Nicolas (en blanc) et son frère Julien proposeront 10 créations originales.
© Jordane Rommevaux
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Le meilleur chef-patissier d’Asie 2018, qui travaillait depuis 2019 à l’hôtel Four Seasons de Saint-Pétersbourg, Nicolas Lambert, est de retour pour quelques jours dans ses Vosges natales pour proposer des créations originales en vente dans l’établissement de son frère jumeau, Julien Lambert. Rencontre avec ce chef de 32 ans, qui reversera une partie des montant des ventes à une association caritative.

Nicolas Lambert, vois venez de communiquer sur Facebook que vous serez, ce samedi 22 mai, dans la pâtisserie de votre frère, Julien, au 2 quai du musée à Épinal, pour présenter vos desserts signatures. En quoi est-ce que cela consiste ?

Nicolas Lambert – Il y a 3 ans, lorsque julien a fait l’ouverture de sa boutique, j’étais avec lui. On s’est dit que nous voudrions un jour faire un événement ensemble. Seulement, nous n’avons jamais eu l’occasion, depuis. Mon emploi du temps a été très chargé et ces trois dernières années, je travaillais au Four Seasons Hotel de Saint-Pétersbourg, en Russie. Nous nous étions promis de le faire quand je quitterais la Russie. Et, c’est chose faite puisque je viens de signer à Dubaï. J’avais deux mois de libre avant de commencer et lorsque nous avons vu que le gouvernement ouvrait le 19 mai, nous nous sommes dits que c’était le moment ou jamais.

C’est important pour vous de proposer un travail en commun avec votre frère jumeau ?

N. L. – Ça fait 6 ans que je suis à l’étranger et 6 ans que mes amis et familles ne peut pas goûter pas ce que je confectionne. C’était donc une excellente occasion. J’ai élaboré 3 créations et Julien 7, qui seront en vente ce samedi. Nous avions à cœur de soutenir, en plus, une association. Nous lui reverserons 1 euro sur chaque gâteau vendu. On sera présent entre 8 h à 18 h pour vendre et rencontrer nos clients, nos potes d’enfance, même mon entraîneur de foot de l’époque m’a dit qu’il passerait me voir. Ça va être sympa de revoir tout le monde.

Pourquoi avoir choisi l’association AREMIG contre le cancer de l’enfant ?

N. L. – On est tous les deux papas, depuis peu de temps. C’était donc une évidence de choisir une association à destination des enfants. De plus, nous avons pas mal été touchés par cette maladie dans notre famille, ces dernières années, il nous semblait donc important de choisir cette cause.

Vous aviez déjà travaillé ensemble avec Julien ?

N. L. – Oui, mais il y a plus de 12 ans. La petite histoire, c’est que mon apprentissage déroulait dans la pâtisserie du musée, là où mon frère a ouvert son enseigne. Ça me fait bizarre de revenir entre ses murs.

En dehors de ce retour ponctuel dans les Vosges, quel est votre actualité ?

N. L. – Ma prochaine aventure va me mener à Dubaï. Après avoir travaillé aux Four Seasons de Hong-Kong puis à celui de Saint-Pétersbourg, ils m’ont proposé une superbe opportunité car 2 hôtels Four Seasons se sont créés à Dubaï et je serai chef des deux. Donc, c’est une super promotion.

Vous aviez autant de responsabilités au cours de vos autres missions ?

N. L. – Pas autant, je manageais une équipe de 7 personnes à Hong-Kong, 12 à Saint-Pétersbourg. Là, j’en aurai près d’une trentaine. Il faudra que je m’adapte à la nourriture aussi car les habitudes alimentaires ne sont pas partout pareilles. À Hong-Kong, par exemple, j’ai du m’adapter au faible taux de sucre. En Russie, j’ai dû travailler avec de nombreux produits locaux. À Dubaï, il faudra encore s’adapter car ils aiment beaucoup les produits sucres, ce qui n’est pas dans mon habitude de pâtisserie.

Pourquoi avez-vous quitté la Russie après ces trois années ?

N. L. – Les six derniers mois ont été très difficiles pour moi car j’ai vécu sans mon fils et ma femme à cause de la pandémie. Ils sont franco-vénézuéliens donc ils ne disposaient d’aucune autorisation pour entrer sur le territoire russe. Après 6 mois sans eux, j’ai craqué et j’ai donné ma démission. Finalement, mes patrons ont compris ma situation et m’ont proposé Dubaï. Ma femme est très heureuse de retrouver la chaleur (rire). De plus, nous nous rapprochons de la France puisque nous sommes à 6 h 30 en avion.

Professionnellement parlant, y’a-t-il autant d’intérêt ?

N. L. – C’est même encore plus intéressant qu’en Russie car je vais pouvoir travailler avec des produits de meilleure qualité. Et le défi est énorme car Dubaï est international. Il y a beaucoup de blogueurs, d’influenceurs sur les réseaux sociaux. D’ailleurs, il y aura un vrai travail de communication à faire.

Envisagez-vous un retour en France ?

N. L. – J’ai eu une belle proposition pour rentrer en France, après avoir démissionné en Russie. Finalement, je viens d’accepter une nouvelle mission de 3 ans. Je ne me sens pas encore prêt de rentrer, j’aime découvrir le monde. Tant que notre fils n’a pas besoin d’aller à l’école, on peut voyager. Il a un an et demi, donc il aura 4 ans et demi à la fin de mon contrat à Dubaï. Nous en parlerons en temps voulu avec ma femme mais ça sera peut-être le moment de se poser et de rentrer en France pour plus de stabilité et pourquoi pas ouvrir quelques choses. Autre solution, ma compagnie dispose de trois hôtels en France (Paris, Megève et Saint-Jean-Cap-Ferrat) et en Suisse.