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Benoît Gandolfi : « Rien n’est plus beau qu’un lever de soleil dans les Hautes-Vosges »

Le 08 février 2022 par Jordane Rommevaux
Benoît Gandolfi affectionne de se retrouver sur le toit des Vosges.
Benoît Gandolfi affectionne de se retrouver sur le toit des Vosges.
© Benoît Gandolfi

Traileur émérite, adepte des courses à pied de montagne, des kilomètres verticaux et récemment de ski d’alpinisme, Benoît Gandolfi n’en est pas moins un amoureux des Vosges et de sa nature. Rencontre avec un naturaliste dans l’âme qui se nourrit des bonheurs de la vie.

On connaît le « Benoît Gandolfi traileur et amateur de défis physiques », on connaît moins le « Benoît Gandolfi amoureux des Vosges et de sa nature ». Pouvez-vous nous présenter cet aspect de vous moins connu et nous expliquer ce qui vous attire dans le massif des Vosges ?

Benoît Gandolfi Je suis né à Épinal mais j’ai grandi à côté de Bruyères. Petit, j’ai donc été bercé par le ski de fond et la randonnée. En grandissant, je m’y suis éloigné en faisant mes études à Grenoble et Paris mais, j’y suis revenu il y a 5 ans, lorsque j’ai travaillé en Alsace, de l’autre côté de la frontière (rire). Depuis 1 an, je suis revenu dans les Hautes-Vosges à Liézey, à côté de Gérardmer. De quitter les Vosges, je me suis rendu compte de l’appartenance que j’avais au territoire. Il n’y a que dans les Vosges que je me sens chez moi. À Grenoble, comme à Paris, je n’ai jamais réussi à retrouver cette sensation. Coté alsacien, le massif est à la fois semblable et différent.

Comment l’expliquez-vous ?

B. G. – Je suis accompagnateur de montagne depuis 5 ans et quand je compare les deux versants, Alsaciens et Vosgiens, les pentes sont différentes. Plus douces dans les Vosges et plus raides côté alsacien. Dans mon entraînement sportif, je cherche les pentes importantes et on les retrouve plus en Alsace.

C’est cette nature qui vous a happé ou vous la recherchiez absolument ?

B. G. – En fait, j’ai eu ce profond désir quand j’étais Parisien en 2012. Je ne courais pas mais j’étais amateur, avec ma compagne, de grands treks dans les pays scandinaves, dans les îles Lofoten au Nord de la Norvège notamment. Mon attrait pour la nature et les grands espaces est né de ces « vacances sportives ». Et la révélation est arrivée en 2015, alors que j’avais porté un sac à dos de 20 kg pendant 3 semaines, j’ai décidé de courir de façon sérieuse et je me suis aperçu de la facilité que j’avais dans le dénivelé, à courir sans sac. Depuis, il ne s’est pas passé 3 jours sans enfiler les baskets ou les skis. Un virus a grandi en moi (rire).

Votre retour dans les Vosges était devenu inéluctable ?

B. G. – Le vivre dehors que j’essaie de diffuser sur les réseaux sociaux n’est pas inventé, c’est ma vie et c’est ce que j’ai voulu construire. Aujourd’hui, je suis heureux de caler mon temps libre pour pratiquer autant que je le veux. Je vais au travail en courant à pied, à skis ou à vélo, suivant les conditions climatiques (il est prof d’EPS à la cité scolaire La Haie Griselle à Gérardmer, ndlr). Le massif des Vosges me permet cela. C’est un « massif 4 saisons », où l’on peut pratiquer tous les sports : VTT, ski de fond, randonnées pédestres ou en raquettes, kayak, aviron…

« Les Vosges, un massif 4 saisons »

Quels sont les spots que vous affectionnez dans le département des Vosges ?

