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Salon de la Gourmandise : Gilbert L’Homme cède son fauteuil d’homme-orchestre

Le 08 mai 2022 par Francoise Fontanelle
Gilbert L'Homme passe la main pour l'organisation de son Salon de la Gourmandise, non sans une certaine émotion.
Gilbert L'Homme passe la main pour l'organisation de son Salon de la Gourmandise, non sans une certaine émotion.

Gilbert L’Homme est l’initiateur du Salon de la gourmandise, des vins et des arts de la table. Véritable capitaine de cet événement incontournable depuis 2009, il passe aujourd’hui le témoin.

Cette année, après 12 éditions rondement menées, vous avez décidé de passer la main. Une décision difficile à prendre ?

Il est toujours difficile de tourner une page. Surtout quand on a pris beaucoup de bonheur, de chaleur humaine. Il fallait aussi pérenniser les pierres posées car la vie est ainsi faite qu’en rentrant dans « l’ère de la vieillesse », à 75 ans, il est raisonnable d’arrêter et de transmettre son expérience.

Comment votre décision a-t-elle été reçue au sein du Rotary club Épinal, qui vous a laissé les coudées franches depuis le début ?

Ils m’ont effectivement laissé les coudées franches pendant les quatres premières années, j’étais alors seul, avec mon épouse, à organiser l’événement. Et puis avec la volonté de sécuriser le salon, nous sommes passés à 12 à partir de l’édition 2013, ce qui permettait de me soulager car c’était un travail de Titan. Suite à mon accident de santé en 2018, on se doutait bien qu’il faudrait un jour que je cède la main. C’était peut-être le moment car le salon n’a pu être organisé en 2020 à cause de la Covid. Le salon de 2021 a été plus difficile parce qu’il fallait le relancer, trouver les bonnes solutions pour rebondir… C’est là que je me suis dit : il ne faut pas que j’en fasse un de trop ! Et j’ai eu la chance énorme d’avoir derrière-moi les membres du Rotary, avec leur enthousiasme et leur envie de continuer ce bel événement devenu incontournable. Aujourd’hui, Denis Thomann, Daniel Sessa et jean-François Barnet, toujours entourés par les membres de la commission du salon et les bénévoles, sont prêts à relever le challenge.

Qu’est-ce qui vous a donné l’idée d’organiser ce salon ?

Plus que l’idée, la demande de réflexion est venue du président du club, Charles Claude, qui en 2009, a demandé à son comité de lui soumettre des idées pour mettre en place quelque chose qui pourrait jouer sur trois axes. Le premier : démocratiser l’image du Rotary d’Épinal. Le deuxième : fédérer les membres et leur conjoints autour de cette action. Le troisième : dégager des fonds pour nous permettre de faire nos actions caritatives. « Mesdames et Messieurs, vous avez 15 jours pour réfléchir ! » (Rires). J’ai donc soumis l’idée de ce salon, qui s’appelait uniquement « Salon de la Gourmandise » au départ. On a donc commencé en 2009, avec le blanc-seing du Rotary et 35 exposants sur 500 m2 et 2 450 visiteurs. Un super résultat pour une première. Et on avait répondu aux trois demandes : fédérer, modifier notre image et montrer ce que l’on pouvait faire en associant nos cultures et nos valeurs.

Et comment expliquez-vous que « la mayonnaise » ait pris au point que le Salon soit aujourd’hui un modèle du genre ?

Sans doute un peu mon charisme, qui a fait que l’on m’a suivi, accompagné, aidé et conseillé. Reprenons les chiffres de 2019 (ceux de 2021 étant un peu altérés par le contexte) : 126 exposants, 5 000 m2 et 12 500 visiteurs ! Le point d’orgue de chiffres exponentiels pendant 12 ans, malgré trois événements extérieurs majeurs : les attentats du Bataclan, la première journée des Gilets jaunes et la Covid-19.

Quel est votre meilleur souvenir ou anecdote qui vous vienne tout de suite à l’esprit ?

