IUT ÉPINAL-HUBERT CURIEN : Des formations pour l’industrie du futur
L’industrie est un secteur attractif qui recrute des cadres intermédiaires à Bac +3 avec des rémunérations intéressantes. Évolution des métiers, spécificité des formations, poursuite d’études, reconversion, les BUT
et les Licences pro ouvrent sur des métiers pérennes, comme l’explique Sabine Krzyzanowski, directrice de l’IUT Épinal-Hubert Curien.
À quels métiers les BUT que vous proposez dans l’industrie forment-ils ?
Il s’agit des BUT Génie industriel et Maintenance (GIM) et Qualité logistique industrielle et organisation (QLIO). Les métiers de la maintenance, ce n’est plus un bleu de travail et un boulon. Il y a de plus en plus d’informatique dans les machines, aussi on parle plus de mécanique mais de « mécatronique ». Avec l’IA, la robotique est amenée à se développer très rapidement, or il faut des humains pour en assurer la maintenance. Les métiers de la maintenance ne vont pas disparaître…
Le BUT QLIO forme à l’analyse des flux et à la qualité des produits au sein d’une industrie. Là aussi, dans une France que l’on souhaite réindustrialiser, les débouchés sont importants. À la fin des trois années de formation, 70 % des diplômés de ces BUT choisissent d’entrer dans l’emploi et 30 % de poursuivre leurs études.
Quels sont les profils privilégiés pour ces formations ?
Les spécialités scientifiques et technologiques au bac peuvent aider – surtout en GIM pour les aspects génie électrique, automatisme et robotique – mais ce qui compte le plus, c’est la motivation et l’envie. Après des expériences probantes, nous sommes de plus en plus ouverts aux reconversions.
Il est possible d’entrer en BUT avec une validation des acquis de l’expérience, par exemple. Ces inscriptions se font hors Parcoursup, par dossier, et l’analyse des profils des candidats repose sur des critères différents. La hausse de la demande en formation continue n’est pas une surprise, les métiers se transformant et l’appétence des salariés ouvrant sur plusieurs vies professionnelles. C’est une chance pour l’industrie, car les postes à pourvoir sont plus nombreux que les jeunes en formation initiale.
Le lien entre les IUT et les entreprises est très étroits…
Du fait que les cursus que nous proposons visent la professionnalisation au travers des stages, des projets et de l’apprentissage, nous sommes en contact permanent avec les entreprises. En 2021, les demandes d’apprentissage dans le supérieur ont explosé ; actuellement, cela représente 30 % des cursus, un taux stable aujourd’hui.
Et vos formations doivent répondre aux besoins en compé- tences des entreprises…
Le parcours Logistique Bois et Énergie (LBE) de la Licence pro Métiers de l’Industrie en est un parfait exemple. Cette formation – proposée en partenariat avec Campus agricole et forestier de Mirecourt – demande à être connue. Elle est issue d’une demande de la Communauté d’agglomération d’Épinal qui avait identifié un réel besoin de qualification sur notre territoire où les chaudières industrielles sont amenées à se développer. Ainsi, en plus des enseignements communs avec le parcours Management de la Production Industrielle et Gestion des flux, les étudiants ont 150 heures de spécialisation sur la logistique de la filière bois. À l’issue de cette formation, sous la responsabilité d’un enseignant-chercheur spécialisé dans le bois et l’énergie, le diplômé a acquis une vision globale de la logistique du système : de l’approvisionnement en bois, jusqu’à la gestion des cendres.
Il n’est pas évident, alors, de se diriger vers des formations à des métiers qui n’existent pas vraiment…
C’est le cas du parcours éco-construction et éco-conception de la Licence Professionnelle Métiers de l’Énergétique, de l’Environ- nement et du Génie Climatique (MEEGC). Cette LP très flexible est encore méconnue parce qu’elle ne s’inscrit pas dans la continuité d’un BTS particulier. En revanche, elle permet (comme les autres LP) d’acquérir, en quelques mois, les outils et compétences indispensables aux métiers de demain.
Quel serait votre conseil à l’attention des lycéens ?
Ce serait d’aller vers des domaines de formations pour lesquels ils ont de l’appétence. Tout évoluant très vite, il faut décloisonner ce modèle de suite d’études en « silo ». Les formations proposées ont pour objectif de fournir à chaque étudiant les outils théoriques, techniques et méthodologiques indispensables à l’exercice de son futur métier. Elles sont conçues pour accompagner la progression de chacun, en tenant compte de la diversité des parcours et des expériences antérieures. Ainsi, que l’on dispose déjà d’un bagage solide dans le domaine ou que l’on vienne d’un horizon différent, il est tout à fait possible de réussir la formation.