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Film-docu : La Panthère reine des neiges de Vincent Munier !

Le 01 décembre 2021 par Jordane Rommevaux
Vincent Munier, à gauche et Sylvain Tesson, sont à l'affut de la panthère.
Vincent Munier, à gauche et Sylvain Tesson, sont à l'affut de la panthère.
© Capture d'écran du film La Panthère des neiges

Le photographe animalier vosgien, Vincent Munier, s’est entouré de l’auteur Sylvain Tesson et de sa compagne, la réalisatrice Marie Amiguet pour proposer un documentaire aussi fascinant qu’envoutant, sur les traces de la panthère des neiges, au Tibet. Sélectionné au dernier Festival de Cannes, ce film est à découvrir dans les salles de cinéma à partir du 15 décembre. Rencontre avec Vincent Munier et Marie Amiguet.

Pourquoi avez-vous décidé de focaliser votre reportage sur la panthère des neiges ?

Vincent Je l’ai découverte à travers les récits d’aventure du biologiste américain George B. Schaller. Dans le Chitral, au Pakistan, il l’avait filmée dans les années 1970. Je suis parti au Tibet en 2011 pour la première fois et j’ai mis un mois à observer ses traces, sans jamais la voir. C’est finalement le yack sauvage, certainement un descendant du mammouth laineux, qui m’a attiré sur ces hauts plateaux.

Marie – Après avoir rencontré Vincent en 2016, il m’a parlé de son projet au Tibet et son aventure était tellement intéressante qu’il m’a semblé impossible de refuser de partir, tout en accompagnant Sylvain Tesson, qui est un écrivain que j’admire énormément.

À la base, ce projet était-il un film ?

Vincent Pas du tout. Nous n’avions pas l’intention de partir pour faire un film pour le cinéma. On l’a construit sur la même base que lorsque j’écris un livre, sans contrainte. Nous sommes partis la fleur au fusil. Ce n’est qu’au fur et à mesure de notre travail que nous nous sommes rendu compte que nous avions accumulé beaucoup d’images et donc de quoi proposer un documentaire pour la télévision. Mais, un producteur nous a poussé à voir plus loin en nous assurant que nous avions matière à réaliser un film pour le cinéma.

Marie J’étais venue filmer la rencontre entre deux bonshommes d’univers différents, partis à la découverte de la panthère des neiges, dans l’Est du Tibet, sur des plateaux situés à 4 500 m d’altitude, dans un paysage très sec et aride. L’immensité à perte de vue, que nous pouvions associer aux nombreuses vidéos animalières que Vincent avait accumulées lors de ses 5 voyages précédents, nous offrait matière à faire.

Quand a débuté le tournage ?

Vincent Il s’est effectué en plusieurs parties. La première était en septembre 2018, pendant la saison des amours. Nous avions donc plus de chance de voir la panthère. Il ne faut pas oublier que c’est un gros chat qui peut dormir très longtemps. Nous devions donc tabler sur une période de l’année où il allait sortir plus longtemps. Nous sommes revenus, ensuite, en septembre 2019, avec de très belles images de la panthère et des paysages. Personnellement, moi j’y étais déjà allé en 2011. La différence qui nous a contraints lors du tournage en 2018 et 2019 était sur la situation politique. Il était difficile, par moments, de faire comprendre aux locaux que nous n’étions là que pour filmer une panthère.

Comment avez-vous préparé les tournages ?

Vincent Il y a eu beaucoup de repérages avant de choisir les sites idoines pour filmer. C’est une des qualités que doit développer un photographe animalier : la patience et le choix du spot. Dès l’âge de 12 ans, j’ai eu la chance d’habiter à proximité de la nature et d’avoir des parents qui en étaient amoureux. Ce sont ces instants passés seul dans cette nature vosgienne qui ont forgé mon expérience et mon désir d’aller voir la faune et la flore d’encore plus près. Et, rien de tel que de se mettre dans la peau d’un animal que l’on veut voir. Il faut réfléchir comme lui, imaginer les endroits où il va passer, se mettre dans son rythme de vie. Durant tout notre séjour, la panthère nous a donné des leçons. Elle savait que nous étions là et elle nous a donné ce qu’elle acceptait de nous donner en images.

Marie Comme Sylvain Tesson, je n’étais pas expérimentée et donc je suivais les directives de Vincent. Je me collais à plat ventre par terre, je rampais, je me faisais discrète, soit derrière eux, soit sur le côté, et je me transformais en caillou, sans plus bouger. Alors, je filmais tout ce qui se passait, et rien n’était écrit.

Comment percevez-vous l’engouement autour du film ?

Marie Ça me touche beaucoup car les projections dans le sud, d’où je suis originaire, m’ont émue. Le public a répondu présent. On dirait que partout où l’on va, ce film a le pouvoir de sensibiliser les gens et de renouer le contact avec la nature. J’ai la sensation que nous avons réussi à faire passer nos messages et nos valeurs. Ça c’est super !

Vincent Aujourd’hui, ce n’est pas encore un succès et ce n’était pas vraiment ce qui était recherché d’ailleurs, même s’il est vrai que c’est valorisant de lire et d’entendre que son travail est valorisé. C’est le résultat de dizaines d’heures de dérushage d’images filmées, je suis donc touché par ces excellents retours. Cela étant, on sait qu’un documentaire au cinéma a toujours un succès relatif. D’autant plus en période de Noël… Mais, à la vue des retours, on croise les doigts. Nous avons déjà eu la chance d’être sélectionnés pour le Festival de Cannes et d’être achetés dans plus de 20 pays. Autre bonne nouvelle, nous aurons une diffusion à la télévision par le biais d’Arte, qui a apporté son soutien. Une sortie DVD est également envisagée dans 6 mois à 1 an.

Bio express

Marie Amiguet – Biologiste de formation puis diplômée d’un Master de cinéma animalier (IFFCAM), la réalisatrice franco-suisse Marie Amiguet tourne avec Jean-Michel Bertrand La Vallée des loups et réalise Avec les loups, un portrait du cinéaste. En 2017, elle rencontre Vincent Munier avec qui elle signe Le Silence des bêtes, coup de gueule contre le braconnage des lynx. Puis elle s’embarque dans l’aventure au Tibet pour filmer la rencontre de l’écrivain et du photographe.

 

 

Vincent Munier – Photographe, cinéaste et éditeur, amoureux des grands espaces et sensible à la poésie du monde sauvage. Des Vosges à l’Arctique en passant par le Tibet,
il tente, via ses photographies, livres et films, de partager sa passion et surtout d’alerter sur le besoin vital d’être en harmonie avec les autres êtres vivants. Il a fondé Kobalann Éditions & Productions en 2010 et est l’auteur d’une douzaine d’ouvrages, dont Solitudes, Arctique et Tibet, minéral animal.

 

 

Saurez-vous retrouver la panthère des neiges, qui se confond dans son environnement, pour paraître incognito ?

 

Bande annonce de La Panthère des Neiges :

 

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