B. G. – Tout dépend des sports. À vélo, j’aime rouler vers le Haut-du-Tôt car je trouve que le quadrillage des routes secondaires est sécuritaire, au départ de Vagney. À pied, mon coin favori, c’est le Frankenthal, à proximité du Hohneck. Un spot très connu des spécialistes. En ski d’alpinisme, c’est la courbe entre le Kastelberg et le Rainkopf que j’adore faire, avec ce côté hors-piste, proche de La Bresse, avant de basculer sur les pistes. J’adore aussi aller seul dans le Drumont, proche de Bussang, pour son côté sauvage. J’ai de magnifiques souvenirs de levers de soleil, tout comme à la Chaume près du Rouge Gazon, où j’ai passé le brevet d’accompagnateur de montagne. Ce sont mes spots coups de cœur que je fais plutôt à pied. J’ai aussi mes sites de prédilection, suivant la saison. Le premier jour du printemps, quand les hêtres et leurs feuilles poussent, je vous emmènerais au grand Ventron. En été, rien de tel que de profiter de la fraîcheur de la Cascade du Rudlin ou d’une balade au Haut-du-Faing, près de Cornimont. En automne, j’apprécie la Route des Crêtes, qui est beaucoup moins envahie par les touristes. Enfin, en hiver, quoi de plus beau que le Kastelberg gavé de neige ?

Le ski d’alpinisme vous permet de découvrir les Vosges autrement qu’à pied ?

B. G. – Exactement ! Quand tu as 60 à 80 cm de poudreuse, tu pars du pont de Blanchemer, tu montes au Rainkopf en 20 à 40 minutes et après tu as un paysage unique, au milieu de cette crête, seul au monde ou presque. C’est ce que j’essaye de montrer dans les photos.

Vous préférez vous échapper seul ou à plusieurs ?

B. G. – 90 % de mes sorties sont en solo. C’est un besoin d’être seul. Ma mère est naturaliste et j’ai attrapé son virus. Je suis toujours alerte sur ce qui se passe autour de moi. Un silence fort ou le bruit des animaux qui grouillent, c’est magique ! D’ailleurs, mon prochain gros défi personnel se fera la nuit.

« Un de mes rêves serait de voir un lynx en liberté ! »

Pourquoi la nuit ?

B. G. – Parce que je suis un gros dormeur et je ne connais pas cette sensation de l’effort en nocturne. Être attentif à tout ce qu’on a autour de nous : une lumière, le vent, les animaux…. C’est un vrai défi avec moi-même. Je me prépare pour une longue nuit à skis, entre le 10 et le 20 février, du côté de la Mauselaine et de Grouvelin. Il faudra gérer les températures. Idéalement, je partirai seul et j’inviterai des proches à se joindre à moi 2 ou 3 h.

Pour finir, avez-vous une anecdote vécue pendant tes escapades dans les Hautes-Vosges ?

B. G. – Celle qui me vient en premier est liée à Vincent Munier que je connais depuis 15 ans. En allant courir de bon matin dans le col du Bramont, je ne croise personne, pourtant quelques jours plus tard, Vincent m’interpelle sur cette sortie. Très surpris par sa remarque, il m’explique que j’étais passé devant ses pièges photos. Il a pris en photo un Gandolfi alors qu’il pensait avoir un loup ou un lynx (rire). D’ailleurs, je n’ai jamais croisé ces animaux sauvages malgré mes 1 000 heures de sorties annuelles. C’est un de mes rêves. J’ai seulement aperçu quelques traces.

BIO EXPRESS

  • Nom ? Gandolfi
  • Prénom ? Benoît
  • Date de naissance ? 21 février 1989
  • Lieu de naissance ? Épinal
  • Marié ? non, pacsé
  • Enfants ? non
  • Parcours scolaire ?
  • Bac S, puis 5 ans en Staps à Grenoble,
  • Parcours professionnel ?
    Prof d’EPS, 4 ans à Paris de 2012 à 2016, puis diplôme d’accompagnateur moyenne montagne en 2016, prof en Alsace 2016-2021. Depuis septembre 2021 : prof à la cité scolaire La Haie Griselle à Gérardmer
  • Palmarès sportif ?
    > 2017-2019 : 15 victoires sur les trails vosgiens
    > 2019 : 4e du circuit mondial km vertical
    > 2020 : année blanche avec le contexte sanitaire
    > 2021 : record du monde d’everesting en 8 h 54 et 2e du circuit mondial km vertival. En parallèle, 3e au champ de France km vertical.

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