C’est le premier grand nom à être venu au salon pour la troisième édition en 2011  : Jean-Pierre Coffe, que tout le monde connaissait par la télévision et la radio. Quand il m’a dit : « Je viens, je serai le parrain. », je me suis dit « J’ai gagné ! ». C’est lui qui a ouvert la porte et donné ce lustre d’avoir des parrains de renom. Et c’est après Jean-Pierre Coffe que l’on a décidé d’aller plutôt vers les gens de la gastronomie pure : soit un étoilé soit un MOF. Il n’était pas facile à gérer, mais avec lui on a eu des souvenirs mémorables ! Quand on a eu un souci en 2012, il a accepté de revenir pour faire un double parrainage avec Laurent Mariotte (le premier parrain en 2010). Pour revenir à la question précédente, c’est à partir de là que la mayonnaise a pris. Ensuite on a continué à avoir des grands noms et un public qui venait avec enthousiasme sur le salon. Si vous voulez un deuxième souvenir, ce sont les photos de tous ces visiteurs qui faisaient la queue patiemment sous la pluie avec le sourire… ça fait chaud au cœur. Un autre encore, c’est le dernier concours que j’ai imaginé : le concours de cuisine intergénérationnel. Voir les mamies avec leurs petits-enfants… j’en avais les larmes qui coulaient. C’était un tel bonheur de voir cette mamie transmettre son savoir-faire à sa petite-fille de cinq ans en compagnie des chefs, tous là pour prodiguer leurs conseils. Des moments énormes !

Aurons-nous le plaisir de vous croiser dans les allées du Centre des Congrès en novembre prochain ?

Oui. Je n’ai pas quitté le Salon de la Gourmandise ni le Rotary. Je suis toujours à leur côté. Ne vous en faites pas : je serai là le vendredi, le samedi et le dimanche ! (Rires) Mais dans une situation différente car je n’aurai pas la pression. Je suis persuadé qu’en 2022, je vais prendre encore énormément de plaisir. Ce sera ma satisfaction de voir que la transmission s’est bien passée. Mais j’ai tellement confiance en eux que je m’en réjouis d’avance.

Une nouvelle équipe mais toujours le même salon

De gauche à droite : Jean-François Barnet, Gilbert L’Homme,
Nathalie Jacquart (présidente du club), Daniel Sessa et Denis Thomann.

La réponse des Rotariens a été unanime : on continue à organiser le salon et on ne change rien à la formule ! Mais comment remplacer un tel chef d’orchestre ? Denis Thomann, un des nouveaux capitaines, rappelle que « Gilbert s’est dévoué corps et âme pour le développement du salon, auquel il a dédié tout son temps personnel. Il est difficile aujourd’hui de demander à un membre du club qui travaille encore ou qui a d’autres activités de s’engager autant. Dans le même temps, le salon est un évènement majeur et il est inconcevable de ne pas le maintenir. »

C’est donc un trio qui prendra les rênes du salon dans la continuité de ce que Gilbert L’Homme a créé. Denis Thomann sera responsable de la gestion administrative et organisationnelle ainsi que des relations avec les acteurs et les institutionnels locaux ; Daniel Sessa prendra en charge la gestion des infrastructures et la communication, tandis que Jean-François Barnet gérera les relations avec les exposants et les emplacements de stands. Un trio qui peut s’appuyer sur le socle constitué par les membres de la commission d’organisation créée en 2013, et l’ensemble des Rotariens qui participent bénévolement et activement à chaque édition.

« Il faut préserver l’esprit artisanal et solidaire du salon. Son organisation non professionnelle et bénévole constitue ce moment de convivialité dont le but est, avant tout, de réunir des fonds à destination d’œuvres caritatives », rappelle Denis Thomann. Cette année, comme les précédentes, 100 % des bénéfices seront redistribués à des associations choisies par la prochaine présidente, Séverine Gérard. C’est donc un salon inscrit dans la continuité que les visiteurs pourront retrouver en novembre prochain, du vendredi après-midi, suivi de sa désormais traditionnelle nocturne, jusqu’au dimanche soir, avec les mêmes temps forts : animations, concours, défilés de mode, dédicaces, démonstrations culinaires, espaces restauration… Un salon parrainé cette année par Frédéric Jaunault, MOF fruitier-primeur 2021.

Les tarifs, qui n’avaient quasiment pas changé depuis les premières éditions, évolueront légèrement pour les exposants et pour les visiteurs, l’entrée passant très raisonnablement de 5 à 6 euros. La soirée traditionnelle du samedi, prise en charge par le club pour remercier les exposants et les bénévoles, sera plus intimiste. La promesse est donc faite aux plus de 12 000 visiteurs annuels : ils retrouveront leurs habitudes dès l’entrée du salon.

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