Mathieu Biazizzo ne s'est pas qualifié pour les JO de Tokyo mais reste un leader du GESN.
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Par la force des choses, le club de canoë-kayak de Golbey-Epinal-Saint-Nabord (GESN) navigue actuellement à vue. Les dirigeants slaloment entre les directives et maintiennent l’embarcation à flot à travers une activité réduite en direction des licenciés, petits ou grands. Entre les incertitudes liées à l’évolution de la situation sanitaire, les actualités « olympiques » et le projet de nouveau stade d’eaux vives au port d’Epinal, les sujets d’intérêt et de préoccupation ne manquent pas. Entretien avec Julien Gaspard, un président prudent mais optimiste.

Président, comment se porte le club dans le contexte que l’on connaît ?

Julien Gaspard – Dans cette période difficile, on a la chance d’être une discipline de plein air et de ce fait, de faire partie de celles qui maintiennent leurs activités le plus longtemps ou reprennent le plus vite. On a réussi sur 2020 à avoir une année où on ne va pas avoir d’impact ou peu. On a gardé une partie d’activités. On tient la barre mais on sent que l’équilibre est fragile.

Quelles sont les perspectives de vos athlètes pour les mois à venir ?

J. G. – Pour l’entrainement, les athlètes de haut niveau sont privilégiés. Ceux qui sont en N2 auront début mars une échéance importante pour la montée en N1. Et le gros rendez-vous ce sera les courses de sélection fin avril à Vair-sur-Marne pour faire partie des équipes de France qui disputeront les championnats et coupes du monde. Une dizaine d’athlètes du GESN est concernée.

Pour Tokyo cet été, les jeux sont déjà faits. Et contrairement aux deux dernières éditions, le GESN n’aura pas de représentants…

J. G. Non, mais ce n’est pas la première fois que ça arrive. On a toujours cette volonté d’accompagner nos athlètes aux Jeux. On sait qu’on a du monde qui peut y être, Mathieu (Biazizzo) était très bien revenu. En fait Gauthier (Klauss) et Matthieu (Péché) nous ont habitué à ça, mais ce qu’ils ont fait est exceptionnel. Dans notre sport, il n’y a qu’un bateau qui est pris dans chaque catégorie, c’est tellement dur et serré… A l’heure actuelle, on a des leaders mais pas le vivier.

A propos des JO, que pensez-vous de l’intégration du « slalom extrême » au programme en 2024 ?

J. G. C’est dans l’air du temps d’aller vers des sports plus jeunes, branchés, spectaculaires. Les puristes ont l’impression que c’est plus bourrin : il faut cogner les autres pour se faire le passage ; ceux qui sont loin de notre sport disent en voyant les images que c’est génial. J’arrive à comprendre les 2 points de vue. Soyons pragmatiques : ça peut être une opportunité. Quand la règle de jeu sera clairement établie, on s’adaptera pour accompagner au mieux nos athlètes sur cette discipline.

D’ici là, vous devriez pouvoir profiter d’un équipement sportif et touristique qui a beaucoup fait parler. Où en est-on du projet de stade d’eaux vives au port d’Epinal ?

J. G. – Ça avance dans le bon sens. Le projet a été adopté par les élus de la Communauté d’agglomération d’Epinal en décembre. Les travaux pourraient commencer au printemps, sous réserve des résultats de l’étude environnementale, des autorisations et de l’enquête publique en cours, pour une mise en service en 2022. Ça devient concret, c’est un soulagement pour nous.

En quoi est-ce si important pour le club de disposer d’un tel outil ?

J. G. – Le parcours en centre-ville est un bel atout mais il a vécu et ne peut pas être rénové. C’est notre compétitivité qui est en jeu. En termes de formation au haut niveau, on prend du retard par rapport à Pau ou Torcy. Le nouveau bassin est l’élément clé de notre projet de développement et il doit aussi nous permettre de refaire de l’événementiel d’envergure, type compétitions nationales et internationales. Il est indispensable enfin pour le développement des activités loisirs grand public.

Justement, outre le canoë-kayak, quelles sont les activités qu’on pourra pratiquer sur le bassin ?

J. G. – L’idée générale est de créer au port un véritable pôle des sports de pleine nature rassemblant vélo, randonnées et activités nautiques. Avec le parcours, on va pouvoir mettre des débits différents et faire de nombreuses activités d’eaux vives : canoë-kayak, natation, rafting, bouée, petits bateaux gonflables et il y a en option un module pour une vague à surf. Il sera par ailleurs utilisé par le Service départemental d’incendie et de secours en tant que plateau technique « inondation ».

Quel peut être l’impact du label « Terre de Jeux 2024 » ?

J. G. – D’abord, je rappelle qu’on ne fait pas le stade d’eaux vives en perspective des Jeux. Le fait que Paris 2024 arrive au même moment, c’est juste la cerise sur le gâteau. Le label « Terre de Jeux » et le fait d’avoir été retenu comme Centre de Préparation permettra la venue d’équipes étrangères pour l’entrainement avant les compétitions, ce qui peut nous permettre d’enclencher une dynamique, de bénéficier d’un coup de projecteur et de montrer qu’à Épinal on sait accueillir des sportifs.

Le futur stade d’eaux vives en chiffres :

  • 3,50 mètres de dénivelé du futur bassin
  • 4 emplois temps plein potentiellement créés
  • 150 tonnes de béton pour la construction du stade
  • 200 mètres de longueur, entre le pont de la République et le barrage de La Gosse
  • 4 000 mètres carrés de plaine préservéspour les activités et les manifestations
  • 90 000 euros : le coût annuel prévisionnel de fonctionnement en électricité
  • 5,7 millions d’euros de budget, dont 3,9 millions d’euros de subventions (collectivités, Centre national du sport, contrat de ruralité, SDIS)
Le parcours sera alimenté par la Moselle grâce à des pompes à vis d’Archimède. L’eau puisée dans la rivière y sera renvoyée. L’activité du site sera préservée et il n’y aura pas besoin de créer d’accès, de bâtiment et de parkings.