Une programmation splendide et des talents de haute volée : la crème des guitaristes vient lâcher accords et mélodies au Festival Guitares de Saint-Dié-des-Vosges.

Ils sont les têtes d’affiche du festival, et quelle affiche ! Fred Blondin, Lily Road et Michael Jones. Un trio pour accueillir les festivaliers au bout de leurs six cordes ! Michael Jones, éternel dandy rockeur en costume trois pièces, pincé dans l’attitude mais libéré sur sa guitare. Découvert en France grâce au trio à succès, Fredericks Goldman Jones, accompagnant de leurs notes toute une génération de jeunes et de fans. Jones continue la scène aujourd’hui avec la tournée Celtic Blues, prenant résolument une orientation nouvelle dans son parcours de touche-à-tout. 

Un éclectisme qui a peut-être inspiré Lili Road dont Jones est le mentor (la chanteuse assure certaines de ses premières parties). Lili Road, artiste folk rock, a séduit des salles entières dans le dénudement de sa relation voix-guitare solo. Sous le charme de sa voix envoûtante, on succombe à des mélodies efficaces. Si son premier album est encore en préparation (sortie en septembre 2012), elle a déjà écumé de nombreux festivals avec sa quarantaine de chansons.  Fred Blondin complète ce trio : l’auteur-compositeur de Johnny Hallyday et Yannick Noah notamment, signe des tubes dans l’ombre mais excelle aussi sous les feux de la rampe. 

Un festival à 15 euros dans les Vosges

Avec pareil démarrage, la journée de samedi s’annonce des meilleures ; Prime Time Bluegrass porte bien son nom avec son répertoire old time, country et bluegrass, pour ces Alsaciens d’origine ! Le banjo en bandoulière mais la guitare n’est pas très loin. Le jazz manouche de La Roulotte nous vient, lui, de Nancy avec guitares, accordéon et contrebasse. Un style, des mélodies enlevées, une maîtrise parfaite et une capacité innée à restituer le grain de la musique manouche. Un régal. 

Kurt achève la soirée dans la jubilation pop rock française et des textes aux interrogations abyssales, comme dans  » 6 000 générations  » :  » Ce que je prends sur cette terre / Ce que je laisse en jachère / C’est un héritage de 200 000 ans / Pour 6 000 générations « . A cheval entre Cantat et Indochine. De quoi terminer la soirée dans l’éblouissement, mais attention, on se réserve quand même pour le dernier jour du festival, last but not least.

A 10h30 le dimanche, Les Petits Musiciens des Nez Rouges ont pris en charge de vous réveiller et Lilhi de vous conduire vers l’heure du déjeuner. Une voix juvénile sur une guitare électrique, un mélange détonnant, incroyable, réellement captivant. Un voyage sur des textes de sa composition comme l’univers onirique de sa chanson  » Décembre viendra ce soir « . 

En début d’après-midi, dans un registre radicalement différent, Florent Montignac aborde le répertoire classique du XVIIIe au XXe siècle. Ensuite, un duo truculent nommé Iguazù avec l’équatorienne Maria Tejeda comme leader vocal, Donald Regnier guitariste virtuose, rejoints par Stéphane Escoms, accordéoniste jazz bien connu de la scène vosgienne. 

Le festival se conclut sur le défouloir : Peggy Saoule nous plonge dans l’Amérique des 50’s, 60’s et 70’s : Chuck Berry, Joe Cocker, Marvin Gaye… jubilatoire ! En miroir,  le groupe  » Pierre et Willy Trio  » termine par un set des mêmes années musicales, cette fois-ci de ce côté de l’Atlantique, mais pas moins pêchu ! A seulement 15 euros les trois jours de festival, pourquoi s’en priver ?