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30 ans du Festival International du Film Fantastique : Gérardmer regarde vers la lumière !

Le 21 janvier 2023 par Jonathan Blanchet
30 ans du Festival International du Film Fantastique : Gérardmer regarde vers la lumière !
Bruno Barde, Directeur du Festival du Film Fantastique de Gérardmer.
© Olivier Vigerie / LPSC

Trente ans que le festival du film fantastique de Gérardmer prend le pouls du cinéma fantastique. Trois décennies aussi que le rendez-vous géromois, incontournable bien au-delà des frontières vosgiennes, se réinvente au-delà des tendances qu’il a l’habitude de révéler. À quoi va-t-il ressembler cette année ? Premiers éléments de réponses en attendant le début des réjouissances fin janvier.

« C’est indéniable, le monde et le cinéma évoluent ensemble. Le cinéma retrace toujours les peurs et les craintes des cinéastes. Le fantastique le montre sans doute un peu plus que les autres » observe Bruno Barde, chef d’orchestre du festival du film fantastique de Gérardmer, incontournable festival dans le paysage des manifestations cinématographiques qui remet l’ouvrage sur le métier en cette fin janvier.

Il arrive fréquemment que le monde précède les cinéastes et parfois, l’inverse se produit. Toute considération philosophique mise à part, qui aurait pu croire, il y a trois ans de cela, que le cinéma fantastique, pourvoyeur d’épidémies et de catastrophes en tous genres, allait jouer à ce point les Cassandre ?

On connaît la suite, avec ses confinements et ses restrictions sanitaires mettant la culture sous cloche. Fort d’un solide historique, le festival de Gérardmer ne s’en est pas laissé conter en organisant une édition virtuelle à domicile et une deuxième avec des jauges restreintes et sans ses animations habituelles. « Il a fallu être inventif, cela a montré toute la solidité du festival » se souvient son directeur.

2023, festival de l’étrange ?

L’évènement promet enfin cette année de revenir plus ragaillardi que jamais, et il y a une bonne raison à cela : ses trente ans d’existence au compteur. L’occasion pour le festival du film de genre de regarder derrière son épaule, comme de scruter l’horizon devant lui, dans un paysage cinématographique en perpétuelle évolution.

« Ces trente ans nous appellent à penser à notre histoire » opine celui à qui il incombe chaque année de sélectionner les films de la compétition qui seront ensuite soumis au verdict du jury et aux critiques des professionnels et du public.

« Cette histoire, ce n’est pas nous qui l’inventons. Elle existe à travers les films ». Des films qui, bien souvent donc, se veulent le miroir ou le témoin des bouleversements ou des angoisses de notre société. Qu’espérer, alors, pour cette année, sans déflorer une sélection qui sera tout juste dévoilée ou en passe de l’être quand vous lirez ces lignes ?

« À l’heure actuelle, les cinéastes essaient d’enjoliver ce monde, de le rendre plus beau. Cette année, le festival sera sans doute davantage placé sous le signe de l’étrange, l’étonnant ou le merveilleux » esquisse le directeur du festival.

En laissant donc un peu de côté les séries de meurtres sanglants et découpages en tous genres. Le hasard fait parfois bien les choses : « j’ai envie de montrer des films où il y a un peu de lumière » confie le sélectionneur qui en a vu passer près de 300 cette année.

Un fantastique plus mature

Lui estime que le genre s’est professionnalisé, dans le bon sens du terme. « On le voit dans les sujets des films, la mise en scène, les technologies à l’œuvre. On ne peut plus faire des séries Z, mal filmées, mal éclairées. Aujourd’hui, ça n’existe plus. Le genre fantastique est devenu un genre sérieux dans son approche. Bien sûr, on peut faire des comédies d’horreur, mais elles sont beaucoup plus étudiées. Notre rôle, c’est d’être précurseur en étant parmi les premiers à montrer ces films ».

Hasard ou pas, « ce sont souvent ces films qui restent » estime-t-il à nouveau. Année après année, Fantastic’Arts a fait office de révélateur. C’est à Gérardmer, en 1994, dans un encore jeune festival, qu’un autre jeunot, qui sera, bien des années plus tard, auréolé du succès de son adaptation du Seigneur des Anneaux, présentait Créatures célestes. Un conte mêlant fantaisie et noirceur morale.

Outre Peter Jackson, Gérardmer a dévoilé des Vincenzo Natali (Cube, 1997), Tomas Alfredson (Morse, 2009) ou Julia Ducournau avec Grave (2017), plusieurs années avant son sacre cannois. Des géants comme Dario Argento, John Carpenter ou Wes Craven ont foulé le sol vosgien.

« Ce que tous ces films ont en commun, c’est la peur. On a peur des vampires, on a peur des fantômes, on a peur d’être seul perdu dans une forêt vosgienne ». On a peur de l’autre aussi et de ce qu’il pourrait représenter. En résumé, « on a peur de ce qu’on ne connaît pas ».

Quel festival pour le futur ?

S’il est établi que la peur demeure le principal carburant du festival, comment lui-même se projette vers l’avenir qui n’a jamais charrié autant d’inconnues ? Trente ans après, le révélateur, qui s’affirme plus volontiers comme un accompagnateur de talents, retrouve des voix familières.

« Regardez l’Espagne ; le pays était représenté les premières années et un film espagnol a été distingué l’année dernière (Abuela de Paco Plaza, devenu lui-même un des phares de l’angoisse au cinéma depuis Rec en 2007, ndlr). Le signe que « toutes les cinématographies se renouvellent grâce au genre », où l’inattendu a toute sa place.

« Gérardmer parie sur les trente ans à venir, prenant en compte la multiplication des écrans et leur forme » écrit aussi l’organisation du festival dans un communiqué annonciateur de cette édition anniversaire. Le festival, envisage-t-il, de se frotter à d’autres médiums, des séries télé à la réalité virtuelle qui ont déjà produit des expériences singulières pour faire frissonner son public ?

« Je n’aime pas les frontières, donc je n’écarte rien. Je ne veux pas être tributaire de la forme, mais je veux me garder la liberté de le faire. J’accepte l’idée de l’imprévu et de la surprise. » confie Bruno Barde. Ce ne sont pas les festivaliers, avides de découvertes, qui vont le contredire.

30e Festival international du film fantastique
Du 25 au 29 janvier 2023
Tarifs pour assister aux projections :
> Billet à la séance : 10 €
> Pass Festival : 100 €
> Pass 3 jours du vendredi au dimanche : 85 €
> Pass week-end : 64 €
> Pass jeudi ou vendredi : 32 €
> Pass samedi : 48 €
La plupart des événements attenants aux projections (animations, concerts) sont gratuits
Info et programme sur : www.festival-gerardmer.com

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