Ça serre, ça grince, ça claque…Tout ce qu’il faut savoir sur le bruxisme
Selon l’UFSBD* 10 à 15 % de la population française, y compris les enfants, souffrent de bruxisme. Or, à terme, ces mouvements incontrôlés de la mâchoire ont des conséquences sur la dentition. Causes, traitements, faisons le point.
DÉFINITION
Le bruxisme se définit par des activités parafonctionnelles ; c’est-à-dire des serrements, frictions, voire des claquements de dents qui ont lieu hors des phases de mastication et de déglutition. Il peut s’agir de frottement des dents du bas contre celles du haut ou de serrement continu des muscles du système masticateur. Dans 80 % des cas, ces symptômes ont lieu pendant le sommeil, si bien que la personne ne s’en rend pas compte, mais on peut aussi « bruxer » le jour, voire jour et nuit. Le bruxisme nocturne est une catégorie qui figure parmi les troubles du sommeil. Il se mani- feste par des contractions inconscientes brèves et répétées de la musculation masticatoire plus ou moins bruyantes.
LES CONSÉQUENCES
Le plus souvent, ce sont les dentistes qui remarquent les premiers signes du bruxisme par un examen des dents et de la cavité buccale. La pression exercée par les mâchoires et la répétition des mouvements des dents peuvent être tels qu’ils provoquent une usure prématurée des dents avec la perte de tissus dentaire (émail, dentine et même la pulpe pour les cas les plus sévères), une hypersensibilité au chaud et au froid, une atteinte des gencives, voire le déchaussement et des fractures dentaires.
D’autres symptômes peuvent être liés au bruxisme : des maux de tête, des douleurs faciales, au niveau des articulation temporo- mandibulaires ou encore des cervicales. L’usure des dents, provoque, à la longue des infections dentaires, des atteintes aux gencives (sans présenter de parodontite), des problèmes de mastication. Elle endommage également les prothèses dentaires et provoque des conséquences esthétiques importantes.
LES CAUSES
Si le bruxisme a encore des parts d’ombre, hors maladies neurologiques particulières, il est provoqué par deux grandes causes :
– une altération de l’occlusion dentaire qui empêche le bon emboîtement des mâchoires supérieures et inférieures, entraînant une position inconfortable et provoquant des mouvements pour y remédier,
– une conséquence liée au stress physique ou émotionnel ou à une concentration intense engendrant une crispation des mâchoires en continue.
LES SOLUTIONS
Selon l’UFSBC, le bruxisme en lui-même ne se traite pas. En revanche on peut agir sur ses conséquences et mettre en place des solutions pour prévenir les usures et les douleurs, mais aussi pour limiter les effets des grincements sur les dents et les prothèses dentaires en utilisant des orthèses. Ces « gouttières » ont une double action : elles protègent les arcades dentaires la nuit et permettent de décontracter les muscles et arti-culations de la mâchoire.
D’autre part une prise en charge comportementale du stress est souvent nécessaire (techniques de relaxation, sophrologie…). Lorsque les destructions dentaires sont importantes (risque infectieux ou impact esthétique), des restaurations par prothèses fixées – en partie prises en charge par l’Assurance Maladie – peuvent être envisagées. Lorsque les douleurs sont très importantes, il est possible de soulager les tensions des muscles manducateurs en recourant à des injections de toxine botulique.
Lorsque le bruxisme est lié à l’altération de l’occlusion dentaire, un traitement ortho- dontique sera proposé pour optimiser le positionnement des dents.
Les enfants de moins de 7 ans peuvent présenter une usure des dents de lait liée au bruxisme. Selon les professionnels de la santé bucco dentaire, ce phénomène ne doit pas inquiéter car, en règle générale, il disparaît lorsque les molaires définitives deviennent fonctionnelles.
LES FACTEURS DE RISQUE
– les troubles du sommeil,
– la consommation de tabac et d’alcool,
– un mauvais alignement des dents ou de la position de la mâchoire,
– la prise de certains médicaments.