de la course (soit 4 500 km en moins d’un mois).

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