Vainqueur sur le trail hivernal de la Moselotte, Paul Ménissier lance sa nouvelle ascension
Opéré à deux reprises en 2025 après la découverte d’une endo-fibrose iliaque, Paul Ménissier, 22 ans, a signé un retour fracassant à la compétition en remportant ce dimanche le 28 km du trail hivernal de la Moselotte, à Cornimont. Une victoire fondatrice pour lancer une saison 2026 ambitieuse.
Il y avait foule au départ du trail hivernal de la Moselotte, organisé par le COHM, ce dimanche à Cornimont. Mille dossards ont trouvé preneur sur les deux distances proposées et, au bout des 28 kilomètres, format long, un nom s’impose : Paul Ménissier. Le coureur originaire de Chaumoussey a coupé la ligne en 2h22.
Car derrière ce succès, il y a quatre années de douleurs et une longue traversée du désert. « C’était une bonne course de reprise. Ça faisait quatre ans que j’avais mal dans les jambes. J’ai trouvé en 2025 la pathologie que j’avais, ça s’appelle l’endo-fibrose iliaque. » Le diagnostic tombe enfin, suivi de deux opérations, en mai puis en novembre 2025. Dimanche, en terre vosgienne, c’était donc bien plus qu’un simple dossard : « C’était vraiment le retour à la compétition. Je ne pensais pas m’imposer, même si mentalement j’étais prêt à aller chercher la victoire. Ce retour gagnant est une belle surprise. »
À 22 ans, Paul Ménissier n’est pourtant pas un inconnu du circuit. Avant que la pathologie ne freine son élan, il avait choisi de s’entourer d’un coach. En 2022, il signe notamment une performance marquante en terminant deuxième Français sur une course du circuit UTMB. Puis la machine s’enraye. « Au final, je me suis écarté du coaching suite à ma pathologie et depuis je suis autonome, j’arrive à me gérer seul. » Une indépendance assumée, qui ne l’empêche pas d’afficher de grandes ambitions.
« J’aimerais me professionnaliser »
Son programme 2026 en dit long. Cap sur le Shokz Demi-Tour du lac à Annecy le 31 mai (53 km), puis le Marathon du Mont-Blanc à Chamonix fin juin (42 km). Suivront le Monte Rosa by UTMB en Suisse (43 km), l’Infernal Trail des Vosges à Saint-Nabord en septembre (100 km) et les mythiques Kilomètres Verticaux de Fully, en Suisse. Avec, en ligne de mire, un possible dossard à Sierre-Zinal début août. « La Maxi-Race à Annecy, le demi-tour du lac, ce sera mon premier gros objectif de la saison », annonce-t-il.
Entre ces grands rendez-vous, le Calmosien n’oublie pas ses terres. « En plus de mes grandes courses, je vais faire un peu de local. Je n’ai pas vraiment un calendrier bien précis, même si je peux déjà dire que dimanche 1er mars je ferai le Trail des Hautes Vosges au Ménil sur le 14 km, et que le 19 avril je ferai le 10 km de la Ronde printanière à Thaon. Entre-temps, le 5 avril, j’ai une course de ski-alpinisme au programme. » Une autre passion. « J’aime beaucoup la montagne donc le ski-alpinisme, l’hiver, ça complète bien le trail. Je vais aller me faire plaisir dans les Alpes, j’ai trouvé une petite course à aller faire. »
Sur le long terme, l’objectif dépasse la simple performance. « Le but, c’est d’en vivre. J’aimerais me professionnaliser, c’est pour ça que je cherche des partenaires financiers ou matériels. » Aujourd’hui, deux soutiens l’accompagnent déjà : Céramiq pour la partie textile et Running Conseil Vosges pour la nutrition et les chaussures. Le jeune homme ne se fixe aucune limite : « Le but de faire des courses nationales et internationales, c’est de me faire repérer par des marques un peu plus grosses. Sur le plan sportif, l’objectif sera de faire les meilleures performances possibles. »
Son succès à Cornimont n’est peut-être qu’une étape. Mais il symbolise surtout la fin d’un combat silencieux et le début d’un nouveau chapitre. Pour Paul Ménissier, 2026 pourrait bien être l’année du décollage.
