La boutique de la CDHV à Plainfaing, avant la crise sanitaire (photo d'archive).
© Michel Laurent
- Publicité -2

Depuis 35 ans, la Confiserie Des Hautes Vosges est devenue l’une des plus importantes institutions du département des Vosges. Avec plus de 35 gammes de bonbons variés et 250 000 visiteurs annuels, cette entreprise familiale perpétue la tradition des bonbons vosgiens et du tourisme des savoir-faire.

35 ans, ça se fête ! La Confiserie Des Hautes Vosges (CDHV) qui est la plus connue des entreprises de confiserie de sucre cuit du département, fête son 35e anniversaire en 2021. Sa notoriété n’est plus à démontrer puisqu’elle est la plus visitée en France dans le secteur-agro-alimentaire et dans le top 5 des entreprises les plus visitées, tous domaines confondus, avec 250 000 visiteurs chaque année, qui réalisent leur pèlerinage gourmand sur les hauteurs de Plainfaing (chiffres recensés avant la période de Covid-19)

La confiserie, nichée au cœur du massif des Vosges, dispose d’une réputation nationale, voire internationale grâce à un secret qui tient à son histoire familiale et à sa fabrication totalement artisanale. Fabienne Picard, fille du fondateur de l’entreprise, Jean-Marie Claudepierre, nous présente le parcours de son papa, « commercial dans l’âme ».

© CDHV

« L’histoire de la CDHV démarre en 1986 avec mon papa, qui vendait déjà des confiseries sur les foires et marchés du département. Au départ en retraite de son fournisseur, la Confiserie des Images à Épinal, il a sauté sur l’occasion pour racheter l’enseigne et la délocaliser à Plainfaing, où nous possédions un local de 80 m2, qui deviendra un laboratoire et un petit espace de vente ».

Rejoint par son frère Bernard, pour la confection des bonbons et sa sœur Marie-Jeanne, qui emballait les bonbons et les vendait, Jean-Marie a poursuivi sa vente directe à la rencontre du public et a eu l’idée d’organiser des visites dans le laboratoire, dès 1987. « Une vraie plus-value pour nous et une valorisation de notre savoir-faire. Sur ce point, mon père a été précurseur car aujourd’hui il y a un vrai tourisme des savoir-faire », soutient sa fille Fabienne, aujourd’hui PDG de l’entreprise familiale.

« Un tourisme des savoir-faire au bénéfice du territoire »

© Michel Laurent

Passée de 80 m2 à plus de 2 000 m2 aujourd’hui, la Confiserie Des Hautes Vosges embauche aujourd’hui une quarantaine de salariés. Elle produit plus de 350 tonnes de confiseries par an*, soit dix fois plus qu’à sa création, pour un total de
35 sortes de bonbons variés tels que les saveurs bourgeon de sapin, eucalyptus, miel, violettes, framboises, mûres, myrtilles, mirabelles, pomme, poire, ou encore bergamote de Nancy. « Nous sommes les seuls dans les Vosges à disposer de l’IGP (Indicateur Géographique Protégée), et parmi les quatre uniques fabricants lorrains ». Son originalité qui a fait aussi sa renommée : la brisure ! « Elle provient des bonbons cassés, que l’on dilue dans l’eau chaude pour des infusions. On est les seuls à vous casser les bonbons », ironise dans un éclat de rire Fabienne Picard. « Nous privilégions toujours la vente directe, qui représente 90 % de notre chiffre d’affaires, et le circuit court. Cela nous permet de ne pas être pieds et poings liés par la grande distribution comme c’est le cas dans l’agro-alimentaire », complète la directrice de l’entreprise artisanale et familiale. Les ingrédients sont tous français, et sans ajouts chimiques. « Le sucre vient d’Erstein, le sirop de glucose de Marckolsheim, les arômes de Grasse mais aussi des Vosges pour l’huile essentielle de sapin. » Malgré tout, l’enseigne a su se renouveler et profiter des nouvelles technologies pour communiquer avec ses clients. « En 2004, nous avons opéré un virage numérique dans notre façon de commercialiser nos produits. Internet est rapidement devenu un canal supplémentaire de vente et c’est un atout qui nous a permis de passer plus facilement cette période de confinement puisque nous avons vendu quelque 30 000 colis sur l’année 2020 », se félicite la directrice, qui reconnaît que « le site est un bon complément à la boutique ».

Autre originalité commerciale, les boîtes de bonbons personnalisables, à votre image, pour un événement ou en support de communication pour les entreprises, adaptables à tous les projets et à tous les budgets. Les visites virtuelles, lancées il y a quelques mois, ont reçu un large écho positif des visiteurs. Une autre façon de découvrir ce savoir-faire familial, pour le plaisir des yeux, avant celui des papilles.

