Pourquoi mentons-nous ? On vous donne des éléments de réponse !
Mentir est un vilain défaut. Pourtant, nous avons tous utilisé ce subterfuge pour nous sortir d’un faux-pas, nous faire passer pour quelqu’un de mieux que ce que nous sommes, ou simplement ne pas dire ce que l’on pense pour ne pas faire de peine, par exemple. Tous les jours nous sommes tentés par cette solution, mais d’ici à dire que tout le monde ment comme il respire, où se situe la « vérité » ?
Pourquoi ment-on ?
Selon les psychologues il existerait autant de mensonges que de façon de mentir. Plus sérieusement, la psychologie sociale retient cinq motivations au mensonge : valoriser son image, éviter les conflits, ne pas peiner un interlocuteur, persuader quelqu’un en vue d’en tirer un avantage, et dissimuler ou justifier un manquement…
Mais mentons-nous tant que cela ?
Deux études apportent des éléments de réponse. La première « Mentir dans la vie de tous les jours », menée en 1966 par trois psychologues, Felder, Forrest et Happ, consistait à étudier le comportement de 242 participants à qui l’on avait demandé de se présenter sous leur meilleur jour à des inconnus. Lors de leur conversation plus de 60 % ont eu recours au mensonge – à raison de 2 à 3 fois en dix minutes d’échanges – pour donner une image positive de soi. Mentir ne serait donc pas ni difficile ni coûteux et, de manière plus globale, les chercheurs de cette étude on conclut que nous mentons tous une à deux fois par jour. Des résultats corroborés en 2002, par une seconde étude me- née sur 1 000 participants, qui a permis d’affiner le résultat : 30 % des personnes mentent entre une et cinq fois par jour ; 1 % des participants aurait même menti plus de 20 fois, montrant que les menteurs pathologiques ne sont pas légions.
Hommes, femmes, qui dégaine le plus de mensonges ?
Cette étude menée en 2002 apporte également la réponse. En fait ni l’un ni l’autre ! En revanche, elle met en avant un fait intéressant : « Les mensonges dits par les hommes et les femmes diffèrent en contenu, mais pas en quantité… » Les chercheurs ont noté que les hommes interrogés ont moins de scrupules à mentir que les femmes et utilisent le mensonge pour préserver ou améliorer leur propre image ; en fait pour s’auto-protéger du jugement de l’autre. Les femmes, à l’inverse utiliseaient plus souvent des mensonges à visée altruistes : faire de faux compliments pour ne pas faire de peine ou pour prendre position en faveur de leur entourage. Ces deux études datant d’un monde où les nouvelles technologies n’étaient pas encore répandues, on ne peut qu’être curieux de connaître leur impact sur ce comportement.
L’utilisation du smartphone et des réseaux sociaux influent- ils sur notre propension à mentir ?
En 2021, David Markowitz, professeur et chercheur en data analyse à l’Université de l’Oregon, s’est posé la question de savoir si nous mentions davantage en face à face, sur les réseaux sociaux, par téléphone, par textos, en visioconférence ou par email ? L’analyse des réponses de 250 participants lui a permis de montrer que plus les moyens de communication sont instantanés, sans trace écrite ni enregistrement et l’interlocuteur distant, plus les mensonges sont fréquents. Le moyen le plus sûr de s’assurer que l’on ne vous mène pas en bateau sont les mails.
Il note également que « Les mensonges des participants se font plus en fonction de s’ils risquent de décevoir la personne en face, et non par choix d’un moyen de communication spécifique. Malgré l’évolution technologique observée ces 20 dernières années – en incluant les changements de mode de socialisation provoqués par la pandémie de Covid-19 – le mensonge chez les utilisateurs reste le même. » Aussi, soyons rassurés, car selon l’auteur de l’étude « Il existe davantage de personnes honnêtes la plupart du temps, que de menteurs compulsifs ».