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Cap JO Paris 2024 : Clémence Beretta met le pied à l’étrier à Saint-Nabord

Le 14 juin 2022 par Jordane Rommevaux
Mission Paris 2024 pour la marcheuse Navoiriaude Clémence Beretta.
Mission Paris 2024 pour la marcheuse Navoiriaude Clémence Beretta.
© Jordane Rommevaux

Elle est l’une des meilleures chances de qualification pour les Jeux Olympiques de Paris 2024. Elle détient de record de France sur 10 000 m marche et entend bien ravir le titre sur 20 km avant les JO. Elle serait la seconde vosgienne à se qualifier dans une épreuve d’athlétisme aux Jeux. “Elle”, c’est la Navoiriaude Clémence Beretta, qui vient de lancer sa course contre-la-montre pour décrocher son billet pour Paris 2024. Rencontre avec une athlète attachante et ambitieuse.

Clémence, tu lances officiellement ton objectif de qualification pour les JO de Paris 2024 ?

Oui, nous sommes à deux ans des prochains JO et c’est le moment de lancer mon objectif de qualification. Pour ce faire, je voulais rencontrer le tissu local, de Remiremont et Saint-Nabord, pour pouvoir leur communiquer mes ambitions, à l’occasion d’une soirée de rencontre (organisée vendredi 10 juin). Le postulat de cette organisation vient du fait que je n’ai aucune entreprise vosgienne qui me soutient et je trouve cela dommage. Paris, c’est à domicile, donc il faut se mobiliser et j’espère que je pourrai recevoir le soutien de partenaires publics comme privés pour y parvenir. Le label « Terre des jeux » doit permettre de mobiliser tout le monde derrière les athlètes et les soutenir pour qu’ils se préparent au mieux et réussissent à se qualifier.

Vous êtes vosgienne, née dans les Vosges, vous y habitez et vous y travaillez. C’est important de le préciser car vous venez de perdre votre statut d’athlète de haut niveau et donc tous les avantages qui en découlent. Comment cela se traduit sur votre quotidien ?

Cela se traduit par l’arrêt de l’aménagement de mes horaires de travail. Jusqu’à la fin d’année 2021, j’avais un emploi payé à 35 h dont l’aménagement des horaires me permettait de n’en faire que 17, pour pouvoir me consacrer à mes entraînements. Avec la décision du ministère des Sports de supprimer cet aménagement, j’ai constaté qu’il était impossible de m’entraîner correctement après avoir fait mes 35 h de travail hebdomadaire. J’ai donc pris la décision de quitter cet emploi et de me lancer dans l’auto-entrepreneuriat avec « Yogisens », en créant des bougies artisanales bien-être. En plus, j’ai accepté une mission en temps partiel avec Décathlon Épinal, en gardant ma liberté car je suis freelance. Ça me permet d’avoir des revenus et de me dégager du temps pour m’entraîner.

Justement, comment vous préparez-vous ?

Je fais entre 100 et 150 km de marche par semaine, auxquels s’ajoutent toute la partie physique : muscu, PPG et la partie mentale de coaching.

Où vous entraînez-vous ?

J’axe prioritairement mes entraînements sur deux sites, entre Remiremont et Saint-Nabord : le stade à côté du lycée de Béchamp et la Voie Verte, sans oublier ma salle de musculation chez mes parents.

Côté sportif, vous sortez d’une petite déconvenue aux Championnats de France de marche sur route à Gien, fin mai…

Oui, j’ai laissé échapper le titre de championne de France 20 km. Mais, à la fin du mois de juin, il y a les Championnats de France sur piste et j’espère conserver mon titre sur 10 000 m.

Et le 20 août, vous allez disputer les Championnats d’Europe ?

Oui, j’ai vraiment envie de bien honorer ce maillot tricolore que je porterai et j’espère faire de belles performances. J’arriverai là-bas avec des ambitions.

Vous venez de changer de coach également. Comment se passe ce changement ?

Les techniques d’approche ne sont pas les mêmes avec Gérard Lelièvre. Je trouve que je suis beaucoup plus efficiente dans mon geste. Il a bousculé mes acquis et pour progresser, il faut sortir de sa zone de confort. Je sens déjà que je travaille paye. Autre changement, je suis coaché à distance, ce qui fait que c’est mon père qui assure le lien entre moi et mon coach.

Pierre Beretta assure le relais entre votre coach et vous ?

Oui, c’est une sorte de « coach adjoint » si on veut. Il me conseille, fait le relais des informations que m’apporte Gérard Lelièvre, tout en filmant mes progrès et en transmettant mon travail à mon coach. La structure familiale et artisanale est toujours importante dans mon travail et dans mon quotidien.

Financièrement, on sait qu’une saison est longue et souvent coûteuse. Quel est budget est nécessaire pour obtenir des résultats sur la scène internationale ?

J’ai voulu réunir les Navoiriauds et tous ceux qui apprécient mes performances aussi pour leur communiqué mon besoin de trouver des partenaires car une saison coûte entre 17 000 et 25 000 euros, suivant les échéances, les compétitions et les stages d’entraînement. C’est un vrai coût. Heureusement qu’il y a quelques subventions comme le Conseil Départemental ou le Conseil Régional qui sont là.

Aujourd’hui quel est votre rang de marcheuse dans le classement international ?

Je suis dans le top 20 européen et top 44 mondial. Pour être performante et ambitionner légitimement les JO, il faut que je remonte dans le ranking mondial vers le top 30 minimum. Top 25 serait parfait. Mais, je compte me qualifier par la voie royale, c’est-à-dire me qualifier grâce à mon chrono.

Ce sont des minimas qui permettent de se qualifier automatiquement pour les JO ?

Oui, c’est ce qui garantit d’y aller obligatoirement, mais ils ne sont pas encore établis. Si je ne réussis pas les minimas, il y a encore la possibilité d’être pris par rapport à mon bilan mondial. Mais ça ne garantit pas sa place car en 2020, j’avais reçu une invitation par ce biais mais la fédération française ne m’a pas autorisé à y aller. Ils estiment qu’étant donné que les minimas n’ont pas été atteint, on ne le mérite pas.

Pour ces JO 2024, vous visez une qualification sur la distance de 20 km ?

Oui, il y a le 20 km mais aussi le 35 km en relais. Le relais n’est que relatif car, en réalité, c’est une course mixte en binôme où l’homme et la femme partent en même temps et doivent réaliser le minimum de temps, en cumulé des deux compétiteurs. Mon coach entraîne le meilleur marcheur homme et il aimerait que nous fassions une doublette avec lui. Seulement, 35 km c’est encore une autre course différente des 20 km ou du 10 000 m. L’entraînement serait différent. Je ne sais pas encore si j’y suis prête.

Est-ce possible de cumuler les deux sur une olympiade ?

Oui, c’est programmé dans les Jeux pour que ça soit possible d’enchaîner les deux courses. C’est une grande première et la première répétition aura lieu lors des mondiaux de l’an prochain. Je ne sais pas encore si je suis prête à faire les deux. Je me laisse toute cette saison pour y réfléchir et prendre ma décision. J’y verrai plus claire à l’issue des Championnats d’Europe de Munich, fin août.

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