Les vide-greniers sont nombreux cette année dans les Vosges. À l’heure du boum de l’économie collaborative, leur succès va croissant, et n’est pas prêt de s’arrêter !

 » On sent bien qu’il y a plus de visiteurs qu’avant et plus d’exposants également « , explique Michel Balland, maire de Girmont, qui accueille l’un des plus importants vide-greniers des Vosges. Pas de demi-mesure quand il s’agit d’accueillir les milliers de visiteurs qui déferlent pour le plus gros événement annuel de la commune.  » En 2013, nous avions 1 396 mètres de linéaire, 1 849 mètres en 2014, et cette année, nous espérons franchir la barre des 2 kilomètres de stands.  » Surtout quand on se souvient qu’à ses débuts il y a 17 ans, ce vide-grenier se résumait à peine à 200 mètres.  » Depuis, il a fallu trouver de la place sur les parkings et dans les prés environnants !  » Pas de demi-mesure non plus dans l’accueil gastronomique qui est réservé aux chalands :  » On sert un millier de repas ce jour-là, continue le maire, 400 gaufres, 220 kilos de frites, autant de moules… Et pas moins de 50 bénévoles viennent nous épauler. « 

Dans toutes les Vosges, le phénomène explose. Environ 160 vide-greniers recensés jusqu’à la fin de l’année qui se déclinent dans tous les genres : marché aux puces, vide-armoire, baby bourse, bourse aux vêtements, brocante… Alors, quelle est la clé de ce succès ? Le troc et les bonnes affaires ont toujours fait partie de notre quotidien. Acheter d’occasion permet de s’équiper à peu de frais et donner une seconde vie à des objets encore en bon état. 

La dimension écologique du troc

Mais à la fin des années 90, avec l’essor de la consommation de masse, le système est tombé un peu en désuétude. Jusqu’à ce que la crise et les contre-courants de l’économie collaborative passent par là. Sans compter sur la dimension écologique du principe qui dit qu’il vaut mieux recycler et réutiliser plutôt que jeter à la poubelle. Depuis, le troc et le vide-grenier séduisent et sont devenus même terriblement hype ! Bobos, geeks, fashion victimes : tous y trouvent de quoi chiner et réaliser de bonnes affaires.

De l’autre côté du stand, de plus en plus de particuliers se lancent en endossant le rôle de vendeur. Un bon plan pour récolter quelques euros sonnants et trébuchants ? Pas sûr… Martine Veron est l’une de ces adeptes. Habituée aux ventes d’occasion sur internet, elle tiend son stand aussi à Uxegney, Bocquegney, Hennecourt…

Des acheteurs trop exigeants

 » J’ai toujours du bazar à brader  ! Ça me permet de me débarrasser de choses devenues inutiles. Mais ça devient beaucoup plus dur de vendre qu’avant  : les acheteurs négocient fermement, il faudrait presque leur offrir !  » Martine ajoute gagner autour de 80 euros quand la journée a été bonne. Ce n’est guère mieux chez Chantal Friedrich :  » Si je ramène 20 euros c’est bien, ça permet tout juste de rentabiliser le paiement de l’emplacement (autour de 2 à 3 euros le mètre linéaire en moyenne, ndlr). L’intérêt, c’est surtout de me libérer des objets qui m’encombrent et de savoir qu’ils ne finiront pas à la poubelle… « 

Vaisselle, linge, vêtements, bibelots… ne sont pas toujours une mine d’or qui dort dans nos greniers. Sauf quand on possède des pièces de collection ou des objets rares qui vont attirer les connaisseurs :  » Certains exposants ne se plaignent pas, et peuvent récolter de 700 à 800 euros s’ils ont des pièces qui le méritent « , ajoute Michel Balland, le maire de Girmont. Il s’agit souvent de professionnels qui peuvent venir capter la clientèle. 

Entre amateurs, c’est là qu’on est le mieux !

À Uxegney, on a décidé de ne pas les laisser s’installer. Seuls les non-professionnels ont leur place :  » Ce qui n’empêche pas de tenir un registre des vendeurs qui est vérifié par la gendarmerie. Les particuliers sont limités à deux vide-greniers par an, pour éviter les excès et les ventes dissimulées « , assure Estelle Conraud, présidente de l’Amicale Laïque d’Uxegney qui accueillera 150 exposants le 3 mai. Le succès est au rendez-vous, puisque dès décembre les premiers se sont déjà inscrits  !  » Je pense que tout le monde a besoin d’un peu d’argent, de désencombrer son grenier et sa cave. Et puis, ce sont des journées très fortes en termes de rapports humains, la convivialité et la fraternité sont bien là ! « 

Les vendeurs arrivent des quatre coins du département, même d’Alsace, s’installent parfois sur une surface qui avoisine les 12 mètres de longueur.  » On compte chaque année 10 % d’exposants supplémentaires.  » Un boum qui peut aller jusqu’à l’excès. En 2014, l’organisateur bénévole du vide-grenier de Dinozé, le plus gros des Vosges qui accueillait plus de 400 exposants, a jeté l’éponge face à l’ampleur de la tâche. À la mairie, on affirme avec embarras que personne ne s’est manifesté pour reprendre l’organisation. Quand le boum fait flop.

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