Frank Leboeuf, à Vittel le 23 janvier : « Mes stars étaient au théâtre, pas sur un terrain de football »
L’ancien international de football, qui roule sa bosse au théâtre depuis une dizaine d’années, est à l’affiche de Coup de Bluff au Cabaret, une comédie de situation incluant de vrais numéros de music-hall. Avant sa représentation à Vittel le 23 janvier prochain, le Champion du Monde 1998 se confie sur sa deuxième carrière.
Coup de Bluff au Cabaret mêle boulevard et numéros de music-hall. Vous poussez la chansonnette ?
Même si j’ai fait Mask Singer, je ne chante pas, et c’est tant mieux pour tout le monde ! Coup de Bluff, c’est un vrai spectacle, avec des danses, et même un peu de magie. Les numéros ont été chorégraphiés par mon épouse, Chrislaure, qui a été danseuse à l’Opéra de Paris et chorégraphe pour Phil Collins. C’est la première fois qu’on travaille ensemble et elle a eu du boulot ! On a emprunté nos costumes dans un cabaret et on a appris nos danses dans un studio deux heures par jour.
C’est la cinquième fois que vous jouez aux côtés de Nicolas Vitiello. Comment avez- vous croisé sa route ?
J’ai rencontré Nicolas en 2012, à l’occasion d’une lecture de Ma belle-mère, mon ex et moi. Je débutais au théâtre, nous étions tous deux acteurs. Nous avons ensuite écrit ensemble la suite de la pièce (Ma belle-mère et moi… 9 mois après). Depuis, notre amitié n’a cessé de grandir. C’est quelqu’un de courageux, un gars de Toulon sorti gagnant de Popstars, l’émission de M6. J’ai voulu l’encourager et produire ses pièces. J’en suis également à ma troisième pièce coproduite avec Les Grands Théâtres et Jérôme Foucher. J’avais envie de tenir un peu plus les ficelles (rires) !
Avez-vous apporté votre touche à l’écriture de Coup de Bluff au Cabaret ?
C’est Nicolas qui a écrit la pièce, mais nous avons beaucoup échangé pendant cette période. Nous avons deux approches de l’humour différentes. Nous sommes complémentaires l’un de l’autre, y compris dans le jeu. Nicolas et moi, c’est Poiret et Serrault ! Lui, c’est le clown blanc et je suis plutôt l’auguste. Je suis là pour le servir.
La pièce marque les retrouvailles avec Véronique Demonge et Christine Lemler et l’arrivée de Jérôme Antony…
L’esprit de troupe, c’est crucial. Nicolas, Véronique, Christine et moi, on se connaît très bien. Chacun fait attention à l’autre. C’est vrai que Jérôme doit trouver ses marques dans cet ensemble. Il a beaucoup de qualités, il est encore un peu frais et c’est génial de le voir progresser.
Quel était votre rapport au théâtre avant de vous lancer au début des années 2010 ?
Ça remonte : j’ai retrouvé des photos de moi en train de faire du Molière en sixième ! Tout petit, j’étais scotché devant Au Théâtre ce soir. Mes stars étaient au théâtre, pas sur un terrain de football. C’était Georges Beller, avec qui j’ai eu la chance de jouer, Jacqueline Maillan… Ça me faisait rêver de voir ces gens raconter une histoire sur scène, je me demandais toujours ce qu’il y avait derrière. C’est pour ça que j’aime faire visiter les théâtres à des enfants, pour leur montrer qu’il n’y a finalement pas grand-chose (rires) et que tout est magie.
Qu’est-ce qui vous plaît dans le théâtre ?
Ma dernière pièce, je l’ai jouée 222 fois… et, à chaque fois, il faut faire croire au spectateur que c’est la première fois que je le fais. Il y a un vrai effort de sincérité à appliquer, c’est passionnant. Et puis, il faut écouter les autres. Il m’est arrivé de rentrer sur scène et de ne plus savoir ce que je devais dire. Et, d’un seul coup, ça sort tout seul, grâce à l’énergie de ses partenaires, parce que les mouvements amènent les mots…
C’est cette remise en jeu permanente qui vous motive ? Un peu comme au foot !
Totalement. Quand vous avez 500 personnes devant vous, il faut y aller. Le « one shot », c’est ce que j’aime. Il faut essayer d’être le meilleur possible à chaque fois. On dit que la télévision, c’est pour l’argent, le cinéma, pour la célébrité et le théâtre, pour les comé- diens. Pour moi, ça résume tout.
Comment avez-vous pris le virage de « l’acting » ?
Au début des années 2000, on m’a pro- posé un petit rôle dans Taking Sides, avec Harvey Keitel. Je me suis tout de suite dit que c’était ce que je voulais faire après le foot. Quand j’ai arrêté ma carrière en 2005, je suis parti un an et demi à Los Angeles pour apprendre le métier. Le théâtre est venu ensuite très naturellement. En 2010, on m’a proposé une première pièce qui s’appelait L’intrus. Comme je n’ai jamais vraiment reçu de rôle au cinéma avec suffisamment de matière à travailler et que les propositions au théâtre se sont succédé, j’ai continué. J’ai dû jouer 1 600 fois au théâtre, c’est vertigineux et génial.
Coup de Bluff au Cabaret.
Une pièce de et avec Nicolas Vitiello, Frank Leboeuf, Jérôme Anthony, Christine Lemler… 1 h 40.
Le vendredi 23 janvier à 20 h à l’Espace Alhambra de Vittel.
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