Son premier roman publié chez Gallimard a fait partie des succès littéraires de la rentrée l’automne dernier. Salué pour son humour salutaire et son style, le roman de cette Vosgienne installée à Paris apporte une vraie bouffée de rires frais.

C’est une question classique : comment vous est venue l’envie d’écrire ?
J’ai toujours su que je serai écrivain. A neuf ans, je faisais des livres reliés par de la laine que je distribuais à la famille ! C’est mignon non ? (rires) Quand j’ai eu 23 ans, j’ai croisé un ancien professeur de français, je ne l’ai pas reconnu tout de suite, mais il m’a dit qu’il surveillait chaque rentrée littéraire pour voir s’il y trouvait mon nom ! Ça a eu un impact énorme sur moi…

Vous avez alors commencé à écrire ?
Pas tout à fait ! J’ai fait une licence d’histoire, de la médiation culturelle, des sciences de l’information… J’ai grenouillé dans plusieurs milieux : j’ai rédigé une thèse, je suis devenue journaliste, j’ai enseigné à l’université à Paris… alors que le seul truc que j’avais envie d’écrire c’était un roman et je ne savais pas m’y mettre. Je me suis toujours vécue comme une romancière qui n’écrivait pas.

Et finalement ?
J’ai pris deux mois de congés et j’ai écris le gros du manuscrit. Puis chaque week-end je reprenais l’écriture du livre. J’avais le titre en tête mais pas l’histoire ! Les personnages sont venus à moi, je ne les avais pas prévus. Je me suis beaucoup inspirée des réalités que j’observe autour de moi – comme la famille recomposée – , mais je ne parle pas des miennes.

Vous avez choisi le registre de l’humour, pas forcément évident en littérature. Pourquoi ?
J’ai une distance ironique dans mon rapport au monde, mais sans cruauté. Je tiens à rire de moi-même et des réalités qui m’entourent. Je ne sais pas si c’était prévu de faire un livre drôle, mais au moins à ammener mes lecteurs à rire d’eux-mêmes. La littérature est déjà très occupée par les documentaires, la sinistrose, l’autobio-dépressivo-je-sais-pas-trop-quoi ! Ce registre de l’humour des second et troisième degrés se fait rare. Le rire n’appartient pas qu’à la télé ou au cinéma.

Vous êtes éditée par la prestigieuse maison Gallimard, les critiques positives pleuvent (Télérama, Elle…), comment accueillez-vous ce début de notoriété ?
Être publiée dans la collection blanche de Gallimard c’était de l’ordre du merveilleux, mais pas du possible. J’ai d’abord envoyé le manuscrit à quatre éditeurs qui m’ont répondu positivement. Ça m’a poussée à tenter Gallimard. Il faut oser, ne pas hésiter. Au moment de l’envoyer, j’étais devant la boite aux lettres dans un état second, le manuscrit me brûlait les doigts. Là, on ne peut pas le garder, c’est très sensoriel, très physique, on ne réfléchit plus.  

Vous travaillez sur un nouvel ouvrage ?
J’essaye de donner plus de temps à l’écriture mais je continue à travailler en freelance pour rédiger des études de sociologie. Le travail reste une expérience sociale inspirante. Mon prochain livre restera proche de la comédie sociale, une comédie urbaine et satirique. Beaucoup plus centrée autour des rapports de couples.

Maria Pourchet présente et signe son roman à la médiathèque de Saint-Dié-des-Vosges (à 10h30) et à la librairie Le Neuf (dès 14h) samedi 16 février 2013.


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