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Alice Caspard, directrice de La Souris Verte : « la souris verte doit s’ouvrir au monde et au mieux vivre ensemble »

Le 31 janvier 2026 par Jonathan Blanchet
Le groupe Astéréotypie, bien connu des téléspectateurs des Rencontres du Papotin
© DR

Arrivée en septembre à la direction de la Scène de musiques actuelles d’Épinal, Alice Caspard défend une programmation toujours plus variée qui rayonne au-delà des murs. Entretien.

Le 5 février, vous lancerez la sixième édition du festival Break the Ice. Après un fil rouge autour de la voix l’an dernier, quelle thématique avez-vous retenue pour cette édition ?

J’ai souhaité recentrer le rendez-vous sur la culture hip hop, plutôt que sur les cultures urbaines, dont la dénomination est un peu fourre-tout. On revient donc aux différents piliers du mouvement : les rappeurs, beatmakers et DJ, comme DJ Topic qui donnera d’ailleurs une masterclass démonstrative. Il y aura aussi une table ronde autour des clips dans le hip hop… et les battles de break dance resteront au centre du week-end. C’est l’occasion de valoriser la création et de réaffirmer la place de Break the Ice, comme le grand rendez-vous de la culture rap.

Vous avez pris la tête de La Souris Verte en septembre dernier. Quelle impulsion souhaitez-vous donner au lieu et à sa programmation ?

Mon objectif premier est de réussir à travailler avec des associations locales, tout en explorant d’autres esthétiques musicales. C’est le sens de notre partenariat avec l’association Agir Ensemble qui nous permet de mettre à l’honneur des musiques africaines qui revêtent des accents modernes (Kuma Mara, Sokan Trio et Aïssate, le 14 mars à 18 h 30). La Souris Verte doit s’ouvrir au monde et au mieux vivre ensemble. Ce sera le cas avec le groupe Astéréotypie, projet ouvert vers les différences dont les artistes sont autistes (et membres de la rédaction du Papotin, dont les rencontres avec des personnalités sont diffusées sur France 2). C’est notre petit bijou de la saison. La proposition m’a particulièrement touchée. Je viens de Sélestat, où un ESAT est aussi un lieu de création plastique. Un handicap, c’est une vraie richesse, a fortiori dans la culture. Nous aurons aussi un groupe de rock alternatif hyper engagé, Les Hurlements d’Léo, qui promet quant à lui une récréation humaniste (le 11 avril à 20 h 30).

Quels sont les nouveautés dans les ateliers proposés aux jeunes artistes ?

Nous ne nous mettons pas de limites dans les pratiques artistiques. Nous souhaitons renforcer l’accompagnement des artistes émergents du territoire. Pour la première fois, nous avons d’ailleurs atteint la parité parmi les participants des ateliers de pratiques artistiques. Ce qui prouve que nous sommes de plus en plus identifiés parmi les artistes féminines qui se sentent plus légitimes à participer à nos ateliers.

La Souris Verte est à l’origine de temps forts comme Break the Ice, Permafrost, les Flammes Sonores… Quels autres concepts pourriez-vous développer ?

Nous allons proposer des soirées thématiques sur une esthétique pour créer une expérience musicale autour de quatre artistes. Quant au futur, j’ai vraiment l’envie de sortir de La Souris Verte. Notre programme encourage les gens à venir nous voir mais nous devons nous ouvrir localement. Nous sommes en train de monter un projet en ce sens, “Sono locale”, qui ambitionne d’emmener des artistes sur des territoires ruraux. Notre programmation ne s’inscrit pas dans un entre-soi. Il nous faut travailler avec d’autres et aller là où on ne nous attend pas.

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