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Inflation : dans la brume, l’optimisme pour les ménages vosgiens ?

Le 13 avril 2023 par Jonathan Blanchet
Inflation : dans la brume, l'optimisme pour les ménages vosgiens ?
L'inflation est au coeur des préoccupations des ménages français.

La Banque de France est formelle : même si la crise alimentaire a pris le pas sur la crise énergétique, l’inflation devrait connaître un reflux. Une bonne nouvelle pour les ménages et les entreprises qui devront néanmoins se montrer patients.

Le sujet accapare le temps d’antenne des chaînes d’informations continues : l’inflation alimentaire va continuer de grimper dans les semaines à venir. Tandis que l’indicateur, annuel, s’est établi à +5,2 % en 2022 selon l’INSEE, il est entendu que la situation devrait persister, voire s’amplifier, renforcée par l’augmentation annoncée des prix payés par la grande distribution à ses fournisseurs.

La résultante de négociations finalisées début mars dernier avec les industriels qui produiraient en réalité un effet de rattrapage de la France sur le front de la hausse des prix vis-à-vis de ses voisins européens. Cette inflation sectorielle a pris le pas ces dernières semaines sur une inflation énergétique estimée en retrait.

Au premier rang des explications, la météo plutôt clémente peut être remerciée, comme les efforts de sobriété énergétique qui n’auront pas occasionné les coupures d’électricité redoutées… le tout couplé à des mesures européennes adaptées. Conséquence, les chefs d’entreprises du Grand Est, qui font régulièrement remonter leur ressenti à la Banque de France, sont de moins en moins nombreux à indiquer un impact sur leur activité au cours des trois prochains mois (29 %, après 31 % en janvier et 35 % en novembre), notamment dans l’industrie.

Un mal chasse l’autre ? Pas si sûr. Là aussi, la hausse des prix alimentaires pourrait bien n’être qu’une passade d’après l’organisme financier, qui publie mensuellement des enquêtes de conjoncture et a récemment remis l’ouvrage sur le métier en publiant ses projections macroéconomiques pour la période 2023-2025. Un balayage à large spectre, riche en enseignements, qui donne des billes pour chasser la morosité ambiante.

Un pic à l’été ?

Selon la Banque Centrale, il y aurait tout simplement un pic inflationniste à passer, attendu au trimestre prochain. Une fois au sommet, l’inflation pourrait diminuer « en lien avec la détente prévue sur le prix des intrants agricoles (déjà observée pour l’alimentation animale, les engrais, les carburants, etc.) et les prix internationaux des matières premières agricoles » écrit le service études de l’institution.

Mécaniquement, la consommation devrait donc connaître une accélération, pas dans l’immédiat, mais dès 2024 (à +1,5 %), en prenant +0,1 point dès l’année suivante, amélioration du pouvoir d’achat oblige. La Banque de France va même plus loin en avançant que l’inflation totale pourrait aussi connaître son pic avant de se replier progressivement pour converger vers 2 % d’ici fin 2024, voire à fin 2025.

Il faudrait patienter donc plusieurs mois soumis à autant d’aléas, dans un contexte international et monétaire mouvant. Avant d’en arriver là, la résilience reste donc plus que jamais le maître-mot. Les réseaux économiques font montre d’optimisme, affichant la confirmation à date de tendances timides qui étaient brandies comme des lanternes dans l’obscurité depuis début janvier.

Le crédit bancaire continue pour l’heure de manifester son dynamisme, comme l’investissement, qui a repris dans notre région. Des efforts qui devraient se poursuivre et s’intensifier, y compris dans un secteur agroalimentaire en retrait l’an passé. À l’automne 2022, la Banque de France s’interrogeait sur une éventuelle récession au cours de l’année 2023 dans la zone euro ou dans l’Hexagone. Un risque qui s’amenuise au fil des semaines.

Un PIB plus positif qu’escompté ?

En fin d’année dernière, la Banque de France y était allée de ses prévisions de croissance pour 2023. Selon elle, le PIB aurait pu s’afficher en progression positive de 0,3 % sur un an. Depuis, elle a changé son fusil d’épaule Mais, bonne nouvelle, elle a revu ses progressions à la hausse. L’évolution « légère » mais néanmoins favorable se confirme, et celle-ci devrait progresser de 0,1 % chaque trimestre.

Ajoutant à cela que le pourcentage devrait être revu à la hausse au fil de l’eau et considérant les dernières prévisions de la Banque Centrale sur le front de l’inflation, un semblant d’éclaircie se fait jour. À la fin de l’année, la croissance du PIB pourrait donc doubler et s’afficher à 0,6 % en moyenne annuelle. Plus de croissance et moins d’inflation, suffisant pour s’extirper de l’ornière ? Il faut savoir raison garder : ladite prévision de croissance reste néanmoins inférieure à celles de l’OCDE (0,7 %). À suivre comme le lait sur le feu.

Un article réalisé en partenariat avec le Magazine Debrief, à consulter : ici

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