35 sortes de bonbons, dont 17 sans colorant 

Les bonbons sont fabriqués comme autrefois, sucre cuit à feu nu, aromatisés à base d’arômes naturels ou d’huiles essentielles (sapin, eucalyptus, bergamote, réglisse, anéthol, framboise, mûre, citron, orange, mandarine…) La famille Claudepierre perpétue la fabrication artisanale des véritables bonbons des Vosges  ! Un savoir-faire qui se décline de différentes façons comme avec les plaques à l’ancienne, entières ou cassées à la main, qui se déclinent en 4 parfums : Bourgeon de sapin des Vosges, Eucalyptus, Coquelicot et Briquette.

© Michel Laurent

La brisure de bonbons en infusions

Au départ, elles étaient récupérées pour éviter tout gaspillage et conditionnées en sachets de 250 g pour être utilisées en infusion. Aujourd’hui, les brisures de bonbons sont toujours récupérées lors de la casse des plaques, mais leur conservation se fait dans un emballage individuel. De petites dosettes jaunes, à base de bonbons extra-forts (eucalyptus, bourgeon de sapin, briquette et coquelicot) réputées pour leurs vertus expectorantes. Et les rouges à base de bonbons aux fruits rouges (mûres, framboises, myrtilles) beaucoup plus douces et gourmandes.

Foire, salons, marchés… Où retrouver la CDHV ?

L’un des secrets du succès de la Confiserie Des Hautes Vosges (CDHV) réside dans sa relation avec sa clientèle. Dans l’ADN de cette entreprise réside le besoin d’aller à la rencontre des gens et de leur montrer leur façon de créer les bonbons. Aujourd’hui encore, la CDHV multiplie les marchés artisanaux, salons et foires internationales. Metz, Nancy, Reims, la région parisienne, mais aussi dans la région avec La Bresse, Gérardmer, Corcieux, Épinal, Colmar, Obernai, Munster… La CDHV se veut être présente au plus près du consommateur. En revanche, ne leur parlez pas de supermarché. « Contrairement à nos concurrents, nous ne voulons apparaître dans la grande distribution. Nous tenons à conserver le circuit court. De plus, on dit que ce qui est rare est recherché… Si les consommateurs nous trouvent en supermarché, ils ne viendront plus à Planfaing.

3 questions à Fabienne Picard | PDG de la Confiserie Des Hautes Vosges

Fabienne Picard, PDF de la CDHV / ©CDHV

L’année 2021 coïncide avec le 35e anniversaire de la Confiserie Des Hautes Vosges. Pouvez-vous nous raconter la genèse de cette success-story familiale ?

Fabienne Picard – Mon papa est issu d’une famille de débardeurs dans les bois. Ne pouvant prendre les décisions dans l’entreprise familiale, il a préféré prendre son envol en faisant des marchés. Il a rencontré ma mère qui était, elle, issue d’une famille de vendeurs de confiseries. Historiquement, mon arrière-grand-père maternel a quitté son Italie natale pour devenir marchand ambulant de cacahuètes grillées, en Alsace, puis dans les Vosges. Il est tombé amoureux de ma maman et des bonbons en même temps (rire). Très vite, il a fait les marchés et a créé la CDHV, en vendant des cacahuètes et amandes grillées, avant de racheter la confiserie des Images d’Épinal, qui était son fournisseur, en 1986.

Et rapidement, votre renommée a dépassé les frontières du département des Vosges ?

F. P. – Oui, les rôles se sont rapidement définis dans la fratrie, mon père (Jean-Marie) à la vente, son frère (Bernard) à la confection de bonbons et leur sœur (Marie-Jeanne) à l’emballage des bonbons et à la vente au magasin. Le local initial de 80 m2 s’est vite trouvé trop petit et régulièrement nous l’avons agrandi et mis aux normes, pour aujourd’hui avoir un espace de 2 000  m2À ce jour, nous sommes deux à la tête de l’entreprise. J’ai pris le poste de PDG depuis 2018 et mon cousin Pascal, fils de Marie-Jeanne, est directeur de la production puisqu’il est confiseur de métier. Outre nos spécialités, ce qui nous démarque, ce sont les
250 000 visiteurs que nous accueillons chaque année, qui fait de nous l’entreprise agro-alimentaire la plus visitée.

Quel est le secret de réussite de la CDHV ?

F. P. – Certainement notre savoir-faire et notre volonté d’être proches de notre clientèle, en toute transparence. D’ailleurs, malgré la pandémie, nous avons fait un excellent été en 2020 et nous espérons poursuivre cet été. Nous avons équipé, en ce sens, le laboratoire avec des parois vitrées de protection, pour que le visiteur puisse admirer le travail du confiseur, en toute sécurité. Nous avons 35 sortes de bonbons à découvrir dont l’IGP (Indicateur Géographique Protégée) pour la bergamote de Nancy, ce qui est unique dans les Vosges. Nous avons crée en confinement notre chaîne Youtube « Cuisine moi un bonbon » proposant une multitude de recettes culinaire avec nos bonbons et une autre nouveauté devrait ravir les gourmands prochainement. Mais chut !